C'est à son tour, maintenant
Avec son casting de rêve, la nouvelle production horrifique d'Abama x Asahi TV promet monts et merveilles sur le papier. Mais nous avons appris à nous méfier des productions trop gourmandes en ex-Idoles et autres Models. Pourvu que ce rêve ne se transforme pas à nouveau en cauchemar...Un rêve qui se réalise au début du premier épisode, pour la jolie et sympathique ex-Nozikaya 46, Nishino Nanase. Finie la vie de Youtubeuse solitaire (comprendre otak, donc) et vive la vie avec une bande de copines aux caractères très différents (pour les otaks, ... donc). Une Mansion à 8 appartements tous occupés par une jeune femme célibataire est le cadre idéal pour un scénario plutôt convenu. Le pitch de départ tenant sur une dent d'un timbre de poste, ne laisse aucun doute sur le genre Horreur/Thriller. Mais on sait depuis Anata no Ban Desu que ce huis-clos peut provoquer, chez le spectateur, une addiction envers une série qui ne payait pourtant pas de mine au départ. Mais une interrogation survient à la lecture de la phrase précédente. Nishino Nanase parviendra-t-elle une nouvelle fois à nous maintenir en haleine comme elle l'a justement si bien fait dans Anata no Ban. La comparaison risque d'être douloureuse, voir horrible.
Si le genre de cette nouvelle série est clairement orienté horreur, cela ne peut pas suffire à faire oublier ce chef-d'œuvre du polar/mystère surtout que dès le premier épisode une locataire décède et on se doute bien que c'est le point de départ d'une série de morts plus horribles les unes des autres. Heureusement les futurs victimes font partie de la crème des jeunes actrices de série (parfois Z) du moment. La géniale Uchida Rio qui sait mettre ça personnalité folle au service d'un scénario toujours déjanté et complexe (Raise de wa Chanto Shimasu, Mukai no Bazuru Kazoku, ...) et les 6 autres locataires que je ne citerai pas une à une et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque tant elles auraient pu tenir un premier rôle chacune.
Si on se doute de leur fin tragique et certainement violente selon l'épisode à venir, reste le mystère qui entoure cette immeuble. Vieux cimetière indien ou ancien lieu de culte Celte ? Que s'est-il passé dans ce bâtiment ou le mensonge est interdit, sous peine de voir sa fin arrivée. Ce ne sont pas les exorcismes minables du pseudo prêtre shintoïste, excellemment joué par Nagayama Kento qui parviendra à faire baisser la tension. La religion est clairement critiquée ici, par son côté mercantile. Mais ce partenaire maladroit de notre enquêtrice Nanase chan vous donnera un sourire salvateur au milieu d'un océan de sueur froide.
Car la peur est bien là, présente à chaque épisode. Une horreur parfois subtile, mais avec des codes éculés pour ceux qui suivent le cinéma asiatique depuis longtemps. Mais même un vieux briscard comme moi se fait avoir et les reflets dans le miroir, les mains sales ou les cheveux longs recouvrant le visage, par exemples, font toujours leurs effets. Et comme souvent on est content qu'un épisode ne dure que 20 min. Vous faire croire que j'ai vu tous les épisodes à l'heure qu'il est serait le 3e mensonge de cette chronique, alors je vais m'arrêter là dans mes commentaires, même si vous êtes certainement déçu (si si,...). Mais je tiens encore un peu à la vie. Si ce n'est que pour découvrir le fin mot de cette histoire pas si commune au final ... Aaaargh, uso da yo !!!
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L'école des sentiments tarifés
Les romances réprimandées par la société, malgré leur exploitation dans la littérature depuis Genji Monogatari, font encore le bonheur des producteurs et auteurs, tout média confondu, en cette bientôt fin de monde annoncée. De surcroît au Japon, terre de la bienséance et de la discrétion. Imaginer une amourette entre une professeure et un élève analphabète peut encore, malgré le cliché de la situation, faire vibrer les foules en 2025. Et pourtant, on a du mal à imaginer faire mieux que Garden of Words de Shinkai Makoto, surtout qu’en 2013, avec son trait de crayon et seulement 46 min, il avait tout dit et tiré les larmes nécessaires à la situation.Ici, pour faire vibrer la corde sensible, le cordonnier est remplacé par un host de Kabukicho, ce qui ne nous rassure pas au premier abord. Du rentre-dedans et des beaux mecs androgynes vont parsemer 10 épisodes de hime-sama en direction des trentenaires à la recherche de l’aventurette télévisuelle. Vous entendrez donc soit votre voix intérieure, soit celle à côté de vous dans le canapé vous dire : C’est honteux cette exploitation de la misère amoureuse, tout en sachant que le voyeurisme est la raison principale de notre fascination.
Mais en réalité, tout est fait pour dénoncer le mizushōbai, à commencer par le ridicule dont les jeunes hosts s’affublent. Car si l’ensemble des intervenants semble donner les bons arguments pour critiquer l’exploitation de la solitude des femmes, ce sont les situations vécues par les hosts qui en font la meilleure critique. Mis plus bas que terre, traités comme des moins que rien, pas seulement par leur patron. Les clients, la société, les regardent comme des caniches à maman. Et c’est d’ailleurs très touchant de voir à quel point le héros de l’histoire cherche à travers son métier la reconnaissance maternelle qu’il n’a pas eue dans sa jeunesse.
Le trait sera donc forcé pour l’héroïne incarnée par l’excellente Kimura Fumino, en mère courage prête à tout pour sauver de l’illettrisme Murakami Maito Raul. Sa photo illustre d’ailleurs sur Wikipédia la définition de vieille fille. Dans son tailleur grisâtre, affublée d’un chignon et de lunettes, esquissant très peu de sourires face à sa classe de jeunes filles d'une école privée catholique. Oui, tout est dit. Les clichés sont ultra-forcés, comédie romantique oblige. Le paradis blanc, la journée. L’enfer rouge, la nuit. Raul-kun est présenté comme un Satan prêt à dévergonder la plus toute jeune vierge. Il faut choquer le bourgeois, que diable.
En vraie, la production cherche à choquer un public habitué et donc anesthésié par les mœurs de Kabukicho, mais n’y arrive pas vraiment. Encore moins si on vit au Japon, où les lieux de culte catholique n’ont pas réellement de sens au-delà du mariage. Mais toutes ces montagnes de clichés gâchent-elles l’expérience ? En réalité, très peu, car on assiste ici à de très belles performances d’acteurs. Kimura Fumino est évidemment habitée par sa mission de super neketsu sensei (celle-là je vais la ressortir à chaque fois, maintenant) mais sans en faire trop. Elle met énormément de temps à succomber au soi-disant charme de Raul-kun. D’ailleurs, est-ce qu’elle y succombe seulement ? Ces situations donnent une part de réalisme bienvenue. Ce drama est ancré dans la vraie vie et fait finalement très peu de place à la romance. Exit les longs plans "je te regarde dans les yeux pendant une minute". Kimura Fumino refuse et exècre les tapes sur l’épaule et autres avances ou mots doux appris à l’école des hosts. Les histoires de couple sont bien ancrées dans le Japon d'aujourd'hui: mariages arrangés, rencontres sur appli, misère affective, monétisation des sentiments. Les questions sociétales sont nombreuses, bien amenées et rendent le suivi de l’histoire passionnant.
