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  • Last Online: 1 hour ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Completed
Dr. White
2 people found this review helpful
Apr 15, 2022
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

La dame blanche

Dans les genres très codifiés des Dramas (Manga/Anime) on a parfois des crossovers inattendus, à des kilomètres d'un réalisme que nécessite une série médicale. Dr White est l'un d'eux. Adapté de romans relatant le mystère d'une (très) jeune médecin amnésique, découverte dans une forêt par un matin calme et lumineux. Alors qu'elle a oublié jusqu'à l'existence d'un distributeur automatique ou d'un smartphone, elle fait pourtant des diagnostics à la vitesse de l'éclair. Rien que par observation de la personne, en magnant le jargon médical mieux que le Vidal, si bien qu'on l'invite à exercer dès les premières minutes. Sans diplôme, vérification d'expérience ou même domicile fixe.

Un drama, par conséquent, qui aurait pu être ridicule, mais qui, grâce à des acteurs parfaits dans leur rôle, insufflent un réalisme inattendu. Et pourtant, leurs personnages sont comme souvent très caricaturaux. On croisera le beau médecin méprisant, le jeune interne sympa et surinvesti, le psy loser avec les femmes en général et la sienne en particulier. Sans oublier la jeune médecin cheffe qui doit faire ses preuves, vu quelle est la fille du directeur malade, bataillant contre le méchant chef de service de chirurgie, prêt à tout pour prendre la relève de son père. On a l'habitude de ce genre d'histoire qui veut que pour améliorer les soins de ce "petit" hôpital, on forme une équipe de personnes ne s'entendant pas. Rien d'original de ce côté, donc, et cependant, la présence des deux personnages principaux réussit à renouveler le genre.

Le journaliste médical, d'abord. Métier peu vu dans les dramas, même si on se demande quel est son rôle dans l'équipe d'analyse des cas médicaux. Le jeu de Emoto Tasuku est très intéressant, procurant de l'émotion au spectateur et s'interrogeant avec lui sur le personnage fort de la série, l'actrice Hamabe Minami. Valeur sûre pour un drama, depuis déjà de nombreuses années, alors qu'elle n'a que 21 ans ici. Minami Chan est une comédienne hors pair quand il s'agit de nous faire réfléchir, mais surtout de nous faire rire. Son joli minois cache en réalité un vrai réservoir à grimaces. Son regard, son sourire…, tout respire la perfection dans le jeu. Passant ainsi de professionnel de la médecine au regard intense, voir réprobateur envers ses collègues, à un enfant de huit ans, découvrant le monde qui l'entour.

On pense évidement à Good Doctor ou Doc, la série italienne pour la candeur ou l'amnésie. Mais ici, on est à un autre niveau. Celui de faire fi de tout réalisme scénaristique, médical ou même judiciaire, puisque la police rentre que très tardivement dans cette histoire de personne(s) disparue(s), dont les proches ne semblent pas plus s'inquiéter que ça. Et puis tant pis ! Ça fonctionne bien comme cela, même si la lourdeur de certaines scènes vues et revues dans le genre peut gâcher un peu le plaisir. Ce crossover Mystère/Médical est rafraîchissant et se regarde d'une traite.

Okazaki Sae ne joue pas de rôle médical, pour une fois, mais est très sympathique et rafraichissante en bonne copine. Alors que Takimoto Miori nous fait de la peine à peiner, justement, à faire ses preuves en tant que médecin chef et non plus fille à papa. Une sorte de rédemption après son rôle, très énervant, dans Shitteru Wife, qui la rend ici éminemment sympathique et humaine. C'est l'ambiance générale d'ailleurs, qui est vraiment enjouée et sympathique pour un mystery drama. Bien sûr, cela est dû à la présence de Minami Chan, mais également à tous ses seconds rôles habitués des situations grotesques qui les rendent précisément crédibles. Minami Chan insuffle de la joie de vivre à toute l'équipe et à nous même, confirmant son statu d'actrice majeur des comédies japonaises.

On termine sur la note musicale qui va bien, avec un Opening/Ending d'Ado. Histoire d'attirer l'oreille les éventuels jeunes restés scotchés aux vidéos TikTok alors que la série commence. De les ramener dès les premières mesures devant ce grand écran qui propose une Comédie qui vous fera réfléchir ou un Mystery Drama qui vous fera rire, c'est au choix. Finalement, au bout de quelques minutes, vous ne saurez plus ce que vous regardez, ... où vous vous trouvez et qui vous êtes. Comme perdu au milieu de cette forêt à regarder dans le vide.

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Completed
Watashi Danna o Shea Shiteta
2 people found this review helpful
Nov 1, 2020
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 7.0

Drôles de D(r)ames

Avec une affiche aguicheuse et un pitch pour le moins racoleur, on hésite avant de pousser la porte de ce drama. Dans la tête de beaucoup de mâles japonais, le rôle de la femme étant encore trop souvent celui de rester à la maison et de s'occuper bien sagement des enfants pour accueillir avec un grand sourire son mari, le soir venu. Quand on nous dit que 3 d'entre elles vivent avec le même homme sans le savoir, sont amoureuse follement de lui, même après avoir découvert la vérité et chercheront par tous les moyens à récupérer la récompense destinée à celle qu'il aimait le plus, je dis danger, écœurement sexiste, passe ton chemin. Eh bien non ! Avec subtilité (ou pas) les scénaristes arrivent à nous faire rapidement changer de point de vue sur les nombreux stéréotypes féminins de la série. Et des stéréotypes, ça il y en aura : working girl, sportive, femme flic, maman poule, etc ... Mais loin d'être des succubes assoiffée d'argent, elles montrent leurs failles et on ne peut s'empêcher d'avoir de l'empathie pour elles. Cela est dû à une très bonne écriture et un jeu d'acteur parfait. Même si les méchants sont vraiment très, trop, méchants. Koike Eiko est merveilleuse et tient la palme des expression de visage empathique. Elle rattrape amplement son rôle catastrophique dans "Gourmet Detective". Mention spéciale aux enfants et carton rouge à Natsuki Mari qui tient le foyer pour mères célibataires comme une gouvernante d'un manoir du 19e siècle. On n'y croit pas une seconde, surtout qu'elle prend rapidement la posture trop usée des maitres de cérémonie des séries d'enquêtes à la japonaise (mais si..., celles ou détective Conan détaille ou pose les questions à la fin, par exemple)Car c'est bien une série policière, empreint de mystères et de secrets à laquelle on a affaire. Beaucoup plus morale, même pour nous occidentaux qu'il n'y parait au premier abord. On dénoue les ficelles avec les héroïnes, avec parfois un peu d'humour, pas mal de stress mais toujours beaucoup d'émotion. Des longueurs malheureusement, avec les derniers épisodes et une fin qui ne satisfera pas tout le monde, mais un sujet traité de manière assez original et avec la finesse qu'on pouvait attendre des Japonais, surtout que les mères célibataires est un vrai sujet de société là-bas et je crois que cette série participe grandement à mettre en lumière de manière positive ce problème. D'ailleurs j'encourage les hommes à regarder attentivement la série, un hymne à la femme, la parentalité, la vie ...

