Viral (s)hit
Avec sa tête de gendre idéal, Suzuka Oji et son ton mielleux m'irritent dans ses apparitions dramatiques depuis des années. Forçant le trait de la mièvrerie, ou tout du moins de la douceur incarnée, nombreux sont ceux qui ont eu envie de se mettre à l'ijime après l'une de ses prestations. Il incarne la victime scolaire, professionnelle ou amoureuse tellement naturellement que les producteurs de Viral Hit ont décidé d'en faire le personnage principal d'un énième shōnen manga qui, sous couvert d'adaptation d'un webtoon coréen, n'ose pas dire son nom. Mais à force d'exagérer le trait du misérabilisme, n'ont-ils pas créé une énième bouse télévisuelle destinée au retour d'école des élèves n'ayant pas d'activités sociales et, malheureusement, pas d'amis ?
Bien sûr, je ne méprise pas les victimes de harcèlement ni les faiblesses de caractère suggérées par l'auteur. J'en étais moi-même une et je le ressens encore parfois dans certaines situations, bien que j'aie maintenant 50 ans. Mais la représentation très américaine et très années 80 qu'en ont les producteurs et une partie du staff, espérant faire de Viral Hit le nouveau Karaté Kid à une époque qui n'est plus du tout celle des Goonies et d'Indiana Jones, pour surfer sur la vague rétro et en tirer un maximum d'argent, me dégoûte au plus haut point. Et pourtant, si Viral Hit semble n'être qu'une nouvelle licence de shōnen, il semblerait qu'il soit bien plus profond qu'il n'y paraît...
Non, je déconne. Il est ultra cliché, démodé et pousse les stéréotypes à l'extrême, comme on pouvait s'y attendre. Un tel parti pris tient d'ailleurs de l'art, car toutes les cases sont cochées pour faire de ce nanard une œuvre culte.
Le héros est aussi pathétique que flamboyant lorsqu'il se sort de situations complètement irréalistes. Les grosses brutes qui font régner la terreur dans des classes sans professeurs du début à la fin de la série, avec des acteurs approchant la trentaine mais jouant des lycéens de 18 ans. Et le lycée n'est même pas présenté comme un repaire de yankees ayant quadruplé leur CM2. Non, tout le monde trouve normal de diffuser en direct des bagarres en classe où le combattant de MMA défonce le geek à lunettes. Ah ben non, ils ont oublié les lunettes, le cahier des charges n'est pas complet, mais il y a la coupe champignon.
Du coup, la dénonciation des réseaux sociaux tombe complètement à l'eau dans cette réalité parallèle où tout le monde veut faire du buzz pour l'argent. La mise en ligne de violences ne provoque aucune intervention de quiconque, ni professeurs, ni police, ni public. Par contre, la menace de montrer une quéquette semble être la plus grande ombre planant sur ces yankees 2.0. Cent personnes assistent aux scènes mais uniquement deux filment. Des gars sont prêts à se faire humilier pour 1 000 yens (environ 6 €). L'exposition de la pauvreté est dépeinte de la manière la plus maladroite qui soit : « Je vis dans un taudis mais j'ai une connexion internet », pourtant très chère au Japon, qui me permet par exemple de faire du livestream. Ou encore : « Je mange cinq fruits et légumes par jour pour me faire des muscles », alors que cinq minutes auparavant, gâcher 100 yens pour un café lui aurait permis soi-disant de manger pendant trois jours.
Et je passe sur les torrents de larmes de la trop geek Mikami Ai face à l'injustice et aux coups la font passer pour une écervelée, rôle déjà endossé par son statut de faire-valoir, de princesse à sauver ou de tout ce que vous voudrez pour Nukumi Meru.
Reste quand même le plaisir de voir Sugou Araki se démener pour atteindre le jeu et l'aura de son frangin dans un school drama taillé pour lui. Pathétique rime parfois avec sympathique, et c'est bien ce qu'il dégage dans son interprétation, faute de parvenir à atteindre celle de Masaki Suda, que tous les réalisateurs japonais s'arrachent.