En effet, Raul-kun ne cherche pas à faire plaisir à sa professeure, en apprenant à la vitesse grand V à écrire. Au contraire, le jeu du chat et de la souris dure et montre à quel point enseigner n’est pas donné à tout le monde. Une IA est encore loin de remplacer le contact humain, tant vouloir faire apprendre quelque chose à quelqu’un contre son gré est délicat. Délicat sera donc le mot d’ordre du drama.
Loin donc d’un énième reportage voyeuriste pour occidentaux prêts à se complaire dans des remarques du genre "tous des pervers ces Japonais", tout en se rinçant l’œil. Ce drama renforce la certitude de chacun sur la nécessité de mettre fin à ces pratiques d’escortes. Pas seulement pour les arnaques à l’argent, mais surtout pour les arnaques aux sentiments. Et pour cela, une seule solution : l’éducation.
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Passer l'amour à la machine...
Auréolée du récent succès de Gasu Ningen, même si c'était loin d'être le personnage le plus intéressant, Aoi Yu rempile déjà sur Netflix quelques jours après la sortie du remake événement. En réalité, c'est surtout Big N qui essaye de s'accaparer cette actrice légendaire, comme il l'a déjà fait avec Yamazaki Kento et d'autres, en signant des partenariats avec les chaînes et plateformes japonaises afin de diffuser à un rythme industriel les œuvres où elle apparaît. Cela dit, Until the T-shirt Dries est une coproduction avec la chaîne TBS qui, du coup, fera baisser le rythme infernal des sorties des épisodes en une seule fois, spécialité du McDonald's des dramas, en adoptant le rythme classique des saisons à la japonaise avec un épisode par semaine, jusqu'à la fin de l'été.Dix épisodes d'un mélodrame teinté de secrets et, très certainement, de retournements de situation pour clôturer chaque paquet de 50 min. On n'aura donc pas droit à des épisodes bouche-trou de 30 min pour en faire péniblement 6 ou 8, cette fois-ci. Car on est bien en face d'une série qui prend le temps de décrire les sentiments, de transcrire et transmettre les émotions. Le premier en déborde déjà et prend vraiment son temps pour nous dévoiler les personnages et l'intrigue.
Porté par le quatuor de quadragénaires Aoi Yu, Kaho, Nakajima Ayumu et Matsuyama Kenichi et des featuring comme Lily franky, il est clair que tous ces acteurs sont à l'apogée de leur art dans cette tranche d'âge. Et le jeu d'acteur sera au centre de la transmission des émotions, avec des comportements parfois touchants, parfois inquiétants. Après le drame du premier épisode, on ne sait jamais vraiment si ce qui apparaît à l'écran relève du détachement, du déni, du secret ou de la manipulation. C'est justement la retenue de nos personnages qui nous fait vibrer, pleurer avec eux ou nous interroger sur leurs réactions et leurs cachotteries.
Vous l'avez compris, j'essaie d'être le moins précis possible sur l'histoire afin que vous ressentiez les émotions d'une personne ne connaissant pas le pitch. C'était, comme souvent, mon cas et j'ai bien failli abandonner après les premières minutes de slice of life plutôt ennuyeuses, les histoires de causeries dans les laveries étant presque un genre à part entière au Japon. Mais un coup d'œil à l'équipe de production m'a convaincu de persévérer jusqu'au bout, alors que le casting semblait déjà parfait : le réalisateur de Mikami Sensei (autre perle d'émotion) et Kujo l'Implacable (peut mieux faire), mais surtout la scénariste de Umi no Hajimari et Silent, Ubukata Miku, dont on ne peut qu'apprécier la sensibilité dans ses œuvres, même si le récent Uso ga Uso de Uso wa Uso da ne m'a pas convaincu. Peut-être à cause du format.
L'attente du T-shirt qui sèche est certainement le mélo-mystery drama de l'été, bien plus convaincant que 25 Years of You qui s'offre en plus le luxe de se terminer sur un des trop rares nouveaux titres du groupe Spitz, signe de qualité par excellence pour un drama.
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Les deux mois de la marmotte
Grey’s Anatomy vous manque ? En particulier les premières saisons où l’on découvrait l’innocence et l’incompétence de jeunes étudiants fraîchement débarqués dans un hôpital ? Vous preniez plaisir à les voir gaffer en apprenant leur métier, tout en explorant intensément leurs relations sentimentales – pour ne pas dire sexuelles ?Si c’est le cas, Madoka, 26 ans, vous replongera dans cette ambiance, que vous ayez déjà vécu ces moments avec Ellen Pompeo et ses camarades, ou que vous les découvriez pour la première fois (même si j’en doute). Ce drama pousse d’ailleurs la réflexion plus loin en s’adressant à plusieurs générations, voire en tentant de les réconcilier, à travers l’opposition entre les médecins issus de l’ère Shōwa et la nouvelle génération « 9h-17h ».
Ce que l’Occident nomme la génération Z est souvent assimilée, au Japon, aux jeunes diplômés de l’ère Heisei (20 à 30 ans), qui revendiquent désormais des horaires de fonctionnaires (je suis fonctionnaire). Finies les heures supplémentaires interminables et les appels professionnels impromptus le dimanche ! Même les futurs chirurgiens comptent désormais leurs heures, au grand dam de leurs aînés. Une tension qui se cristallise particulièrement lorsque ces derniers deviennent les tuteurs des nouvelles recrues, ne tolérant aucun faux pas et imposant une rigueur à laquelle les jeunes semblent moins habitués.
Ces thématiques sont au cœur du drama. Yoshine Kyoko, notre héroïne, semble avoir dû ingurgiter un bon nombre d’épisodes de Grey’s Anatomy pour incarner avec justesse l’inexpérience des jeunes internes. Le doute, l’incompétence – réelle ou ressentie – et les choix cruciaux de vie et de carrière résonnent avec ces stages enjoints de rotation tous les deux mois. On ne peut rien reprocher à la qualité de la série, qui reprend tous les codes des bons dramas médicaux : un casting intergénérationnel au sommet, une mise en scène efficace et, malgré son énième rôle de médecin, Suzuki Nobuyuki charme toujours autant sans en faire trop.