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Ongoing 8/10
Extremely Inappropriate!
3 people found this review helpful
Apr 3, 2024
8 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

showa chome chome wok party

L'incroyable quantité de productions faisant la part belle aux voyages dans le temps me rend extrêmement méfiant face aux plagiats du seul chef d'œuvre du genre: la série des "Retour vers le futur". Mais le parti pris de Futekisetsu ni mo Hodo ga Aru ! donne vraiment envie de repousser les limites du genre. Entre Mama Mia, le film, pour tout un tas de raisons, et une plongée nostalgique dans le meilleur de l'ère Showa: les peu recommandables années 80.

Ewook-isme
Le réalisateur de l'excellent Ore no ie no Hanashi c'est une nouvelle fois donné à cœur joie, pour dépeindre la famille japonaise et la société d'aujourd'hui en nous faisant rire, pleurer et interroger sur ses dérives . "D'aujourd'hui", car c'est à travers le prisme des années 80 que le wokisme associé, la retenu dans les sentiments et l'honnêteté nous sautent au visage comme un diable qui sort de sa boite.

Le pire contre-attaque.
Dans Ore no ie no Hanashi, Nagase Tomoya incarnait avec beaucoup d'humour et de tendresse un fils qui aurait pu renoncer à ses rêves au vu du poids d'une succession et de traditions familiales. Ici, Abe Sadao nous donnera tout autant d'émotions positives en incarnant ce père veuf et fou de sa fille (à l'instard de l'excellent Oyabaka Seishun Hakusho), éprise de liberté dans ces années de folie qu'on été la fin de l’ère Showa. Alors que le paternalisme semble poussé à l'extrême, on se délecte de voir les comparaisons avec le monde "dit" moderne et cette sensation que Abe Sadao est un homme de Cro-Magnon dans le Tokyo de 2024. Mais loin de vouloir répéter les leçons assenées quotidiennement dans les médias depuis "me too" à grand coup de "c'est mieux maintenant, mais le combat continue", on progresse dans les épisodes, en changeant régulièrement d'opinion sur ces deux périodes, celle d'aujourd'hui et celle de de papa. Même si je reste attaché à la période qui m'a vue grandir, celle de la Famicon et de Dragon Ball, le paternalisme et la place de la femme dans la société n'ai pas a regretter. À part pour quelques autoproclamés masculinistes, trop chouchoutés par leur maman et admirateurs d'un père vautré sur le canapé, laissant madame faire toute seule la vaisselle, l'éducation et les courses. Les travers de notre société, comme l'isolement, le refoulement des sentiments, l'incapacité de donner opinion et nos envies sans la peur d'être juger et le lissage permanents des différences nous devient tellement étouffants à travers le prisme de ce 50naire aux idées bien arrêtées.

Humour et Karaoke
Les situations de quiproquos sont nombreuses. Sans compter le choc quasi culturel entre les japonais de 1986 et 2024. Les profs fument (et pas qu'un peu) devant les élèves dans les salles de classe. Les brimades sont permanentes. En particulier de la part des aînées (professeurs, senpaïs, ... ) et remettent un peu en perspective le flot incessant de situation de harcèlements "made in 2024" C'est au départ ce qui m'a le plus choqué et j'en ai un peu honte. Les pseudo-potiches en permanence en maillots de bains dans les émissions TV, mon effectivement, moins posé problème. Mais heureusement certains personnages nous rappellent à l'ordre. Le corps de la femme comme un produit à mis du temps a disparaître. Mais a-t-il seulement disparu ou pris une autre forme plus pernicieuse ? Vous l'avez compris c'est avec humour et une certaine forme d'art que les messages passent dans cet également excellent brûlot du showbiz actuel. Et tout comme Oshi no Ko, c'est en chanson que l'art et la critique s'expriment le mieux. Au delà du Karaoke, chaque épisode est parsemé d'un Omake rappelant toutes sortes de comédies Musicales, Mama Mia ou La La Land en tête. La production prend des risques, en introduisant de longs moments chantés. Mais aussi sur l'utilisation sans filtre du vocable des années 80. Même si le wokisme revient toujours par la petite porte, avec de très présents avertissements textuels, s'excusant d'utiliser ce vocabulaire. À moins que ce soit encore pour ce moquer du wokisme. Vous apprendrez donc tout un tas d'expressions, comme Chome Chome, qu'il faudra utiliser avec prudence en 2024. Mais loin de la lourdeur attendue aux vus de ces derniers mots, vous comprendrez que les apparences sont trompeuses, comme dans ce scénario alambiqué qui fait à lui tout seul le sel de cette excellente comédie.

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Dropped 6/10
Fermat's Cuisine
5 people found this review helpful
Dec 17, 2023
6 of 10 episodes seen
Dropped 5
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 8.0
Music 8.5
Rewatch Value 7.0

Équations indigestes

Le pitch de cette énième adaptation épique d'un manga culinaire, vous met l'eau à la bouche tout en vous laissant sur votre faim. Un peu comme cette cuisine française qu'affectionne tant Takahasi Fumiya. Excellent acteur, festin pour les yeux par sa bogossitute, mais qui sait aussi vous régaler les papilles 'in reel life' sur les réseaux sociaux. Au menu de ces 10 épisodes culinaires, des maths, un restaurant gastronomique à faire tourner, des maths, des 'oishii' exagérés pour des pâtes au ketchup, des maths, d'excellents acteurs qui jouent mal et enfin des maths. Attention donc à l'indigestion.

En vrai, ce ne sont pas les maths qui risquent de vous donner des lourdeurs. Celles-ci ne sont qu'un prétexte cosmétique avec des chiffres qui s'envolent et de belles équations qui apparaissent en 3D CGI. Mais je cherche encore après plusieurs épisodes le rapport maths/cuisine dans cette série. Car on est plus dans la chimie de la cuisine moléculaire adaptée aux Pastas à la Napolitan qu'aux équations différentielles. Surveiller les températures des… Couverts, ou de l'eau qui bout, est loin du théorème de Fermat. On a beau nous montrer des chiffres virevoltants autour de notre héros, même dans le Numbers des années 2000, y avait plus de maths par épisode. Le petit génie remplit, en flashback, des sudokus et colorie des quadrillages au collège, ce qui reste léger pour oser citer Fermat dans le titre. Si les japonais vouent un culte à notre Pierrot national, dans beaucoup de mangas Nozonozo, la cuisine française en est pas moins sublimée dans ce média. Notre grand chef en devenir sera donc initié à la magie de celle-ci, après avoir laissé tomber celle des carrés magiques. Entouré de son mentor, le trop beau Shison Jun, qui surjoue son rôle de protecteur/mentor et d'une Koshiba Fuka
qui surjoue, elle, son rôle de rival vénère. Quelques déceptions, donc, pour ces acteurs qui généralement sont empreints de dérision sur eux-mêmes. D'ailleurs toute la série se prend trop au sérieux comme ces restaurants guindés où la Haute Société se retrouve en extase devant trois petits poids et 10 serveurs autour d'eux. Tout ce que je déteste dans la cuisine est dans ce Drama. Dommage, j'adore les maths et pour cause, je les enseigne..., mais la cuisine gâche tout.