Finalement, c'est un peu comme la série des Senkyo. On trouve la série nulle à souhait, mais c'est précisément cette nullité qui en fait une œuvre indispensable, sans parvenir toutefois à dépasser cette référence du nanard. Si vous cherchez plutôt une satisfaction dans la vengeance de personnes empêtrées dans leurs problèmes, leur médiocrité ou leur lâcheté, le film Warui Natsu (Bad Summer) fera bien mieux l'affaire. Voilà une galerie de beautifull losers qui vous apportera votre dose d'émotion.
Bien sûr, je ne méprise pas les victimes de harcèlement ni les faiblesses de caractère suggérées par l'auteur. J'en étais moi-même une et je le ressens encore parfois dans certaines situations, bien que j'aie maintenant 50 ans. Mais la représentation très américaine et très années 80 qu'en ont les producteurs et une partie du staff, espérant faire de Viral Hit le nouveau Karaté Kid à une époque qui n'est plus du tout celle des Goonies et d'Indiana Jones, pour surfer sur la vague rétro et en tirer un maximum d'argent, me dégoûte au plus haut point. Et pourtant, si Viral Hit semble n'être qu'une nouvelle licence de shōnen, il semblerait qu'il soit bien plus profond qu'il n'y paraît...
Non, je déconne. Il est ultra cliché, démodé et pousse les stéréotypes à l'extrême, comme on pouvait s'y attendre. Un tel parti pris tient d'ailleurs de l'art, car toutes les cases sont cochées pour faire de ce nanard une œuvre culte.
Le héros est aussi pathétique que flamboyant lorsqu'il se sort de situations complètement irréalistes. Les grosses brutes qui font régner la terreur dans des classes sans professeurs du début à la fin de la série, avec des acteurs approchant la trentaine mais jouant des lycéens de 18 ans. Et le lycée n'est même pas présenté comme un repaire de yankees ayant quadruplé leur CM2. Non, tout le monde trouve normal de diffuser en direct des bagarres en classe où le combattant de MMA défonce le geek à lunettes. Ah ben non, ils ont oublié les lunettes, le cahier des charges n'est pas complet, mais il y a la coupe champignon.
Du coup, la dénonciation des réseaux sociaux tombe complètement à l'eau dans cette réalité parallèle où tout le monde veut faire du buzz pour l'argent. La mise en ligne de violences ne provoque aucune intervention de quiconque, ni professeurs, ni police, ni public. Par contre, la menace de montrer une quéquette semble être la plus grande ombre planant sur ces yankees 2.0. Cent personnes assistent aux scènes mais uniquement deux filment. Des gars sont prêts à se faire humilier pour 1 000 yens (environ 6 €). L'exposition de la pauvreté est dépeinte de la manière la plus maladroite qui soit : « Je vis dans un taudis mais j'ai une connexion internet », pourtant très chère au Japon, qui me permet par exemple de faire du livestream. Ou encore : « Je mange cinq fruits et légumes par jour pour me faire des muscles », alors que cinq minutes auparavant, gâcher 100 yens pour un café lui aurait permis soi-disant de manger pendant trois jours.
Et je passe sur les torrents de larmes de la trop geek Mikami Ai face à l'injustice et aux coups la font passer pour une écervelée, rôle déjà endossé par son statut de faire-valoir, de princesse à sauver ou de tout ce que vous voudrez pour Nukumi Meru.
Reste quand même le plaisir de voir Sugou Araki se démener pour atteindre le jeu et l'aura de son frangin dans un school drama taillé pour lui. Pathétique rime parfois avec sympathique, et c'est bien ce qu'il dégage dans son interprétation, faute de parvenir à atteindre celle de Masaki Suda, que tous les réalisateurs japonais s'arrachent.
Finalement, c'est un peu comme la série des Senkyo. On trouve la série nulle à souhait, mais c'est précisément cette nullité qui en fait une œuvre indispensable, sans parvenir toutefois à dépasser cette référence du nanard. Si vous cherchez plutôt une satisfaction dans la vengeance de personnes empêtrées dans leurs problèmes, leur médiocrité ou leur lâcheté, le film Warui Natsu (Bad Summer) fera bien mieux l'affaire. Voilà une galerie de beautifull losers qui vous apportera votre dose d'émotion.
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