Cependant, bien que la série mette en avant l’émancipation des « 9h-17h » face à leurs aînés, elle n’échappe pas à une vision paternaliste du rôle des anciens, omniprésente. Je pense notamment au directeur de l’hôpital, figure du vieux sage, ou, pire encore, à l’ascendance excessive de Suzuki Nobuyuki sur Madoka dès le premier épisode. Bien sûr, on cherche à souligner le côté romantique de leur relation, mais, comme souvent, notre frêle héroïne ne réalise pas l’amour et la protection que lui prodigue cet homme, viril et mystérieux. Une dynamique de domination masculine sur une femme jugée vulnérable refait ainsi surface. Sans parler du comportement étrange du petit ami officiel de Madoka, qui renforce encore cette impression d’emprise.
La série pourrait s’adresser à un public en quête d’identité et de reconnaissance dans la société, mais, à l’image d’une marmotte sortant timidement de son terrier, le vieux monde résiste, et l’aspect romantique vient légèrement gâcher le dépassement de soi. Madoka a 26 ans et doit encore suivre deux années de formation en rotation, ce qui, si mes calculs sont bons, représente 12 épisodes et autant d’histoires parallèles vite oubliées une fois visionnées. Pourvu que la conclusion ne s’arrête pas sur la fameuse date de péremption des 30 ans ! J'essaye de faire de l'humour, tout comme les auteurs si sont attelés avec une certaine réussite, car au final, c'est ce qui va me faire continuer le visionnage de la série.
Mais ça risque d'être insuffisant, pour finir les deux années et valider mes 12 UV. J’attends du développement, des intrigues solides, des changements radicaux qui ravivent l’intérêt. Introduire comme point essentiel l’incompétence et la supposée paresse de la jeune génération pourrait donner lieu à des moments forts pas seulement dans l'humour, , mais je crains que l’on reste cantonné au déroulement classique des dramas à mission éducative, voire moralisatrice. Dépasse-toi, car tu deviendras la meilleure... Espérons que la série nous surprenne en allant au-delà de ce schéma trop convenu. Je raviserai ma chronique dans ce sens, mais je n'ai à ce jour fait mon stage que dans 3 épisodes. Et tout comme Madoka, je ne suis pas sortie indem de ce dernier.
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un prêté pour un rendu
Certains dramas vous marquent à vie par leur originalité ou leur jeu d’acteur. Pour moi, ce fut le cas de Ie Uru Onna en 2016. Depuis, j’espère toujours retrouver la folie de Kitagawa Keiko, au sens premier du terme. Car, avouons-le, c’est une vraie psychopathe dans cette série. Je n’ai pas souvenir qu’elle ait incarné un rôle aussi marquant depuis. Mais près de dix ans plus tard, l’espoir renaît avec cette histoire de mère de famille ravagée qui kidnappe et élève la fille de son Némésis, et cela, sous ses yeux. Une vengeance non plus froide, mais glaciale, qui s’étale, elle aussi, sur dix ans. Un rôle sur mesure pour celle qui possède le regard le plus noir de sa génération.Et elle va en user et en abuser dans ce thriller centré sur la filiation parentale, qui vous prendra certainement aux tripes. Épisode après épisode, votre cœur balancera entre le camp du magnat de l’agroalimentaire, celui de la famille de la victime, ou encore les personnages secondaires, certe caricaturaux, comme la journaliste, mais tellement justes dans leur interprétation.
Celui qui donne le plus de frissons, c’est Omori Nao. Non pas par des rictus ou des plans serrés sur un regard inquiétant, mais justement parce qu’il ne laisse rien transparaître. C’en est flippant de simplicité. Son jeu donne vraiment l’impression qu’il ne sait rien des affaires, le rendant d’autant plus crédible, sympathique et troublant. Tout le contraire de notre héroïne, qui, à chaque plan fixe, peaufine son regard et son sourire forcé.
On retrouve ses grimaces de Ie Uru Onna, mais dans un contexte bien plus inquiétant. Cela pourra agacer à la longue, tant elle abuse de cette attitude alors qu’elle rumine sa vengeance depuis plus de dix ans. Heureusement, elle a plus d’une corde à son arc, avec un jeu qui va de l’émotion à la conviction. On pleure avec elle, on hurle avec elle, surtout si l’on est parent.
Parent, précisément, d’une jeune fille polie, mais ado rebelle, magnifiquement jouée par la jeune Isshiki Kasumi, qui découvre les premiers émois… envers les trains, sa grande passion. On a donc une série résolument japonaise, où les trains et la bouffe industrielle hantent les relations parent-enfant, et où le kidnapping est presque aussi présent que les pères sont absents de l’éducation de leurs enfants.
Mais c’est justement en appuyant sur le mystère de ce père, pas assez souffrant selon Kitagawa Keiko, que transparaît en filigrane une réflexion sur la place due celui-ci dans l'éducation. Si le concept "Ma fille, ma bataille" semble être l’apanage d’une mère ravagée dans les premiers instants, nul doute que vous aurez également de la compassion pour Omori Nao qui est vraiment avec Isshiki Kasumi la bonne surprise de ce mystery drama rondement mené.
Une production de qualité, qui n’abuse pas trop des tics du genre (il y en a, rassurez-vous). Un excellent ending signé Back Number, qui donne envie d’apprendre la guitare sèche. Des larmes à sécher régulièrement, d’ailleurs, car si vous êtes parent, ou avez grandi dans une famille monoparentale, ce drama ne pourra que vous toucher. Il interrogera, il divisera, mais il marquera.
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Un air de déjà vu, ou pas ...
Qui n'a jamais rêvé de changer de vie ? Retourner dans le passé pour modifier si ce n'est qu'un seul de ses choix. L'être humains est un animal rongé par les regrets et la frustration. Moi, si je pouvais retourner dans le passé, ce serait le moment où j'ai fait le choix d'apprendre la langue japonaise. Je changerais alors ce choix pour la langue coréenne. Et j'aurais pu alors, donner mon avis sur la série originale de 2018 dont est tirée ce remake. Une fois de plus je ne ferai pas de comparaison, car bien sûr les voyages dans le temps n'existent que dans les romans. Et on peut dire que c'est un filon plus qu'exploité depuis la Machine à explorer le temps de HG Wells (1895, un sacré bon dans le temps, donc) Mais qu'y a-t-il encore à raconter en 2021 sur le sujet ?Déjà le parti pris de la comédie romantique est plutôt rafraichissant. Loin de la lourdeur de Theseus no Fune ou Erase (2 conseils de regardure). La présence (pour mon plus grand bonheur) de Hirose Alice dans le rôle secondaire apporte beaucoup à la série. Même si une fois de plus son jeu est empreint de lourdeur. Mal dirigé, peut être, ou difficile de se faire passer encore pour une lycéenne à 26 ans, les scènes de flashback peuvent faire sourire malgré le message qu'elles veulent faire passer (émotion, émotion, émotion ....). Mais les premiers instants de la série sont mémorables et Alice est à la fois flippante et touchante en jeune mère de famille désabusée et aux abois. J'en étais à me demander si ce n'était pas son meilleur rôle, jusqu'aux scènes ou elle force son sourire, donc.