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Ongoing 4/8
Coffee Ikaga Deshou
6 people found this review helpful
May 2, 2021
4 of 8 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 8.5

Pause café

J'aime le café ! Alors un drama adapté d'un manga sur ce thème principal ne pouvait que me faire titiller les narines. En rôle principal Nakamura Tomoya, au sourire ravageur et toujours aussi fin gourmet. On peut dire que les producteurs ont mis le paquet pour séduire la Working Girl trentenaire et célibataire. Et pour cause, tirée d'un Josei Manga, genre encore peu connu en France, cette histoire est destinée en particulier à la gent féminine urbaine de cette tranche d'âge, fortement célibataire et indépendante. Le premier épisode ne trompe pas. Nakamura Tomoya s'installe avec son minuscule Foodtruck sur le parvis des grands bureaux de Tokyo ou Yokohama accueillant à l'heure de la pause les offices lady au caractère les plus divers.

Assez Cheap dans la production, on retrouve l'ambiance surannée de Gourmet détective et des clichés que les Japonais adorent tant envers la bouffe occidentale et tellement Rome -Antique. Ici, c'est le café, préparé avec lenteur et classe qui fera fantasmer les papilles du spectateur.

Chaque épisode est scindé en 2 histoires de 20 min accueillant de nouveaux protagonistes à chaque fois. Le fait d'être un ambulant favorisant ce scénario. En regardant le 1er épisode on peut donc imaginer vite se lasser de ce genre de non-événement. L'héroine, power-harassée par son patron, la trouvant désuète dans son travail de secrétaire, mais trouvant réconfort auprès de Nakamura, plus désuet que lui tu meurs. Mais plusieurs indices montrent que l'histoire peut prendre de la consistance rapidement. Même s'ils sont très mal distillé (un peu lourd, dirons-nous).

Beaucoup moins rose qu'il n'y paraît le monde de Nakamura devient bien sombre au fil des épisodes. Une véritable dark story nous faisant sortir totalement de la zone de confort ouateuse mise en place émerge au bout du 3e. Voilà pourquoi il ne faut pas se priver de gouter à ses délicieuses préparations sous prétexte d'un genre littéraire réservé aux secrétaires en mal d'évasion.

Un autre atout de la série, c'est son casting, qui ne met pas seulement en avant le plus beau sourire de la Tokyo TV, mais rassemble autour d'une bonne tasse de café la crème des acteurs de la télévision japonaise. J'en dévoile pas plus, mais quel bonheur de retrouver Adachi Rika ou Kanjiya Shihori rien que dans le premier épisode. Kaho par contre qui tient le rôle féminin phare manque un peu de prestance, mais elle peut encore prendre de la consistance au fil des épisodes. Une fois de plus la performance de Takito Kenichi vous enchantera ou vous agacera, à condition d'arriver à la reconnaître.

Voyager dans les rues de Tokyo grâce au van de notre Jacques Vabre est aussi un bonheur pour le petit français de province à qui marcher dans ses rues manque tellement. Une musique ultra répétitive de style reggae semble à tout moment vouloir rappelé d'où vient le café et pourra donc irriter. Mais elle ne vous sortira plus de ma tête au bout de deux épisodes, alors pourquoi bouder son plaisir.

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Ongoing 5/12
Don't Call It Mystery
10 people found this review helpful
Feb 8, 2022
5 of 12 episodes seen
Ongoing 2
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 9.0

L'étrange disparition de mon coiffeur

Un drama avec Masaki Suda en tête d'affiche est toujours un événement. Et quelle tête… pour cette affiche ! Car c'est avec ce gros plan outrancier sur les flyers promotionnels que les producteurs cherchent à attirer la (le) Fan. Non pas dans la mise en avant de son charme excessif, mais dans celle de son énième expérimentation capillaire. Et elle touche, ici, au crime au fer à friser. Véritable insulte à tous les quarantenaires dont je fais depuis longtemps parti et qui n'ont pas eu besoin d'un coiffeur depuis des siècles. Cet air hautain sera la marque de fabrique de Kunou Totono, le rôle d'étudiant en psychologie détaché de tout problème matériel et physique, mais obligé de résoudre malgré lui ceux de ses congénères. Une leçon d'acting qui rendra encore plus jaloux ceux qui trouve Suda Kun vraiment trop gâté par la nature. Beaux-drôle-sympa- talentueux acteur et chanteur à tube. On aimerait tellement qu'il ait une face cachée, qu'il soit arrêté par la police pour soupçon de meurtre, par exemple.

Eh bien, votre vœu est exaucé. Car c'est exactement ce qui lui arrive dans le 1er épisode de Mystery to Iunakare. Cette adaptation d'un manga de détective n'a à priori rien d'originale. La police japonaise débordée par son incompétence habituelle, fait appel à un jeune étudiant très renfrogné, mais surtout extrêmement "donneur de leçons". Son air pompeux et sa franchise seront son Skill, puisqu'il en faut un dans tout bon drama/Manga d'enquête. Et c'est là que la série devient intéressante. Le mépris, malgré lui, que peut insuffler notre héros à son interlocuteur amène des situations d'une drôlerie sans nom. Des répliques à mourir de rire se percutent avec des réflexions profondes en psychologie et sur la nature humaine. Les leçons en longs monologues donnent l'impression que notre héros s'écoute parler, mais il touche à chaque fois en plein cœur l'accusé, la victime ou le policier aux abois.

Masaki Suda à la classe avec ses frisettes et son écharpe à la Harry Potter. D'une voix calme, et d'un regard perçant il déblatère les pires horreurs sur la personne en face de lui. Mais il redevient un enfant de 5 ans, quand il brule de jalousie envers la coupe de cheveux d'un autre personnage aux cheveux raide. Ou qu'il est dérangé à chaque fois qu'il s'apprête à faire un Curry…, son seul passe-temps. Aucun autre acteur n'aurait pu aussi bien tenir le rôle. Si bien, qu'il devient difficile pour les seconds rôles de se mettre en avant. Pourtant, le choix du casting tient la route. Quelques vieux briscards plus connus, comme Endo Kenichi (Radiation House), Morishita Yoshiyuki ou Kohinata Fumiyo font des apparitions ou jouent un rôle majeur, mais la plupart des autres acteurs ne sont pas (encore) vraiment bankable. Et vous vous surprendrez à dire tient, il joue aussi dedans celui-là. On est néanmoins en face d'une grosse production. Mais Suda-Kun à dû partir avec la caisse.

