This review may contain spoilers
Un mélodrame captivant victime de ses propres excès
My Only Sunshine est probablement l’un des dramas les plus frustrants que j’ai vus depuis longtemps. Non pas parce qu’il est mauvais. Au contraire. Le plus rageant, c’est justement qu’il possède énormément de qualités.
La série est techniquement solide, souvent addictive, portée par une mise en scène efficace, une OST très bien utilisée et surtout par deux actrices principales qui crèvent littéralement l’écran. Et pourtant, malgré tout ça, la série finit par s’effondrer sous le poids de ses propres choix scénaristiques.
Le plus gros point fort de ce GL reste sans hésitation son casting principal. Atom Apitchaya livre une performance monumentale dans le rôle de Flint. Elle réussit à rendre son personnage à la fois magnétique, vulnérable, intimidant et profondément chaotique. Flint est une véritable machine à problèmes ambulante : chaque fois qu’elle entre dans une pièce, soit tout explose émotionnellement, soit la tension romantique devient insupportable. Souvent les deux en même temps. Le problème, c’est que cette excellente performance rend aussi certaines scènes beaucoup plus difficiles à regarder. Flint est un personnage qui aime sincèrement… mais qui détruit constamment les autres dans sa manière d'éprouver ses sentiments et de protéger les autres. Et malheureusement, le drama franchit une ligne extrêmement problématique avec la scène d’agression sexuelle suivie du viol de Sun de l’épisode 3.
Je vais être très honnête : cette scène change complètement la manière de percevoir la romance principale. Le fait que Sun pardonne à Flint au bout d'un épisode et ait un rapport avec elle instantanément après est inadmissible selon moi. Des excuses et une confession ne devraient jamais pouvoir justifier et faire pardonner un acte de ce genre. Le traitement des conséquences est inexistant. Laissant le spectateur dans l'incompréhension, le choc et le dégoût le plus total, avant de rapidement réintégrer l’événement dans la dynamique romantique. À partir de ce moment-là, toute la relation Flint/Sun devient moralement impossible à apprécier pleinement. Et c’est probablement là que My Only Sunshine devient profondément divisif : c’est un drama techniquement et émotionnellement captivant, prisonnier d’un cadre moral n'a jamais existé. Car malgré cette énorme ombre au tableau, la série continue d’être extrêmement efficace scène par scène.
L'achimie entre Atom et Mersedes est sincèrement excellente. Certaines scènes domestiques, certains regards, certaines confessions ou moments de vulnérabilité fonctionnent remarquablement bien. Atom possède une présence à l’écran presque absurde tant elle monopolise naturellement l’attention dès qu’elle apparaît. La réalisation aide énormément ses plans rapprochés, ses jeux de regards, ses entrées dramatiques de Flint dignes d’un boss final, l’utilisation de l’OST, ses ambiances plus thriller, ses contrastes entre douceur et tension. Visuellement et émotionnellement, le drama sait très bien provoquer des réactions.
Mais là où le point fort de la série s’écroule progressivement, c’est dans sa structure. À partir des épisodes 7 et 8, le scénario devient un véritable conveyor belt de drames : ex-fiancée manipulatrice, scandale IA/deepfake, livestream sexuel, pression du board, faux ship, secrets autour de Jan, reconstruction du couple, carrière de Sun, révélation publique, résolution du side couple, Tout ça en à peine deux épisodes.
Et le problème n’est pas forcément les idées elles-mêmes. Certaines sont même très bonnes sur le papier. Le scandale IA, par exemple, avait un énorme potentiel thématique autour de l’image publique et de l’exploitation des célébrités. Mais le drama accumule tellement de conflits qu’il finit par résoudre certains arcs en quelques minutes seulement après les avoir construits pendant plusieurs épisodes. Le résultat donne une impression constante de précipitation. Les souffrances durent longtemps. Les résolutions, elles, arrivent à vitesse lumière. C’est particulièrement frustrant parce qu’on sent constamment le potentiel d’une meilleure version du drama : avec quelques épisodes supplémentaires, moins de surenchère, et surtout davantage de temps accordé aux conséquences émotionnelles.
Le side couple Peach/Faye fonctionne d’ailleurs souvent mieux précisément parce que leur relation évolue de manière beaucoup plus naturelle et respirable. Leur dynamique apporte un vrai bol d’air au milieu du chaos émotionnel du couple principal. Mention spéciale aussi à Job dans le rôle de Nop, qui réussit parfaitement à rendre son personnage profondément malaisant sans tomber dans la caricature totale. À l’inverse, Maya reste probablement la déception du casting principal malgré un potentiel intéressant.