Mais le vrai rôle principal est tenu par Okura Tadayoshi qui à 35 ans passé ne peut plus jouer les jeunes premiers. Le voilà donc en père de famille frustré, vivant la vie de millions de salaryman du japon et d'ailleurs (mais surtout du Japon). Metro boulo dodo c'est son lot quotidien, avec l'espoir d'être accueilli par un okaeri et un sourire de sa femme en tablier, après son passage à l'izakaya. Soucies d'argent, au boulot et nuits blanches à répétition avec gamins en bas ages, sans, selon lui, recevoir l'amour et la reconnaissance qu'il mériterait de sa femme. Il rêve de changer de vie, c’est-à-dire, de femme.
On peut s'interroger sur la morale et encore une fois les préjugés des mâles en Asie et ailleurs, face à la cellule familiale idéale. Femme soumise au foyer et homme apporte l'okané. Mais on dira que c'est pour les besoins de l'histoire. D'autant plus qu'Alice prend vraiment sa revanche et travaille (un peu) pour améliorer la condition féminine. Très ancrée dans la société japonaise cette série choquera certainement les occidentaux peu au fait de celle-ci. Mais plus vous évidemment.
Les rôles secondaires sont plutôt intéressants et réunissent la jeune garde des acteurs trentenaires japonais, avec Kawaei Rina, qu'on ne voit pas assez souvent en 1er rôle et Matsushita Kouhei qui tout comme Rina avait illuminé mon année 2020 et dieux sait qu'il le fallait pour oublié ce virus, dans .... #Remolove. Leur vie sera totalement bouleversée et nous de même par les choix de Tadayoshi.
Drama destiné comme souvent à un public féminin (cliché ?). Petit à petit c'est la vision sur les (sa) femmes du héros qui change et en même temps peut-être celui du spectateur homme. Ayant vu pour l'instant peu d'épisodes je ne sais pas encore si la série continuera dans ce sens. Mais j'espère bien qu'elle contribuera un minimum, à faire intéresser les hommes à savoir ce que pensent ..., ce que ressentent...., bref, à mieux connaitre leur épouse.
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Un Arc-en-Ciel de Nostalgie
La vie est parfois cruelle. Voir un nouveau GTO, 25 ans après le début de ma carrière de Great Teacher, me fait vraiment prendre un sacré coup de vieux.Comme toute la génération X (oui, Burger King, c'est la génération X, pas les boomers, les années 80 !), j'ai découvert GTO à l'âge d'or des mangas en France, à la fin des années 90, début des années 2000. À cette époque, jeune professeur que j'étais, je cherchais de l'inspiration pour comprendre une jeunesse biberonnée à la PlayStation et aux Pokémons.
S'il y a une chose que GTO m'a apprise, c'est qu'un adolescent reste un adolescent et qu'un adulte reste un adulte. Ce dernier sera toujours en décalage, quelle que soit l'époque dans laquelle il enseigne ou la posture qu'il adopte pour tenter de leur ressembler. En revanche, s'il reste proche de ses élèves, s'il cherche à les comprendre, s'il s'intéresse à leurs envies, à leurs attentes et à leurs rêves, alors il sera malgré tout en phase avec eux.
Et voilà qu'à 50 ans, le bel âge, Onizuka reprend du service devant des lycéens le nez constamment plongé dans leurs tablettes et désormais coachés par l'intelligence artificielle. Pourtant, il conserve le même humour potache d'ancien yankee des années 90. Mais cet humour fait-il encore mouche aujourd'hui ?
Cela dépend beaucoup de votre état d'esprit. Il y a évidemment le facteur nostalgie, qui touchera avant tout les générations ayant grandi avec GTO. Sorimachi Takashi reprend son rôle à la perfection et n'a absolument rien perdu des mimiques qui lui ont permis d'incarner avec autant de fidélité le personnage du manga, et surtout celui de l'anime. Lorsqu'il se cache derrière un poteau, grimace ou tente maladroitement de rattraper un élève qui veut mettre fin à ses jours, tout est fidèle au matériau d'origine et rappelle une foule de souvenirs.
Comme beaucoup de Français au début des années 2000, je n'avais pas eu l'occasion de découvrir le drama, mais l'anime était déjà exceptionnel. Et ne pas avoir vu la série originale n'est finalement pas un problème : on comprend immédiatement qu'Onizuka a vécu heureux avec Fuyutsuki Azusa durant ces vingt-six dernières années, à l'écran comme dans la vraie vie.
En revanche, pour les générations plus jeunes, des millennials jusqu'à la génération Alpha, le personnage risque d'être plus clivant. Sa familiarité excessive, ses blagues lourdes, son besoin permanent de créer un lien avec ses élèves, tous ces comportements que l'on qualifierait aujourd'hui de... « hara ». Pourtant, GTO dénonçait déjà le harcèlement scolaire, l'éclatement de la cellule familiale ou encore les violences entre élèves et au sein des familles. Le manga abordait ces sujets avec une étonnante modernité alors que la société préférait encore détourner le regard.
Et le voici désormais dépassé par le monde qu'il a lui-même contribué à faire évoluer. Vous serez sans doute, comme moi, touché par son sentiment d'exclusion face à une société qu'il ne comprend plus totalement. Un peu à l'image de la série Extremely Inappropriate!, où la génération de l'ère Shōwa se sent déclassée avant de réaliser que, dans le fond, les êtres humains n'ont pas tant changé que cela.
Rien n'a véritablement changé non plus dans la mise en scène, et c'est peut-être la principale faiblesse de ce nekketsu sensei drama. Aujourd'hui, GTO ne souffre plus seulement de la comparaison avec son illustre prédécesseur, mais avec tous les dramas qui se sont inspirés de lui. Une classe qui le déteste, un élève différent à sauver à chaque épisode, une relation qui se construit progressivement jusqu'à faire de cet élève un allié d'Onizuka… Cette structure, quasiment inventée par Toru Fujisawa, peut désormais paraître bien trop classique, voir de l'âge de pierre.
Des œuvres comme 3 Nen A Gumi ou Assassination Classroom, pour ne citer que les plus célèbres de la décennie précédente, ont modernisé mainte fois cette formule. Face à elles, ce nouveau GTO semble parfois appartenir à une autre époque.
Mais c'est précisément cette volonté de retrouver l'esprit du GTO des années 90 qui rend la série si attachante. Oui, elle joue à fond la carte de la nostalgie, mais le contraste entre Onizuka et ses jeunes collègues est tellement marqué que chaque épisode devient un véritable plaisir. Mention spéciale à Nukumi Meru qui, dans le rôle d'une jeune enseignante de la génération Z, assume avec beaucoup d'autodérision tous les clichés de son époque.