Il a dû laisser peu de yen, car certains choix budgétaire sont étranges. Ces airs de musiques classiques appartenant au domaine publique, trop connues et utilisées à outrance qui fonctionnent toutefois, par exemple. Renforçant le côté pompeux de notre héros. Certes, il y aura d'autres thèmes et un ending de toute beauté par King Gnu, mais pas d'opening, même pas un générique. Il est vrai que le montage continue dans le bon marché. Ces noms de protagonistes sur fond noir (la personnalité est dans les Kanjis, je sais) à chaque fois que Totono commence son analyse psy, par exemple. Ses images de reportages ou de journaux, genre tuto 3DMaker, dont les Japonais raffoles. Mais tout renforce une ambiance académique et on apprend un tas de chose sur la psychologie humaine. Les seconds rôles viennent demander conseil et ils tombent en analyse malgré eux. Ils sont touchants ou drôles, mais cela se termine un peu trop souvent en torrents de larmes.


Le 4e mur est régulièrement brisé, avec un mépris des Dramas pour notre héros préféré. Ce moquant des situations convenues. Et pourtant, les situations se répètent. Comme dans ses mêmes dramas. Pouvant, par la même, devenir lourdes, vu en plus les ficelles, pardon les cordes pour les amener. Des lieux communs, comme le manoir, l'interrogatoire, la bombe à désamorcer et en même temps, beaucoup de maux de la société moderne sont abordés. Suicide, harcèlement, infertilité… On passe du coq à l'âne, mais bien écrit comme un livre de philosophie

Le découpage reste déroutant pour une série. Affaire résolue à la moitié de l'épisode et la suivante commence immédiatement, alors qu'il ne reste que 10 min. Du coup difficile de s'arrêter à la fin d'un épisode. On la suivra donc en binge watching. Marque d'une grande série, piloté par un acteur qui à coup sûr est destiné à une grande carrière internationale. À condition qu'il coupe cette tignasse…

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Completed
Copycat Killer
1 people found this review helpful
Mar 8, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 10
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

Perfect Red !

S’il a été chroniqué des dizaines de fois depuis 2023, je me suis fait un point d’honneur, en tant que débutant dans les C-dramas, de remettre en avant ce chef-d’œuvre des thrillers psychologiques. Violence extrême et corps mutilés cachent une série de haut rang, bien plus épaisse que les litres d’hémoglobine qui rempliront l’écran. Copycat Killer, malgré son titre peu engageant, montre à quel point la nature humaine est complexe et que, si rien n’est tout blanc ou tout noir, la zone entre les deux n’est pas grise non plus, mais bien rouge sang.

Effectivement, dans ce que j’ai vu de meilleur de toute ma vie en polar psychologique (si, si…), ce n’est vraiment que le titre, digne d'un roman de gare des années 90, qui engage peu à la vision de l’œuvre. Asséner à chaque générique que l’histoire est tirée d’un roman de la Japonaise Miyabe Miyuki, déjà adapté deux fois dans les années 2000, suffit presque à nous rendre suspicieux quant à la qualité de l’œuvre, tant le marketing de Netflix veut souvent cacher la médiocrité d’une réalisation (d'un remake) que l’on n’a pas encore découverte.

Mais que nenni ! Rappelons que la première œuvre littéraire de la sensei n’est rien d’autre que Perfect Blue en 1989, qui donnera plus tard l’adaptation culte du regretté Satoshi Kon. Impossible de citer depuis toutes ses œuvres et leurs adaptations à la télévision ou au cinéma. Du thriller au livre jeunesse, on pourrait penser qu’après plus de quarante ans passés à écrire, ses dernières participations puisqu'elle a été intégré au script, ne donneraient plus forcément lieu à des adaptations passionnantes. Mais c’est tout le contraire. Elle propose dans cette oeuvre une vision du monde actuel, médiatique, judiciaire et sociétal d’une finesse et d’une justesse assez effrayantes, mettant complètement au second plan l’aspect gore du genre.

C’est d’autant plus frappant que les faits se passent dans la réalité des années 90, celle où l'opium du peuple roi n’est pas encore Internet et ses réseaux sociaux, mais la télévision et ses émissions trash, sensationnalistes et poubelles. Et je mets évidemment le journal télévisé dans la corbeille. Bien sûr, les dérives du journalisme spectacle ont été maintes fois décrites, mais rarement à ce niveau d’excellence.
L’excellence n’est pas seulement dans la perfection du scénario et de l’écriture, mais aussi dans le casting et l’interprétation. Chris Wu en procureur tourmenté mais tellement cool, Alice Ke en psychologue pleine de doutes tout comme les doutes qui habitent l'excellente Cammy Chiang. Du 4 étoiles dans le casting et dans la réalisation.

J’ai beau retourner la série dans tous les sens, je n’y vois aucune fausse note. Certains diront que les suspects ne sont pas assez surveillés, d’autres que les potentielles victimes ne sont pas assez protégées, par rapport à la réalités des faits. Mais le format de série nécessite des raccourcis temporels, judiciaires et géographiques. Pensez à toutes ces enquêtes réelles qui durent des années pour confondre le véritable coupable. Les potentielles victimes peuvent elles êtres protéger 24h sur 24h pendant des mois et mois. Bien sûr, en quelques heures (plus de dix heures quand même, sans l’arnaque habituelle d’un générique Netflix pour prolonger artificiellement 38 minutes par épisode), les raccourcis sont inévitables. Le procureur qui arrive toujours cinq minutes après l’agression alors qu’il a déjà un suspect qui pourrait être sous surveillance , c’est pour créer une tension dramatique, quitte à salir un peu le réalisme.

Sale sera également le mot qui vous viendra le plus souvent à l’esprit tant certaines scènes gores sont difficilement supportables. C’est peut-être le seul point vraiment rouge de la série. Trop rouge pour être conseillé à tout le monde, ce qui fera vraiment passé la majorités des clients de Netflix à côté de la série.
Si la chronologie des épisodes et des événements spoile le scénario et décevra forcément les adeptes du binge-watching, la force première de la série n’est pas de vous retourner sans arrêt la tête, mais bien la psychologie des personnages. Tout comme dans Perfect Blue il y a 35 ans, l’autrice décrit la nature humaine comme personne. L’image que l’on renvoie, notamment à travers les médias, les dérives de ceux-ci, la justice, la nature humaine, les thèmes chers de l’autrice depuis sa première œuvre littéraire sont ici dépeints sans pareil, faisant de Copycat Killer le mètre étalon de bien des genres psychologiques, devançant le Silence des agneaux ou de Seven au panthéon des thrillers des années 90. ça tombe bien on y replonge avec délectation ici et une fois de plus on dira que : "C'était pas mieux avant".

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Completed
This Is I
1 people found this review helpful
Feb 26, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 9.5
Rewatch Value 7.5

I am what Ai s'aime enfin

Un film qui apporte de la gay-té dans la morosité ambiante n’est jamais à sous-estimer. Les minorités, qui pendant des siècles ont vu enfin leur combat donner des avancées dans de nombreux pays, commencent aussi à sentir les reculades dues à la montée de la droite dure et du masculinisme portés aux nues par les réseaux sociaux.