Au final, My Only Sunshine est un drama que j’ai paradoxalement beaucoup apprécié, mais surtout subie. C’est une œuvre profondément imparfaite, parfois brillante, souvent frustrante, moralement discutable, mais impossible à ignorer... pour le meilleur et surtout le pire.
La série est techniquement solide, souvent addictive, portée par une mise en scène efficace, une OST très bien utilisée et surtout par deux actrices principales qui crèvent littéralement l’écran. Et pourtant, malgré tout ça, la série finit par s’effondrer sous le poids de ses propres choix scénaristiques.
Le plus gros point fort de ce GL reste sans hésitation son casting principal. Atom Apitchaya livre une performance monumentale dans le rôle de Flint. Elle réussit à rendre son personnage à la fois magnétique, vulnérable, intimidant et profondément chaotique. Flint est une véritable machine à problèmes ambulante : chaque fois qu’elle entre dans une pièce, soit tout explose émotionnellement, soit la tension romantique devient insupportable. Souvent les deux en même temps. Le problème, c’est que cette excellente performance rend aussi certaines scènes beaucoup plus difficiles à regarder. Flint est un personnage qui aime sincèrement… mais qui détruit constamment les autres dans sa manière d'éprouver ses sentiments et de protéger les autres. Et malheureusement, le drama franchit une ligne extrêmement problématique avec la scène d’agression sexuelle suivie du viol de Sun de l’épisode 3.
Je vais être très honnête : cette scène change complètement la manière de percevoir la romance principale. Le fait que Sun pardonne à Flint au bout d'un épisode et ait un rapport avec elle instantanément après est inadmissible selon moi. Des excuses et une confession ne devraient jamais pouvoir justifier et faire pardonner un acte de ce genre. Le traitement des conséquences est inexistant. Laissant le spectateur dans l'incompréhension, le choc et le dégoût le plus total, avant de rapidement réintégrer l’événement dans la dynamique romantique. À partir de ce moment-là, toute la relation Flint/Sun devient moralement impossible à apprécier pleinement. Et c’est probablement là que My Only Sunshine devient profondément divisif : c’est un drama techniquement et émotionnellement captivant, prisonnier d’un cadre moral n'a jamais existé. Car malgré cette énorme ombre au tableau, la série continue d’être extrêmement efficace scène par scène.
L'achimie entre Atom et Mersedes est sincèrement excellente. Certaines scènes domestiques, certains regards, certaines confessions ou moments de vulnérabilité fonctionnent remarquablement bien. Atom possède une présence à l’écran presque absurde tant elle monopolise naturellement l’attention dès qu’elle apparaît. La réalisation aide énormément ses plans rapprochés, ses jeux de regards, ses entrées dramatiques de Flint dignes d’un boss final, l’utilisation de l’OST, ses ambiances plus thriller, ses contrastes entre douceur et tension. Visuellement et émotionnellement, le drama sait très bien provoquer des réactions.
Mais là où le point fort de la série s’écroule progressivement, c’est dans sa structure. À partir des épisodes 7 et 8, le scénario devient un véritable conveyor belt de drames : ex-fiancée manipulatrice, scandale IA/deepfake, livestream sexuel, pression du board, faux ship, secrets autour de Jan, reconstruction du couple, carrière de Sun, révélation publique, résolution du side couple, Tout ça en à peine deux épisodes.
Et le problème n’est pas forcément les idées elles-mêmes. Certaines sont même très bonnes sur le papier. Le scandale IA, par exemple, avait un énorme potentiel thématique autour de l’image publique et de l’exploitation des célébrités. Mais le drama accumule tellement de conflits qu’il finit par résoudre certains arcs en quelques minutes seulement après les avoir construits pendant plusieurs épisodes. Le résultat donne une impression constante de précipitation. Les souffrances durent longtemps. Les résolutions, elles, arrivent à vitesse lumière. C’est particulièrement frustrant parce qu’on sent constamment le potentiel d’une meilleure version du drama : avec quelques épisodes supplémentaires, moins de surenchère, et surtout davantage de temps accordé aux conséquences émotionnelles.
Le side couple Peach/Faye fonctionne d’ailleurs souvent mieux précisément parce que leur relation évolue de manière beaucoup plus naturelle et respirable. Leur dynamique apporte un vrai bol d’air au milieu du chaos émotionnel du couple principal. Mention spéciale aussi à Job dans le rôle de Nop, qui réussit parfaitement à rendre son personnage profondément malaisant sans tomber dans la caricature totale. À l’inverse, Maya reste probablement la déception du casting principal malgré un potentiel intéressant.
Au final, My Only Sunshine est un drama que j’ai paradoxalement beaucoup apprécié, mais surtout subie. C’est une œuvre profondément imparfaite, parfois brillante, souvent frustrante, moralement discutable, mais impossible à ignorer... pour le meilleur et surtout le pire.
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