Bien sûr, nous sommes face à une sitcom portée avant tout par ses acteurs et pas grand chose d'autre. Les adolescents sont attachants, l'ambiance rappelle énormément les sitcoms des années 80 et 90 que l'on regardait en rentrant du lycée, jusque dans le générique. J'ai surtout le sentiment que cette série a été produite avec énormément d'amour et de nostalgie, davantage pour rendre hommage à une œuvre culte et à une époque que dans un simple objectif commercial.
D'autres séries récentes exploitent aujourd'hui cette formule avec davantage de maîtrise et d'ambition, et je vous laisserai établir vous-même la liste. Mais, pour ceux qui ont grandi avec Onizuka, retrouver ce vieux professeur au grand cœur reste un plaisir difficile à bouder.
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Vraiment rien à se reprocher ?
Attention, en visionnant ce qui pourrait être une énième romance plan plan, comme le suggère le titre, l'affiche ou l'Opening, vous allez suivre la descente aux enfers d'un petit professeur d'université qui n'avait pourtant rien demandé. Une personne qui n'est rien, avec sa gentille petite femme et sa trop choupinette petite fille. Vous allez être choqué par la façon dont il se laisse séduire par une étudiante, trop directe pour être honnête, par la différence d'ages, par les gouts de cette jeune étudiante ou encore par le peu ou la trop grande opposition du professeur à ses avances. Vous aurez 1000 raisons différentes d'être choqué puisqu'on a "affaire" finalement à une histoire basique d'adultère, qui pourrait d'ailleurs très mal passer en ses temps de libération de la parole. On est plus du temps de Feydeau ou de Marivaux, tout de même. Et votre consternation sera renforcée par la mise en avant constante du charme de Yamashita Mizuki, Idole et Model de 22 ans dans la vie réelle et convoitée par tous les beaux gosses de la fac dans la série, avec un manque de réalisme certain vu le charisme de mollusque affiché par Hamada Gaku.Et pourtant, l'histoire qui n'a rien d'exceptionnelle et qui se déroule sur un nombre d'épisodes que l'on peut juger trop long pour une simple "affaire", devient plausible et même touchante grâce à ces acteurs, montrant une sincérité et une fragilité qui prend corps au fil du temps. Hamada est parfait et ses sueurs froides, comme ses bégaiements et hésitations sonnent vrais, au point que beaucoup s'identifieront. Il transpire la culpabilité au sens propre comme au figuré, mais a aussi des principes et est constamment tiraillé dans sa conscience, et cela, pour nos plus grands éclats de rire.
Mizuki chan est très mystérieuse et dégage une aura impressionnante pour son âge tout en faisant des appels du regard pleins de fragilité auxquels aucun étudiant de son âge ne pourrait résister. Konishi Manami en femme au foyer idéal (toujours ses vieux clichés), nous fait flipper à souhait et mourir de rire en même temps quand elle dévisage son mari dégoulinant de culpabilité. Et que dire de Takarabe Kahomi la petite fille du couple tellement mimi et talentueuse du haut de ses 8 ans. Tous les personnages secondaires sont intéressants (comprendre barrés) et vous feront rire à un moment ou un autre.
Une Romance douce amère, touchante et drôle, jouant avec les sentiments des personnages, du spectateur, mais qui fait finalement s'interroger sur le bonheur, la vie de couple et la fidélité, évidement. Et cela, même pour une personne qui n'est rien, comme nous. Attention tout de même en regardant cette série en couple. Si vous constatez que votre compagne vous dévisage de près au lieu de fixé l'écran, c'est qu'elle se doute de quelque chose. Restez alors impassible. N'avalez pas votre salive et surtout aucune goute de sueur ne doit couler de votre front. Elle cherche à savoir si vous avez quelque chose à vous reprocher... Ou alors vous avez juste un gros point noir sur la joue.
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Parallel Fufu: Shinda “Boku to Tsuma” no Shinjitsu
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3 min de chaque côté
Les mondes parallèles ont la cote depuis des années, particulièrement dans l’univers du manga — et ce, malheureusement, jusqu’à l’overdose. Le drama japonais avait été plutôt épargné, à l’exception de quelques adaptations comme Isekai Izakaya, qui copient souvent, trait pour trait, les anime sans trop faire mal à notre cerveau. La raison ? Des budgets pour les décors ou les effets spéciaux généralement bien au-delà de ce que peut se permettre une chaîne de télévision.Mais ce que l’on prend d’abord pour une sitcom classique, reposant sur trois lieux (l’appartement, le bureau — le même pour le couple marié — et un bar), permet ici de sérieuses économies au genre. Reste à savoir : l’argent économisé est-il réinvesti dans le casting et les dialogues, les éléments les plus importants dans une comédie ?
La façon de jouer du gouté.
Rassurez-vous tout de suite : on est clairement au niveau des dramas de l’après-midi ou de ce que proposent les plateformes gratuites comme TVer. Les acteurs sont fades, ou font en sorte de l’être. Saito Nagisa joue un rôle secondaire, auréolée pourtant de son quasi-premier rôle dans Oshi no Ko. Mais comme dans cette excellente adaptation, elle semble, ici aussi, passer à côté de son personnage, cherchant constamment à s’effacer.
Un autre habitué des rôles de sidekick timide (donc, fade ?), c’est le bellâtre Nomura Kota. Bien qu’il cherche fréquemment à incarner des personnages mystérieux, il force encore ici le côté lunaire, et donc... agaçant. Mais la palme revient à notre couple de défunts : même si Ihara Rikka reprend, comme souvent dans ce genre de drama, le rôle de l’adulte responsable et mature face à un mari bourré de doutes et de complexes, tous deux incarnent des caricatures du jeune couple urbain.
Si la vie à deux est magnifiée dans les premières minutes, elle devient vite irritante, bien avant la séparation brutale des tourtereaux. La faute en revient au jeu exécrable d’Inoo Kei, qui, s’il cherchait à faire oublier ses rôles plus matures (comme dans l’excellent Junkyouju Takatsuki Akira no Suisatsu), y parvient… hélas. Il aligne ici tous les tics des pires personnages de sitcoms d’après-midi.
Pour préserver ma santé mentale, je vais vite m’atteler à rattraper la série des Kaseifu no Mitazono. Elle m’intrigue de plus en plus, même si le nombre de saisons me fait un peu peur — surtout s'il faut attendre son apparition.
Et du néant nait le merveilleux...
Une fois les bases posées, il faut bien l’admettre : le pitch est plutôt intéressant. La possibilité pour le couple de se parler seulement trois minutes par jour, après une disparition brutale, donne lieu à quelques bonnes idées humoristiques et à des quiproquos prometteurs. La question est : tiendra-t-on sur la durée ?
