Un souffle nouveau, mais pas assez glaçant pour cet été
Les réseaux sociaux continueront à me glacer le sang encore longtemps quand on s'attarde à lire des commentaires du genre : « J'espère que cette adaptation fera honneur à l'œuvre originale », ou encore : « Ce sera sûrement meilleur en live action qu'en PowerPoint. » Au-delà de l'ignorance patente de haters n'ayant jamais entendu parler du kamishibaï et voulant se faire passer pour des esthètes après avoir découvert Junji Ito à la Japan Expo, les attentes des réseaux sur ce qui n'est qu'un énième teen horror drama d'été à la japonaise me glacent le sang. « J'espère qu'il sera sous-titré, qu'on le découvrira en France... » Non mais arrêtez. Ce format est de toute façon destiné à rafraîchir légèrement les nuits étouffantes de l'été japonais, qui, du reste, ressemblent de plus en plus aux nuits françaises, mais il n'est certainement pas destiné à rester dans les annales de l'horreur, malgré son imprégnante odeur.
Si l'épisode le plus choquant est certainement le premier, qui restera véritablement une légende urbaine pour des raisons de déprogrammation en urgence, les deux suivants, ainsi que le teaser du troisième, n'engagent rien de bon pour la suite.
Mais rien d'étonnant à cela. Junji Ito, si je n'en suis pas un spécialiste, est un maître de l'horreur par le grotesque qu'il arrive à immiscer dans le quotidien. Voilà pourquoi les situations dépeintes ici n'ont rien d'exceptionnel. Des déclarations d'amour détournées à Hosoda Kanata, qui sera le seul personnage récurrent, jusqu'aux retrouvailles de deux copains de terrain de jeux, l'auteur se joue de situations banales, souvent clichés, pour nous plonger dans cette angoisse dérangeante, proche de la psychiatrie. Rapidement, on se rend compte que l'esthétique manque pour vraiment apprécier la série comme ses œuvres nous le devraient. Ce live action n'arrive pas à retransmettre l'intensité des courtes scénettes de l'auteur, en étirant lamentablement des parties ennuyeuses et en faisant des raccourcis de quelques secondes d'un temps de plusieurs heures, jours, voire années. Et ce n'est pas un manque de moyens, mais bien un manque d'ambition qui en est la cause.
En effet, le théâtre de papier, sans un rond, y arrive pourtant très bien. Il peut retranscrire toute la psychologie et la peur du manga, car il est souvent pourvu de véritables talents de conteur et d'une vraie touche artistique, proche de l'œuvre originale, qui manquent clairement dans cette série.
L'irruption du surnaturel ne fait pas effet, car le cheap est ici partout, maladroit jusque dans la musique et les plans de caméra qui invitent le spectateur à avoir peur sans jamais le surprendre. Certes, plusieurs acteurs s'attaquent à la série, et la juger dans son ensemble serait sans doute une erreur de ma part, puisque je l'abandonne déjà. Mais pour un épisode excellent, combien de mauvais faut-il endurer ?
Je n'ai plus cette patience à mon âge et préfère me perdre dans les planches du maître, ou perdre mon temps à faire la queue pendant des heures, porte-monnaie vide, dans les (trop ?) nombreuses conventions où il apparaît pour décrocher une photo de son sourire. C'est quand même sa spécialité, le sourire hypocrite, non ?
Je sens déjà le souffle glacé des commentaires des haters me caresser la nuque, après cette dernière phrase.
Si l'épisode le plus choquant est certainement le premier, qui restera véritablement une légende urbaine pour des raisons de déprogrammation en urgence, les deux suivants, ainsi que le teaser du troisième, n'engagent rien de bon pour la suite.
Mais rien d'étonnant à cela. Junji Ito, si je n'en suis pas un spécialiste, est un maître de l'horreur par le grotesque qu'il arrive à immiscer dans le quotidien. Voilà pourquoi les situations dépeintes ici n'ont rien d'exceptionnel. Des déclarations d'amour détournées à Hosoda Kanata, qui sera le seul personnage récurrent, jusqu'aux retrouvailles de deux copains de terrain de jeux, l'auteur se joue de situations banales, souvent clichés, pour nous plonger dans cette angoisse dérangeante, proche de la psychiatrie. Rapidement, on se rend compte que l'esthétique manque pour vraiment apprécier la série comme ses œuvres nous le devraient. Ce live action n'arrive pas à retransmettre l'intensité des courtes scénettes de l'auteur, en étirant lamentablement des parties ennuyeuses et en faisant des raccourcis de quelques secondes d'un temps de plusieurs heures, jours, voire années. Et ce n'est pas un manque de moyens, mais bien un manque d'ambition qui en est la cause.
En effet, le théâtre de papier, sans un rond, y arrive pourtant très bien. Il peut retranscrire toute la psychologie et la peur du manga, car il est souvent pourvu de véritables talents de conteur et d'une vraie touche artistique, proche de l'œuvre originale, qui manquent clairement dans cette série.
L'irruption du surnaturel ne fait pas effet, car le cheap est ici partout, maladroit jusque dans la musique et les plans de caméra qui invitent le spectateur à avoir peur sans jamais le surprendre. Certes, plusieurs acteurs s'attaquent à la série, et la juger dans son ensemble serait sans doute une erreur de ma part, puisque je l'abandonne déjà. Mais pour un épisode excellent, combien de mauvais faut-il endurer ?
Je n'ai plus cette patience à mon âge et préfère me perdre dans les planches du maître, ou perdre mon temps à faire la queue pendant des heures, porte-monnaie vide, dans les (trop ?) nombreuses conventions où il apparaît pour décrocher une photo de son sourire. C'est quand même sa spécialité, le sourire hypocrite, non ?
Je sens déjà le souffle glacé des commentaires des haters me caresser la nuque, après cette dernière phrase.
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