Mais cette histoire, inspirée de la vie de Haruna Ai, vous parle d’un temps où la radio, les journaux et surtout la télé faisaient l’opinion. Celle de l’ère Shōwa et Heisei, où rien ne présageait d’un retour en arrière aussi violent, pour les minorités , qu’à l’époque du maccarthysme.
Le Japon n’a jamais été une terre de tolérance pour la communauté transgenre, et c’est avec légèreté pourtant que la vie de Ai est racontée ici. Sous la forme d’une comédie musicale, bizarrement avare de scènes de danse et de musique sur une trop longue durée de 2 h 10. Bien sûr, ces moments de joie sont stylisés et sucrés à souhait. Mochizuki Haruki, mineur encore à l’époque du tournage, endosse la vie et les âges de Haruna Ai avec brio. Il interprète en lip-sync les standards de Princess Princess ou de Seiko Matsuda avec grâce et énergie, tout en maîtrisant la danse.
Osaka ressemble alors à un épisode de City Hunter où les couleurs de votre tube cathodique RVB sont poussées à 100 % chacune. Mais ces moments sont, à mon sens, trop peu nombreux pour le genre, gâchés par un réalisme certes nécessaire, mais conduit dans une ambiance de fin du monde un peu trop exagérée.

Je parle bien sûr de la relation de Ai avec le Dr Wada, surjoué, une fois n’est pas coutume, par Saitō Takumi. Avec tout son talent (et ses tics) , il produit ici un chirurgien plasticien torturé qui opère dans des conditions proches d’un trafiquant d’organes au Laos, reléguant le Japon des années 90 à un pays sous-développé, pas seulement du côté des avancés sociales. Je ne sais évidemment pas ce qu’a subi notre héroïne dans sa vraie vie, et c’est peut-être ainsi qu’elle a ressenti les choses. Mais tant qu’à faire, j’aurais préféré des scènes de chant et de danse dans le bloc plutôt qu’un yin-yang permanent entre les aspirations rose bonbon de Ai et ces opérations glauques, qui peuvent être ressenties comme une publicité MAGA contre l’avortement, afin de dissuader les personnes voulant transitionner de sauter le pas.

Mais ce n’est que ma propre opinion. N’étant pas directement touché par le sujet, je trouve le film maladroit et peu profond. Mais comme il a été validé par la protagoniste principale, qui fait un beau caméo, mais également par Nakamura Ataru, autre figure transgenre au Japon, je suppose qu’il ne trahit pas la cause.
Ce film, malgré ses longueurs et ses lieux communs comme la confrontation avec sa famille, fait le job. Il divertit, il peut informer, il procure de l’émotion, mais aussi de l’énervement face aux raccourcis médicaux et temporels (on m’opère, je suis en pleine forme). Dommage qu’il soit destiné avant tout aux Japonais, car la révélation dès le départ de la fin ne fait aucun doute sur la trajectoire de Ai. Plus de suspense aurait été bienvenu pour l’international, il aurait rentré le film dans une autre dimension. Ici, il ne fait que rallonger la longue liste des biopic loupés du cinéma.

Car si le Japon commence à peine son mea culpa face aux minorités, le monde occidental a bien besoin d’une piqûre de rappel (de botox ?) de toutes les avancées sociétales qu’il veut maintenant transformer en reculades. Si en plus elle est injectée par notre "docteur mamour" préféré, Saitō Takumi…

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Scandal Eve
1 people found this review helpful
Jan 15, 2026
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Dix pour cent, tous pourris

Après avoir réalisé Radiation House ou Good Doctor il y a quelques années, il semblerait que Kanai Hiro se spécialise désormais dans les kisha drama. Ces séries où un journaliste revanchard, en quête de vérité dans un monde gangrené par l’argent et le pouvoir, est le seul à pouvoir, et vouloir, la faire surgir.
Mais l’obsession qu’ont les médias à se regarder le nombril commence franchement à me fatiguer. Et celle de vouloir nous faire croire qu’ils sont en pleine remise en question risque surtout de nous faire fuir. Oshi no Ko, Love on Trial ou l’excellent Oshi no Satsujin, pour ne citer que les plus récents, ont déjà dénoncé avec plus ou moins de finesse les dérives des mass médias et du showbiz japonais, en ayant, je pense, tout dit. Sans compter que ce constat avait déjà été mis en exergue dans Perfect Blue en 1997, lui-même adaptation d’un roman sur le monde des idoles sorti en 1991. Alors, 35 ans après un des premiers mea culpa de la profession, Scandal Eve a-t-il vraiment quelque chose de plus à nous montrer, ou sommes-nous totalement anesthésiés par cette déferlante de fausses remises en question ?

Le showbiz va mal, le spectateur consommateur ne s’intéresse qu’aux scandales. Alors, avec son cynisme habituel, la bête réalise un nième brûlot faisant semblant de dénoncer ce qu’elle contribue à alimenter. La bête se nourrit d’elle-même, sorte d’inceste sans fin. Et après avoir vu les six épisodes, je reste dubitatif, surtout si l’on s’attarde sur les quinze longues dernières minutes d’autosatisfaction qui concluent la série.

Pourtant, elle possède des qualités. Déjà, le format en six épisodes permet de ne pas s’étaler, et la série se concentre sur un nombre limité de personnages, joués avec maîtrise. Dommage que les « méchants » soient un peu trop caricaturaux dans leurs regards inquiétants, leurs grimaces ou leurs postures. Des yakuzas aux hommes de main, des patrons jusqu’à la grande antagoniste, identifiable dès les premières minutes. Mais rien n’est définitif. Les personnalités se dévoilent progressivement, et plusieurs rebondissements relanceront l’intérêt de la série. Sans temps mort, on suit l’enquête du point de vue des deux personnages principaux.

D’abord Kawaguchi Haruna, en journaliste à deux facettes, semblant chercher le scandale mais dont le but est tout autre. Et Shibasaki Kou, parfaite en agente d’acteurs, donnant tout son temps, et sa santé, à ses "talents", qui ne le méritent pas forcément. Un mélange entre Dix pour cent et Caster, également réalisés par Kanai Hiro.

On sent bien, dans la plupart de ses dramas, son obsession pour la quête de vérité journalistique mais aussi pour les dérives des mass médias. Ici, la série se penche sur le point de vue de l’agence et, en particulier, de l’agente, ce qui renouvelle légèrement le genre et apporte une fraîcheur bienvenue. Dommage, justement, que la multiplication des intervenants finisse par ne plus laisser suffisamment de place au développement de son personnage. À l’inverse, c’est Kawaguchi Haruna qui prend progressivement de l’importance, ramenant la série vers les classiques kisha manga.

Une série qui résume en six épisodes l’ensemble des productions du genre de ces trente dernières années, réalisée de main de maître. Elle permettra aux non-initiés de rattraper leur retard dans un univers passionnant, mais terriblement prévisible, tout en passant un bon moment.

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Completed
Murderous Encounter
1 people found this review helpful
Jun 19, 2025
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 9.0
Rewatch Value 9.0

L'amour, une énigme pour le sphinx

Voilà un couple que je rêvais de voir réuni dans un drama.
Shison Jun et Kishii Yukino étaient faits pour se rencontrer. Si Jun m’énerve passablement dans ses rôles d’Asian lover, force est de constater qu’il réussit toujours la bascule du côté obscur. Et si l’amour unit ce couple impossible, la noirceur de l’âme et des actes est au cœur de cet excellent thriller rempli de trauma et d'amour. Certainement le meilleur du printemps 2025.

