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  • Last Online: 7 hours ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
GTO japanese drama review
Ongoing 3/11
GTO
0 people found this review helpful
by Kenseiden
7 hours ago
3 of 11 episodes seen
Ongoing
Overall 9.0
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 8.5

Un Arc-en-Ciel de Nostalgie

La vie est parfois cruelle. Voir un nouveau GTO, 25 ans après le début de ma carrière de Great Teacher, me fait vraiment prendre un sacré coup de vieux.

Comme toute la génération X (oui, Burger King, c'est la génération X, pas les boomers, les années 80 !), j'ai découvert GTO à l'âge d'or des mangas en France, à la fin des années 90, début des années 2000. À cette époque, jeune professeur que j'étais, je cherchais de l'inspiration pour comprendre une jeunesse biberonnée à la PlayStation et aux Pokémons.

S'il y a une chose que GTO m'a apprise, c'est qu'un adolescent reste un adolescent et qu'un adulte reste un adulte. Ce dernier sera toujours en décalage, quelle que soit l'époque dans laquelle il enseigne ou la posture qu'il adopte pour tenter de leur ressembler. En revanche, s'il reste proche de ses élèves, s'il cherche à les comprendre, s'il s'intéresse à leurs envies, à leurs attentes et à leurs rêves, alors il sera malgré tout en phase avec eux.

Et voilà qu'à 50 ans, le bel âge, Onizuka reprend du service devant des lycéens le nez constamment plongé dans leurs tablettes et désormais coachés par l'intelligence artificielle. Pourtant, il conserve le même humour potache d'ancien yankee des années 90. Mais cet humour fait-il encore mouche aujourd'hui ?

Cela dépend beaucoup de votre état d'esprit. Il y a évidemment le facteur nostalgie, qui touchera avant tout les générations ayant grandi avec GTO. Sorimachi Takashi reprend son rôle à la perfection et n'a absolument rien perdu des mimiques qui lui ont permis d'incarner avec autant de fidélité le personnage du manga, et surtout celui de l'anime. Lorsqu'il se cache derrière un poteau, grimace ou tente maladroitement de rattraper un élève qui veut mettre fin à ses jours, tout est fidèle au matériau d'origine et rappelle une foule de souvenirs.

Comme beaucoup de Français au début des années 2000, je n'avais pas eu l'occasion de découvrir le drama, mais l'anime était déjà exceptionnel. Et ne pas avoir vu la série originale n'est finalement pas un problème : on comprend immédiatement qu'Onizuka a vécu heureux avec Fuyutsuki Azusa durant ces vingt-six dernières années, à l'écran comme dans la vraie vie.

En revanche, pour les générations plus jeunes, des millennials jusqu'à la génération Alpha, le personnage risque d'être plus clivant. Sa familiarité excessive, ses blagues lourdes, son besoin permanent de créer un lien avec ses élèves, tous ces comportements que l'on qualifierait aujourd'hui de... « hara ». Pourtant, GTO dénonçait déjà le harcèlement scolaire, l'éclatement de la cellule familiale ou encore les violences entre élèves et au sein des familles. Le manga abordait ces sujets avec une étonnante modernité alors que la société préférait encore détourner le regard.

Et le voici désormais dépassé par le monde qu'il a lui-même contribué à faire évoluer. Vous serez sans doute, comme moi, touché par son sentiment d'exclusion face à une société qu'il ne comprend plus totalement. Un peu à l'image de la série Extremely Inappropriate!, où la génération de l'ère Shōwa se sent déclassée avant de réaliser que, dans le fond, les êtres humains n'ont pas tant changé que cela.

Rien n'a véritablement changé non plus dans la mise en scène, et c'est peut-être la principale faiblesse de ce nekketsu sensei drama. Aujourd'hui, GTO ne souffre plus seulement de la comparaison avec son illustre prédécesseur, mais avec tous les dramas qui se sont inspirés de lui. Une classe qui le déteste, un élève différent à sauver à chaque épisode, une relation qui se construit progressivement jusqu'à faire de cet élève un allié d'Onizuka… Cette structure, quasiment inventée par Toru Fujisawa, peut désormais paraître bien trop classique, voir de l'âge de pierre.

Des œuvres comme 3 Nen A Gumi ou Assassination Classroom, pour ne citer que les plus célèbres de la décennie précédente, ont modernisé mainte fois cette formule. Face à elles, ce nouveau GTO semble parfois appartenir à une autre époque.

Mais c'est précisément cette volonté de retrouver l'esprit du GTO des années 90 qui rend la série si attachante. Oui, elle joue à fond la carte de la nostalgie, mais le contraste entre Onizuka et ses jeunes collègues est tellement marqué que chaque épisode devient un véritable plaisir. Mention spéciale à Nukumi Meru qui, dans le rôle d'une jeune enseignante de la génération Z, assume avec beaucoup d'autodérision tous les clichés de son époque.

Bien sûr, nous sommes face à une sitcom portée avant tout par ses acteurs et pas grand chose d'autre. Les adolescents sont attachants, l'ambiance rappelle énormément les sitcoms des années 80 et 90 que l'on regardait en rentrant du lycée, jusque dans le générique. J'ai surtout le sentiment que cette série a été produite avec énormément d'amour et de nostalgie, davantage pour rendre hommage à une œuvre culte et à une époque que dans un simple objectif commercial.

D'autres séries récentes exploitent aujourd'hui cette formule avec davantage de maîtrise et d'ambition, et je vous laisserai établir vous-même la liste. Mais, pour ceux qui ont grandi avec Onizuka, retrouver ce vieux professeur au grand cœur reste un plaisir difficile à bouder.
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