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  • Last Online: 4 hours ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
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  • Join Date: August 15, 2020
She Taught Me Serendipity japanese drama review
Completed
She Taught Me Serendipity
0 people found this review helpful
by Kenseiden
9 days ago
Completed
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 6.5

Un petit coin de parapluie

Les équipes marketing des distributeurs français me laissent parfois pantois. Alors que l'on pourrait traduire le titre original de ce énième film indépendant distribué par Arthouse par le titre « Je ne peux toujours pas dire que le ciel d'aujourd'hui soit mon préféré », empreint de poésie et d'autoréférence, on a plutôt droit à un nom accrocheur pour retraités de la fonction publique ne pouvant plus voyager. Ils rêvent alors de découvrir des lieux emblématiques de l'ancienne capitale, saupoudrés de romance et de geishas en kimono. Ils seront certainement déçus par ce énième triangle amoureux, révélé dès les premières minutes, mais qui s'étire pendant deux heures et comme seuls les Japonais (et les Français) en ont le secret.

Nulle contemplation des lieux célèbres de Kyoto ici. Nous suivons plutôt une slice of life dans une université, mettant en scène trois étudiants solitaires, mais qui ont tout de même des amis. Oui, cette information est importante et rappelée durant l'ensemble du film. On peut être ultra-renfermé, beau gosse, jouer dans un groupe de rock, guitare à la main, ou servir des cafés à des clients bien plus âgés avec le sourire, être pleine de vie et pourtant n'avoir ni amourette ni véritable cercle d'amis. Si, pour la centième fois dans une œuvre japonaise, vous passez une nouvelle fois ce cap psychologique, vous apprécierez les moments de contemplation, la parabole du parapluie, omniprésente, ainsi que les conversations parfois lunaires de trois étudiants découvrant leurs premiers émois amoureux.

Bien sûr, c'est plein de tendresse, notamment grâce à un chien beaucoup trop chou, même si tous les dermatologues du monde seront outrés par la quantité de poils dégagée au mètre cube. À priori, les poils humains semblent poser plus de problèmes aux Japonais que ceux des animaux, mais ce sont surtout les sentiments envers les êtres à deux pattes qui ont du mal à s'exprimer, alors que, pour nos amis à quatre pattes, ils débordent littéralement de la pellicule.

Mais c'est surtout, une fois de plus, le talent de Kawai Yuumi qui dégouline de ce trop-plein de kawaii attitude. La blague est toujours trop facile avec son nom, mais il faudrait aussi qu'elle arrête d'être, à chacune de ses apparitions, la petite amie idéale. Elle prend ce petit accent du Kansai que tous les acteurs semblent essayer d'adopter dans le film avec plus ou moins de réussite, et bien sûr, elle fait succomber chaque spectateur. Lunaire mais radieuse, elle étudie peut-être la philosophie ou la psychologie, mais elle aurait tout aussi bien pu être étudiante en art, recouverte de peinture. Le film rappelle au passage que le chignon est le summum de l'extravagance au Japon et la cause apparente de son incapacité à s'intégrer à un groupe d'amis.

Hagiwara Riku est transparent, comme son rôle l'exige, tandis que Ito Aoi incarne l'amoureuse transie, repérable dès les premières minutes. Bien sûr, Riku-kun est le seul dans la salle de cinéma à ne pas s'en rendre compte. Sous ce principe de shōjo qui agace le quinquagénaire que je suis, j'allais finir par écrire une critique acerbe, alors même que les critiques était plutôt bonnes pour ceux qui ont eu la chance de voir le film sur Netflix Japon, où il est disponible depuis un bon moment.

Mais, évidemment, toutes les longueurs, les effets de style, comme le rétrécissement progressif du cadre pour illustrer le rapprochement des personnages, ou encore tous les ralentis sous la pluie ou de la course du clebs, ne sont là que pour poser les bases de la seconde partie. Commencent alors une recherche, une enquête et un questionnement qui emmènent le public bien loin des considérations adolescentes de la première heure, trop ennuyeuse avec ses déclarations d'amour et ses monologues convenus.

Il faudra suivre le questionnement de notre héros, même si le spectateur se doute rapidement de bien des choses, tant la mise en scène et les allusion aux personnes disparues ne laisse guère de place quant au dénouement. Tout juste sera-t-il surpris par les dernières minutes, mais c'est bien peu connaître le rapport à la vie, à la mort et à la famille qu'entretient souvent le cinéma japonais. N'est-ce pas justement le but des distributeurs indépendants que de faire découvrir la sensibilité de ce pays ? Un film à voir et à apprécier, donc, pour ce qu'il est, mais surtout à ne pas résumer, car il perdrait alors tout son intérêt.
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