Le switch constant entre les deux mondes, destiné à créer un effet de miroir, devient vite répétitif, notamment dans les premiers épisodes, centrés sur les doutes d’Inoo Kei quand il imagine la vie débridée de sa femme. Mais n’oublions pas que nos protagonistes sont morts dans des circonstances étranges, ce qui ouvre la porte à une résolution de mystère et à une ambiance qui, peu à peu, transforme l’histoire en un mystery drama plutôt bien mené.
Avec une ambiance oscillant entre la mauvaise sitcom et le thriller SF presque — oui, presque — adulte, Parallel Fuufu est la bonne surprise des séries courtes de ce printemps. Reste à espérer qu’elle tienne ses promesses jusqu’à la fin du minuteur. Sinon l'arrêt risque d'être brutal.
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10% de malheur, 90% de bonne humeur
Outré par la violence de ce drama, j’hésite à le recommander malgré la présence de Kawaei Rina dans le rôle principal. Elle qui peut être si douce et si touchée par les problèmes de chacun quand elle joue l'aide-soignante... Mais comment une agente qui porte un si joli nom au civil, peut-elle être aussi rude avec ses acteurs ? Car vous allez en voir de sa part, des croche-pattes et autres coups de coude dans ce nouveau drama qui explore les méandres du rôle d'agent de stars en devenir.En réalité, c’est une violence jouissive que notre actrice fétiche distille dans ce drama feel good. Et c’est d'ailleurs elle qui vous procurera le plus de sourires, pour ne pas dire de rires, par ses réactions, on ne peut plus excellemment jouées, prouvent une fois de plus qu’elle fait partie des grandes actrices de notre époque, et de surcroît dans un registre tout aussi comique qu’émotionnel. Appuyé par un Chiba Yudai au meilleur de son sourire forcé malgré la quarantaine qui approche, on assiste ici à une chouette comédie, pas dénuée de messages sur le monde du showbiz moderne, les masse médias et la rédemption nécessaire à voir et soutenir les autres dans leur réussite, quand soi-même, on a tout loupé.
La réalisation est légère et enjouée alors que le propos peut être parfois rude. Une bande de seconds couteaux, déjà dans leur statut d'acteurs réels, joue de leur propre histoire pour dépeindre une galerie de ratés, mais tellement sympathiques.
Sans en dévoiler plus, la présence de Yasuda Ken et, même si elle est moins nécessaire, de Kichise Michiko en maîtresse d'orchestre de tout ce chantier d'une boîte d'agents au bord de la faillite donne ce côté mystérieux sans user d'artifices de production comme des appuis lourds de caméra et des regards noirs de personnages qui inspiraient la sympathie jusque-là. Les tics classiques des mystery-dramas sont évités en majorité, mais pas complètement absents. On adorera donc suivre la découverte des secrets de chacun, révélés comme il se doit à chaque épisode… ou pas, histoire de maintenir un suspense qui fonctionne.
Bien produit, on ne sera pas lassé sur la longueur, surtout que le duo Kawaei Rina / Yasuda Ken fonctionne à merveille. On ne cherchera évidemment pas à savoir qui manipule l'autre en prenant plaisir à imaginer que ce sont les femmes qui auront le dernier mot. Le monde du showbiz est tellement pollué par le machisme (et encore, je reste poli), que le patriarcat soit malmené dans cette série, nous rend tellement joyeux, comme un titre d'IVE.
Rien à jeter donc dans ce drama, parfait sur telement de choses, à se demander s'il ne surpasse pas Oshi no Ko (le manga, pas le live action. Là, la question ne se pose pas) dans la peinture du monde du spectacle en 2025. Avec une vraie ex-Idole en agente, capable de jouer Chihiro au théâtre Londonien à encore 30 ans, et de vieux briscards comme Yasuda Ken, la question ne se pose même pas. Alors, foncez, le "10 %" japonais vous attend et il est bien meilleur que le petit franchouillard.
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Boire ou descendre les escaliers, il faut choisir.
Il est plus que temps de sécuriser les escaliers au Japon. Si ma mémoire est bonne, Issei Takahashi s’était déjà pris les pieds dans une marche en 2021 dans Heaven and Hell: Soul Exchange. Et voilà que la perte d’équilibre entraîne une nouvelle fois son esprit dans le corps d’un autre. Après avoir vécu dans la peau d’une femme, le voilà contraint de refaire sa vie dans celle d’un « pauvre ». Car passer de la pourriture la plus riche du monde (mettez ici le nom que vous voulez) au cafard qu’il méprise ne sera pas simple. Un drama à destination des patrons des GAFAM et du « plus grand pays du monde », mais qui n’est pas dénué de défauts.Mis à part son scénario bancal qui mélange échange de corps vu mille fois et time slip vu dix mille fois, on est déjà fasciné par la médiocrité de ce premier épisode rempli de bons sentiments et de caricatures de pourritures humaines. Comment un aussi bon acteur qu’Issei Takahashi peut-il aussi mal jouer le Elon Musk de service ? Être obsédé par le pouvoir et l’argent ne veut pas dire être dénué de sentiments. À force de vouloir rendre son personnage froid, il en devient irréel. Après tout, même Donald a lâché Elon, ou vice versa. Comme quoi, l’argent de l'Oncle Picsou n’a pas suffi à vouloir écraser l’ensemble des pauvres fonctionnaires des États-Unis.
En plus de sonner faux tout au long du premier épisode, son personnage est entouré d’une galerie de mièvreries incarnées parfaitement par le gendre idéal Ouji Suzuka. S’ensuit alors toute une série d’épisodes où, tout en cherchant à rencontrer son ancien moi pour le détourner de la route de l’enfer, mais également celui qui l’y a poussé, il applique à la petite rue marchande ses anciens réflexes capitalistes pour la faire prospérer. Des situations plus ou moins « what the fuck » parsèment la série : l’invention des gilets et des tours de cou réfrigérants des années avant le Covid, des conseils d’investissement au doigt mouillé pris au sérieux par de grands groupes, des occasions de picoler en plein milieu de la journée qu’on n’avait pas vues depuis Juliette je t'aime, et surtout cette petite sœur qu’il n’avait pas remarquée dans son ancienne vie et qui aurait dû jouer un rôle majeur.
Gardons à l’esprit que Reborn tient davantage de la comédie familiale que du drama mystérieux à la Heaven and Hell: Soul Exchange, et c’est peut-être dommage. Mal à l’aise dans les deux rôles qu’il joue ici, Issei Takahashi transmet davantage un malaise qu’une joie de vivre. Reste à découvrir qui lui veut du mal (à priori l’ensemble de la planète) et comment tout cela va finir. Cela vaut peut-être le coup rien que pour voir la classe prolétaire japonaise descendre des litres de saké chaque fin d’après-midi.
Si vous avez ri devant « The Ch’ti, the North-South Exchange » (les Ch’tis, quoi), nul doute que vous apprécierez l’humour. Les autres, il vous faudra sans doute boire plus… mais avec modération.