Ma passion pour l’actrice Kishii Yukino m’aveugle probablement dans mon jugement. Tout comme elle qui est touchée par la gentillesse, l’humour et l’éternel sourire adolescent de Jun, je refuse peut-être de voir l’évidence, pendant presque toute la série. Tout accuse son boyfriend dès le premier épisode : les preuves sont là, sous nos yeux, les motokare l'avertit, toute la police de Tokyo a réuni les indices…, mais non, ils passent du temps ensemble, à l’aquarium, au parc d’attractions, comme deux adolescents découvrant leurs premiers émois. C’est ça que j’apprécie chez Yukino-chan : sa fraîcheur, parfois sa candeur, mais elle apporte souvent la dose de bonheur nécessaire dans ses rôles quand on lui en donne les moyens. Et son partenaire est un miroir grossissant parfait.

Mais comme tous ces miroirs, il déforme la réalité, et très vite, on est perdu dans les sentiments, comme l’ensemble des personnages. Si on ajoute aux scènes de crime, horribles et dérangeantes, une jalousie sans fin, portée par des triangles amoureux impliquant bien trop de protagonistes, la confusion règne quasiment jusqu’au dernier épisode. Une vraie série qu’on a envie de binge watcher tant les retournements et les contradictions sont omniprésents, mais toujours sans tomber dans l’outrance. Les sentiments paraissent réels, ainsi que les rictus, trop fréquemment surjoués ailleurs pour donner un côté inquiétant à un personnage qui ne l’est pas du tout. Et c'est pourtant juste un manque dans une histoire, parfois un peu longue à mener sur 10 épisodes. Je pense au récent Kujaku no Dansu, trop diluer pour le rendre passionnant.

Mais ici, bravo à la scénariste et à la réalisatrice, qui ont l’intelligence de mener de front l’enquête autour du tueur en série et la romance, en rendant les deux aussi intéressants que réalistes. Komuro Naoko a quand même été aux commandes d'Anata no ban desu ou du moins estimé Shinhanninflag. Des références dans les retournements de cerveaux. Si certain(e)s diront : « Non, moi, je le quitte tout de suite ce cinglé » face à une mise en scène mal menée, ici, on est vraiment au cœur des relations et des hésitations. Ne pas fuir devient une option envisageable pour beaucoup d’entre nous. Certains acteurs forcent un peu leur jeu, les rendant du coup inquiétant plutôt par leur manque de naturel : l’enquêtrice, l’infirmière, le livreur, j’en passe et des meilleurs. C’est la loi du genre, mais je trouve qu’ici ça passe mieux, avec en plus une Morita Misato touchante par son manque d’assurance et son côté coincé.

Vous l’avez compris, les acteurs transcendent une histoire qui aurait pu être banale. Une série de crimes dans Tokyo, la routine, quoi… Il faut en avoir vu des enquêtes pour comprendre la spécificité de cette production. Je peux vous dire, sans que je sois à la recherche d'un scoop, qu’on est ici dans ce qu'on fait de meilleur.

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Completed
Youkai Sharehouse: The Movie
1 people found this review helpful
May 1, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

L'IA ne passera pas par mio

Dans la grande tradition des films de fin de série, Yokai Sharehouse : The Movie reprend et termine, tout du moins en apparence, le sitcom entamé en 2020 et mettant en avant notre petite gaffeuse Mio, jouée par la toujours excellente Koshiba Fuka. Ne vous y trompez pas ! Sitcom, cela était, sitcom cela reste, dans ce qui n'est finalement qu'un long épisode de 1 h 45.

Pour ma part , j'ai dû attendre trois ans pour visionner cette suite, car malgré les VPN et les plateformes, il est toujours difficile en France de regarder les films tirés de séries — question de droits, évidement, surtout pour les films de la Toeï. Et pourtant, je me souviens m’être réjoui de son annonce à la fin de la saison 2. Ne vais-je, donc, pas être trop déçu ?

Je rappelle quand même que, seulement six mois après son annonce et la fin de la série Oshi no Ko sur Prime, le film vu, je reste toujours sur ma faim, avec la même envie de vengeance envers les producteurs qu’Aqua envers son père.

Bien sûr, je n’attendais ici, ni grands effets spéciaux ni leçon de maquillage. Et on peut dire que je n’ai pas été déçu. Pur produit de la période COVID, Yokai Sharehouse reste un sitcom cheap, et il l’assume pleinement. Les FX et maquillages font toujours autant rire — voire peur — mais pour de mauvaises raisons. Le lieu quasi unique qu’est le salon nous fait toujours autant penser à Friends, et on adore encore avec nostalgie les "inserts" façon petit théâtre de papier d’horreur. Même si ceux-ci sont ici bien trop absents.

Et pour cause : le thème principal est l’IA et les applications de "boyfriend virtuel", encore plutôt rares en Europe, mais qui faisaient déjà beaucoup parler d’elles en 2022. Et c’est là que le film devient intéressant. Au regard de l’IA de 2025, omniprésente, le film entre étrangement en résonance avec notre quotidien, malgré son apparente absurdité pour les non-initiés.

Effectivement, le novice ne comprendra rien et trouvera l’ensemble grotesque, voire idiot. Tout comme, dans les années 60, on pouvait tomber par hasard sur un épisode de Ma sorcière bien-aimée et ne rien y comprendre. Mais le fan, le vrai — celui qui est en train de dévorer ces lignes (on peut rêver)— sait apprécier le retour de tous ces personnages auxquels il s’est tant attaché.

Le novice devra donc accepter sans explication la situation d’une jeune reporter vivant dans un temple rempli de yokai losers et cosplayés, parfois dépressifs ou alcooliques. Car, contrairement à Oshi no Ko, on n’a pas droit ici à une heure de récapitulatif. Et c’est tant mieux.

L’histoire, centrée sur ces applications de "boyfriend virtuel", parvient à nous interroger sur notre rapport affectif à l’IA. Et cela, un an avant la sortie de ChatGPT. Je ne parlerais pas d’œuvre visionnaire, car au pays des robots et des yokai, cela fait bien longtemps — pour ne pas dire des millénaires — que sentiments et ressentiments habitent tout être et toute chose, animée ou inanimée. La religion shintoïste permet donc un parallèle entre ces deux mondes : celui d’aujourd’hui avec l’IA, et celui d’hier avec les yokai.

"Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme ?" : cela fait bien longtemps — au moins depuis Astroboy — que les Japonais ont tranché. L’IA a une âme. On peut donc s’attacher à un personnage virtuel, jusqu’à vouloir l’épouser et pleurer sa disparition.

Vous aurez donc, tout en vous moquant des costumes ou du jeu de certains, de véritables questionnements philosophiques essentiels en 2025. Je recommande donc chaudement la vision de ce film, après celle des deux ou trois premiers épisodes de la série, histoire de se mettre dans le bain. Une série qui dépeint si bien le monde — réel ou virtuel — dans lequel vivent les jeunes Japonais et bientôt vous.