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Pet Shop Boys
Alors là, les choses commencent vraiment à se compliquer. Si les K-dramas envahissent mes chroniques, je vais complètement perdre en crédibilité. Déjà qu’avec Married My Husband Japan, je me sentais comme Emmanuel Macron à la Japan Expo, faisant semblant de m'y connaître en Kamehame, alors qu'ado, il lisait du Mallarmé. Hatsukoi Dogs est la deuxième coproduction nippo-coréenne que je chronique en une semaine. Et comme pour la première, issue de la même maison de production Studio Dragon, je me sens comme un escroc de vouloir la chroniquer, tant elle transpire les codes de la comédie romantique coréenne. Des milliers de spécialistes écrivent des commentaires chaque jour sur MyDramalist.com, et moi, je voudrais donner des leçons… Encore un point commun avec notre président.Ironie de ma trop longue intro : Na In Woo, fameux acteur coréen, fait partie de ce triangle amoureux alors qu’il était déjà l’héritier dans la version originale de Married My Husband. Je vais donc, une nouvelle fois, faire mon François Bayrou essayant de ne vexer aucune formation politique, qu’elle soit coréenne ou japonaise, surtout que vous savez bien de quel côté de la mer penche mon cœur.
C’est donc reparti pour un K-drama romantique, triangle amoureux des plus classiques, porté par trois poids lourds de la bogossitude :
Je ne m’étalerai pas sur Na In Woo, même si, d’après mes sources, beaucoup le souhaiteraient, pour faire une inclinaison, en tout bien tout honneur, sur Narita Ryo et Kiyohara Kaya, qui semblent bien partis pour une carrière au-delà de l'Asie.
Et avec tous les tics (c’est là que je vais commencer à me faire incendier par les fans) des K-dramas, tout est fait pour les propulser. Ça brille, c’est coloré, c’est bien filmé, avec des mouvements de caméra dignes des meilleurs clips. Les levers et couchers de soleil synthétiques subliment les peaux, le maquillage et les moues boudeuses. Même les toutous ont droit à leur traveling make-up (désolé, je ne connais pas le terme exact), rendant les regards entre eux des plus... glamour.
C’est beau, parfois dérangeant, mais je suppose tourné avec une pointe d’humour pour se moquer des clichés du genre.
Je l’espère, du moins, car à l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais pas encore si je regarderai les 10 épisodes. Moi qui avais apprécié Kiyohara Kaya dans Invert: Jozuka Hisui Toujoshu, où elle endossait plusieurs rôles avec une certaine maîtrise, elle me donne ici l’impression de subir son rôle d’avocate, qui croit peu en l’amour, et qui fond pourtant pour le beau Narita Ryo dès le premier épisode. Ces premiers moments sonnent tellement faux, avec son allure transpirant de sex-appeal, mais refusant tout contact avec la gent masculine, responsable de tous les maux de la Terre selon elle. C’est la loi du genre, d’accord, et même si la loi, c’est son domaine, on aurait voulu un peu plus de réalisme sentimental.
Pas de réalisme, mais du glam, donc. Yokohama se transforme en Palm Springs, avec un soleil éclatant, des urbains en Prada promenant leurs tout petits wan-chan (ça, c’est vrai par contre, question de place) jusqu’au véto de luxe, équipé en bloc opératoire et assistant·es trop sexy en blouse multicolore. Je me souviens alors avec émotion de la pauvre clinique de Kiken na Venus, pour nous, gens simples.
Mais n’ayez crainte : si Kiyohara Kaya risque fort de vous irriter (tout comme le riche héritier Na In Woo — pardon pour les fans), Narita Ryo rattrape tout. Un jeu dans la retenue et un caractère, on ne peut plus sympathique, pour ne pas dire séduisant. C’est vraiment le point fort de la série, car je le sais bien : c’est avant tout pour ses mignons petits animaux que vous êtes venus frapper à la porte de Hatsukoi Dogs.
Vous vouliez voir des petto trop kawaii ? Mais là aussi, sans être un spécialiste, on est clairement dans l’outrance pour pouvoir réellement s’attacher aux bêtes. Retouches Photoshop (ou IA plutôt, cette expression n’étant plus à la mode depuis 2023) à foison, on a parfois l’impression d’être dans un remake live-action d’un vieux Disney. Visuellement, c’est dérangeant, mais encore une fois, sans être expert en K-dramas, c’est peut-être moi qui surréagis.
Le scénario n’étant pas encore assez développé après deux épisodes (il y en aura dix, ça me laisse sans aboiement), il est impossible de le juger, au-delà de sa classitude absolue pour une comédie romantique. J’attends probablement l’introduction d’un troisième chien, qui viendrait troubler la romance naissante. Mais évidemment, on apprendrait dans l’épisode suivant que cette chienne est la sœur du mâle, et non pas sa petite amie. Hun hun, que de rebondissements.
La fin du second épisode laisse présager des rebondissements canins des plus mystérieux. De quoi tenir jusqu’au dernier sans se lasser de ce énième « fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis ». Et puis une promenade dans Yokohama, ça ne se refuse pas, surtout avec de tels maitres.
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25 ans ferme
Les dramas prenant le point de vue du stalker plutôt que celui de la victime ne sont pas nombreux, et pour cause. Comment peut-on avoir l'empathie nécessaire pour suivre, sur la longueur, un homme qui la mate, se cache d'elle et, souvent, la harcèle ? Sans être aussi mal à l'aise que l'héroine, le dégoût, ou tout du moins l'inconfort, nous fait vite abandonner la série. Il faudra donc au moins le gendre idéal Matsumura Hokuto dans le rôle de l'amoureux louche et transit pour nous faire vibrer à ses côtés.Et pourtant, ça commence très mal. Car ce n'est ni au travail ni à l'université qu'il rencontre Okazaki Sae, son oshi pour la vie, mais au jardin d'enfants, comme le suggère déjà le titre. Vingt-cinq ans se sont écoulés à observer en cachette chacun des faits et gestes de son amour secret. Au-delà du fait que cela n'a aucune crédibilité scénaristique, puisque personne ne s'est rendu compte de rien alors qu'ils ont fréquenté les mêmes écoles et les mêmes lieux de travail, cette série semble justifier une pratique totalement amorale et pourtant bien trop répandue dans le milieu des idoles, entre autres, au Japon et ailleurs.
Un mec si beau, gentil, adoré des belle-maman, ne se fait courtiser par aucune autre nana en 15 ans de vie adulte. Soit, on est au Japon, le pays de la retenue et des bonnes manières. Mais c'est la même chose pour Okazaki Sae qui, en plus d'être jolie, est l'une des plus grandes héritières des entreprises japonaises, dans la série. À priori, ils ne connaissent pas l'entre-soi au Japon. Ils devraient envoyer leurs enfants dans les grandes écoles européennes pour leur promettre un beau mariage entre gens de la haute. Ça éviterait qu'un gueux coure après leur fille.