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Completed
Himitsu: The Top Secret
1 people found this review helpful
Apr 12, 2025
11 of 11 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 9.0

Ne le dis à personne... mais c'est le meilleur

J’ai un secret. Le meilleur thriller de 2025, en termes d’originalité scénaristique et de mise en scène… ne date pas de 2025. Il ne date même pas d’il y a cinq ans, comme la science nous permet de remonter dans nos souvenirs. Il est même plus ancien que cette première adaptation en film de 2016, ou que ce spin-off et anime de 2012. Non, le premier volume de Himitsu: The Top Secret, en manga, a bien été écrit en 1999.
Ce mélange des genres improbable entre Boys Love (soft, mais affirmé) et des dystopies de plus en plus réelles comme Psycho-Pass, Brazzil ou Bienvenue à Gattaca, m’a laissé un souvenir ineffaçable grâce à ses qualités d’écriture et de réalisation.
À moins que ce cerveau ne me joue des tours en par trop d'hallucinations.

Explications :

Alors que je n’avais jamais entendu parler de l’anime, en ce mois de janvier 2025, seul le titre m’avait mis la puce à l’oreille. Un titre ronflant, avec un visuel, me faisant penser à un josei assuré. Un énième triangle amoureux avec un secret honteux en filigrane.
Je lance donc le premier épisode et là... je vais de surprise en surprise pendant les premières minutes. Et ce n’était que le début. Car épisode après épisode, mon cerveau allait être imprégné de scènes toutes plus intenses et pour certaines très violentes.

Des scènes sorties d'un cerveau tourmenté
Alors que les thrillers — et a fortiori ceux d’anticipation — deviennent de plus en plus fades au fil de la multiplication des plateformes de streaming et des chaines de TV, semblant écrits par une IA, tant les personnages, situations et retournements sont prévisibles, Himitsu nous saisit dès le premier épisode.
Par sa musique, sa mise en scène, le rictus des acteurs… on assiste à une déconstruction du genre. Les trahisons arrivent dès les premières minutes, les scènes intenses aussi. Et je vous conseille vivement de ne rien lire comme résumé sur la série pour profiter pleinement du scénario retors élaboré par l'autrice.
Pas de rictus suspects pendant des épisodes pour nous indiquer qu'un personnage est bon ou mauvais. Pas, ou peu, d’amours contrariés, ou de « je te tourne autour malgré ta préférence pour l’autre, mais je ne veux pas gâcher mon amitié avec toi ». On connait d'amblé les relations qui paraissent être un statu quo amoureux. De même pour les persos secondaires. On ne tourne pas autour du pot pendant cinq épisodes Qui est un salaud, qui a fait des choses horribles.
On assiste donc à l’exact opposé d'un secret bidon révélé au dernier épisode (Kujaku no Dansu, si tu me regardes).
Pas de premiers épisodes anecdotiques où les héros résolvent des enquêtes sans lien entre elles, dévoilant lentement leurs failles et leurs secrets.
Et c’est en cela que la série est géniale : elle ne vous prend pas pour un con. Elle est sans artifice, brutale et troublante de réalisme.
Alors même qu’elle est estampillée josei, voire boys love en manga, elle est clairement SF, dystopique, et d’une noirceur désespérante. Égale à tout ce qui a été fait de 1984 à Psycho-Pass pour anticiper le monde de demain qui ressemble toujours plus à celui d'aujourd'hui. Seule la lecture des pensées des morts semble encore impossible, mais pour combien de temps...

Les garde-fous vont bientôt céder, tant l’efficacité de résolution des enquêtes semble prouvée dans la série. Mais tout cela avec une intelligence rare, soulevant des interrogations philosophiques et éthiques. Sans compter les erreurs de jugement, les mauvaises interprétations des visions, la folie des personnes décédées... mais aussi celle de ceux qui travaillent dans la Section 9, à force de pénétrer l’inconscient, parfois criminel, de leurs sujets.

On assiste donc à une série à ne pas mettre entre toutes les mains.
Même si le caractère affectif est bien marqué, la relation entre ce trop jeune (en apparence) Maki-kun et les hommes de la série trouble autant qu’elle fascine — y compris pour un hétéro. Le manga, écrit de main de maître par l’autrice Reiko Shimizu, est aussi anxiogène que sentimental, et c’est cela sa force.

Alors bien sûr, on pourra regretter le trait forcé des deux (trois, vous comprendrez en regardant) personnages principaux masculins, voulant sans doute coller au plus près du genre littéraire.
Mais la galerie des personnages secondaires — de Kadowaki Mugi à Kunimura Jun, en passant par Takahashi Tsutomu — rend la série d’un réalisme troublant.
Évitant l’écueil d’une série essentiellement masculine à destination d'une minorité genrée ou non, grâce notamment aux enquêtes à résoudre, ce boys love est à mettre entre toutes les mains de plus de 18 ans.
Très violent et désespérant pour notre avenir, l’adolescent n’en sortira qu’avec des idées noires. Mais l’adulte, lui, saura apprécier enfin un thriller de SF brut, qui ne vous prend pas pour un gosse incapable d'utiliser son cerveau pour trouver lui-même les coupables.
Inutile donc de faire semblant de cacher un secret bidon pendant dix épisodes.
Non. On vous balance tout. Et faites-vous votre propre opinion sur les actes de nos anti-héros. Et pour cela, vous serez accompagné d’une musique aussi anxiogène qu’excellente. Bien sûr, l'ending et l'opening seront assurés par des Johnny's, on en attendait pas moins, vu le casting, mais s'intègrent parfaitement à l'ambiance.

Ne vous détrompez pas : peu d’effets spéciaux accompagneront votre ego trip.
Au contraire, tout est dans la retenue et le dystopisme, à commencer par cette technologie en ronce de noyer et acajou.
Mais bon sang… qu’est-ce que c’est bon de se concentrer sur l’essentiel dans un drama. Chaque épisode est une révélation, sur le monde qui nous entoure et vers où il va.
Bien sûr, il faudra peut-être regarder vingt minutes d’Alice-san Chi no Iroribata pour se remettre d’une heure de Himitsu: The Top Secret.
Mais vos neurones en ressortiront grandis.

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Completed
Alice-san Chi no Iroribata
1 people found this review helpful
Apr 8, 2025
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 7.5
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

Alice de retour au pays

Un peu de love et de tendresse, disait le poète. C’est ce que propose cette adaptation de josei manga, à la fois très romantique et très reposante. Après tout, c’est bien l’intérêt de se réunir autour de ce foyer irori-bata : réchauffer le corps et le cœur.

Ne cherchez donc pas de l’action ou de la réflexion, ce drama est exactement ce pour quoi il a été créé. Il apporte du calme et du réconfort au travailleur urbain en mal de furusato. La campagne et son bon vieux village natal pour se ressourcer, où rien ne change depuis des décennies.
Rien, sauf Harumi-kun, qu’Alice avait quitté lorsqu'il n'était qu'un enfant pour poursuivre ses études à Tokyo, et qu’elle retrouve à elle 28, et lui 18 ans, formé comme un homme, toujours éperdument amoureux de sa Onee-Chan de 10 ans son aînée.