Bref, il faut passer toutes ces barrières psychologiques pour commencer à apprécier la série. Mais même une fois le concept accepté, il y a encore des freins à vouloir vraiment plonger dans les mystères suggérés. Comme à l'accoutumée, les personnages dérangeants ont le trait forcé. Je ne parle pas de la timidité exacerbée, ou feinte, de notre couple, chacun jugera leur jeu, mais bien des seconds couteaux. Un flic suspect, un ex-taulard miséreux et revanchard qui bouffe des corn-dog à longueur de journée en mettant du ketchup partout. Le comble de la bassaisse humaine, quoi. Sans parler de la belle-mère pire que celle de Cendrillon. Les clichés sont trop nombreux et mal interprétés pour pardonner à Okazaki Sae son manque de discernement face à tous ces personnages qui n'en veulent qu'a son argent. Cela la catégorise dans le rôle de la gentille idiote, et ça, je ne peux pas l'accepter en tant que Wota de Sae Chan.
Pas grand-chose, donc, ne va dans la série et son seul intérêt, mis à part le physique et le jeu de nos héros, est de sonder leur psychologie. Bien sûr, on espère un happy end où, après vingt-cinq ans, le couple se forme enfin malgré le lourd passé psychiatrique de notre héros. On espère qu'ils vivront heureux et auront plein d'enfants, qui pourront lire les journaux intimes de leur père pour s'endormir le soir. Si la série se termine ainsi, vous saurez que vous avez vraiment perdu votre temps. Heureusement, pas vingt-cinq ans de votre vie.
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L'important ce n'est pas la destination, mais le voyage
Un bon tantei drama n’est pas si facile à produire. Les centaines de clones de Miss Marple, surtout au Japon, se ressemblent tellement qu’il devient difficile, au milieu de tous ces suspects, de trouver le coupable idéal. Haru relève donc le défi de renouveler le genre : " je suis passionné de mystères et j'aide des enquêteurs incompétents dans leur tâche." Mais sommes-nous prêts à la suivre pendant un voyage de 10 épisodes ?Elle embarque, simple serveuse qu’elle est, Aso Kumiko, mère au foyer dévouée à sa famille, en plein questionnement sur sa vie après la découverte de la tromperie de son mari. Haru la pousse alors à recontacter son premier amour en l’emmenant en road trip à Osaka.
Le spectateur devient donc le partenaire d’Haru, endossant malgré lui le rôle d’un docteur Watson inutile à travers les yeux de cette femme trahie.
Si retrouver l’hatsukoi d’Aso Kumiko constitue le fil conducteur du drama, chaque épisode reste d’un classicisme profondément ennuyeux pour un mystery drama. Même si l’Histoire d’Osaka, passion d’Haru dans la série, peut séduire, le tout est combiné à une visite de la ville très bien filmée, avec des faits historiques présentés sous forme animée ou reconstituée numériquement, embellis par des costumes et maquillages d’époque. On obtient alors une carte postale parfaite qui donne envie de visiter la ville et de ce plonger dans la littérature d'époque.
Pour le reste, on est dans le classicisme absolu. Haru est une Miss Marple imprégnée de Keigo. Aso Kumiko joue aussi bien la mère au foyer japonaise que Haru la Mary Poppins (encore) transgenre. Il y a bien une complicité entre les deux femmes, qui apporte un certain intérêt à la série, mais cela paraît assez suranné. D’autant que le manque de réalisme dans les crimes et les enquêtes, renforcé, comme toujours, par des policiers incompétents, n’aide pas à entrer dans cette histoire d’amitié entre femmes.
Dommage. Trop grand public, la série manque d’âme, même si la romance naissante entre les deux protagoniste peut avoir un certain intérêt. Mais elle reste parfaite pour découvrir l’histoire, les légendes et l’architecture liés à Osaka. Moi, j’ai déjà pris mon billet, en tout cas.
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Anciens élèves, nouveaux malaises
Si Takeuchi Ryoma a crevé le plancher et fait fondre toute la glace non encore atteinte par le réchauffement climatique en cette fin d’année 2025, il a su également se montrer touchant en amoureux largué par Kao, en quête d’indépendance culinaire dans l’excellent Jaa, Anta ga Tsukutte Miro yo.Infatigable, il reprend déjà le rôle d’un flic paumé dans un blockbuster qui prend la suite de 10Dance sur Netflix, taillé une nouvelle fois pour lui.
Après avoir sauvé la Terre des zombies, Kaoko de sa maman trop protectrice et son père du passé en reconstruisant un bateau, l’acteur japonais numéro un, ... dans la danse de salon, revient au genre ultra-galvaudé du childhood thriller.
À peine terminé le sympathique mais peu original Ii ko, Warui ko, j’aurais voulu voir autre chose qu’une enquête sur le passé d’une bande de copains se retrouvant vingt ans plus tard, déterrant des time capsules et autres secrets inavouables. Mais dès le premier épisode, on sent bien que le scénario de Saikai, Silent Truth va révéler plus et mieux que son prédécesseur automnal.
Finement amenés, les premiers indices vont rapidement poser les bases de personnages à plusieurs facettes. Loin d’être lisse, même l’héroïne principale, ancien, voire toujours, béguin du beau Ryoma, possède une personnalité inquiétante.
Le premier épisode suit donc la vie de Ryoma et Mao : entre flic paumé, traumatisé par une scène de son adolescence, et mère courage prête à tout pour son fils. Mais dès les premières minutes, la série sombre dans le malsain. Et pas seulement pour Seto Koji, encore une fois cantonné au rôle de faire-valoir du héros. Il est pathétique, il est inquiétant, mais pourquoi toujours lui, dans ce rôle ?
La réunion d’anciens élèves n’a rien de joyeux ici. Il faudra donc être prêt à accepter d’être confronté aux plus grandes bassesses humaines, mais également à la fragilité exagérée de Ryoma. Certes, il sera tiraillé entre son devoir, ses amitiés et ses amours passées, ce qui augure d’une série de haute volée.
Diffusée sur Netflix mais produite pour la chaîne Asahi, on nous épargne les raccourcis et le lissage international propre aux productions du streamer. Pas de production chiadée à grand renfort d’effets de caméra, mais la qualité est présente et largement au-dessus de la majorité des mystery dramas.
Malgré donc son pitch classique, Saikai nous promet de vibrer de toutes les manières, avec des acteurs de haut rang. Adaptée d’un roman à succès, je n’ose imaginer une baisse de régime.
Foncez les yeux fermés, mais gardez le secret. Ryoma est à nous,Hollywood pourrait nous le piquer. On va l’enfermer dans une boîte pour les vingt prochaines années, impossible qu'il en ressorte.
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