L’amour à maturité
Le romantisme sera donc le fil conducteur d’une suite d’histoires du quotidien, toutes plus banales les unes que les autres : couper du bois, faire du feu… La vie paisible d’une petite maison dans la montagne, avec en filigrane un triangle amoureux instauré par la présence de la jeune débutante Sumi Kokona, elle-même éperdument amoureuse de son senpaï de terminale.
Mais point de rivalité ici. Alice a du mal à se rendre compte de l’attirance qu’elle exerce toujours sur Harumi-kun.
On se prend donc au jeu des épisodes d’une vingtaine de minutes, afin de voir – on l’espère – un happy end. Mais ce n’est pas là l’essentiel.
D’autant que l’acting, mis à part les délicieuses grimaces de Baba Fumika, qui semble pouvoir tout jouer, manque clairement de maturité.

Un retour à l’essentiel
Ce drama est tout simplement indispensable après une journée harassante dans le monde perturbé et futile des mégalopoles modernes
Être face à ce foyer, à ces personnages qui dégustent des plats préparés avec tendresse par Alice…à la limite d'un drama culinaire, c'est tout bonnement... re-po-sant. Ce calme, cette nature, cette ode à la non-action (même pour déclarer sa flamme), tout amène à la méditation et à la contemplation.

Je suis persuadé que ce drama interroge sur sa vie, autant qu’il réconforte le célibataire qui le regarde seul, le soi dans son appart’ de six tatamis. Sans compter ces opening et ending des spécialistes de la tendresse que sont les Luv K Raft ou Fumatsu Masao, pour l'accompagnement musical.
L’intelligence artificielle, les réseaux, le bitcoin… tout cela est loin, oublié, à mesure que l’on monte le Genkan de cette vieille chaumière. Bien meilleur pour la santé qu’un antidépresseur, et plus convaincant pour repeupler les campagnes qu’un chèque du gouvernement. Les dirigeants du monde entier devraient s’en inspirer plutôt que de s’arranger avec les big pharma, ou de vouloir dédommager des mineures pour repeupler ces régions.

La guerre entre l’Occident et l’Orient n’aura pas lieu.
C’est celle entre les vraies valeurs de la vie et les futilités de la modernité qui doit nous inquiéter. Encore des pensées déprimantes... Je retourne dans le monde merveilleux d’Alice-san pour les oublier.

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Completed
Solo Camping for Two
1 people found this review helpful
Mar 28, 2025
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 6.5
Story 6.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.0
Rewatch Value 10

Dummi Camp

Les concepts les plus fous naissent au Japon, et on peut dire que celui de Futari Solo Camp est extrême. Alors que le beau, mais sauvage trentenaire Morisaki Win nous promet des aventures de campeur solo dans les forêts chatoyantes de l'automne, le voilà embarqué dans une expérience de camping solo… à deux.

À deux, c'est toujours mieux, à deux
L'aventure humaine prend alors une tournure sentimentale. C'est en tout cas ce qu'on attend des dix épisodes mettant presque exclusivement en scène Morisaki Win et Honda Miyu. Ce qui passe dans un shōjo manga pourra rebuter ici, même si l'adaptation est aussi fidèle que l'a été Yuru Camp en drama. En réalité, cette histoire laisse peu de place aux sentiments. L'âge bien plus avancé du protagoniste par rapport à l'héroïne oriente plutôt leur relation vers une dynamique de mentorat ou de filiation, même si tout reste possible jusqu'au dernier épisode.

Le konbini en mode survie
Si on met de côté la romance, il faut bien dire que ce manga est avant tout informatif : Comment faire du camping solo pour les nuls. Le matériel et les magasins visibles sentent le sponsoring à plein nez, et on est clairement incité à utiliser des produits tout prêts, notamment pour la cuisine, plutôt que de fabriquer un arc et des flèches pour se nourrir. Ahhhh, la bouffe ! Le grand thème de ce manga. Comme dans Izakaya Isekai, Shinkansen, on retrouve cette grande tradition du n'importe quoi lorsqu'il s'agit de nourriture : la préparation, la cuisson et surtout la dégustation sont mises en scène avec des images évocatrices ou ultra-exagérées. Vous passerez donc un bon moment si vous appréciez le camping sauvage… mais proche d'un konbini et d’une rivière qui peut déborder à tout moment (on est au Japon, n’oublions pas !). Et bien sûr, on picole de la bière à tout-va, emmitouflé dans une doudoune, en soufflant de la buée. C’est ça, le solo campyu.

En regardant la série en entier, je me rends compte que je ne ferai sans doute plus jamais ce genre de camping. Mais cela m’a détendu et apaisé, comme si j’avais moi-même passé un week-end au pied du mont Fuji avec mon apprenti Jedi, lui enseignant toutes les subtilités de la survie de bord de lac… à 20 mètres du parking et cela sans pêcher. Dommage que les personnages soient si caricaturaux, cela risque d’en rebuter plus d’un… tout comme les 5 degrés à l'extérieur.

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Completed
Monster
1 people found this review helpful
Jan 20, 2025
11 of 11 episodes seen
Completed 0
Overall 7.0
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.0

Un "Monster" de trop ?


Regarder des dramas juridiques en RAW reste un défi de taille, tant le vocabulaire y est spécialisé. Mais en attendant la traduction simultanée promise par l'IA (qui, paraît-il, ne devrait plus tarder), je me laisse tenter de temps en temps par un petit procès à la japonaise, même si les subtilités me passent souvent au-dessus de la tête. Ce qui me séduit malgré tout, c’est l’originalité qui peut se dégager du traitement, selon les pouvoirs ou les personnalités des protagonistes. Ici, je m’attendais à des avocats véreux, de véritables pourritures prêtes à tout pour innocenter des coupables notoires. Pourtant, s’il y a un procès à intenter, c’est bien à cette série, tant elle frôle la tromperie sur la marchandise.

Un casting proche de la bavure
Shuri, actrice plutôt douée à l’accoutumée, tente d’instiller une aura inquiétante, voire diabolique, à travers sa coupe de cheveux façon "kinoko" et son regard félin. Mais, pour être honnête, tout cela m’a laissé plutôt indifférent. Le rôle de son père, censé être un avocat redoutable et craint de tous, peine également à convaincre, peut être pour le choix de Furuta Arata que je n'arrive à imaginer qu'en gentil papa poule. Ajoutez à cela une distribution qui, à l'image des personnages secondaires, comme Jessie ou You, manque autant de relief ou d’énergie que de nom de famille à leur pseudo d'acteur. Leur rôle semble se limiter à servir la soupe à notre héroïne, sorte de démon tout droit sorti d’un cartoon à la Minus & Cortex, sans parvenir à lui apporter une véritable profondeur.

Une histoire banale
Face à ces faiblesses, on se tourne avec espoir vers l'humour. Mais là encore, à part quelques scènes maladroites où notre héroïne se livre à des cosplays décalés, rien ne m’a vraiment fait sourire. J’aurais rêvé d’un suspense captivant, d’une intrigue qui se déploie et s’enrichit au fil des épisodes. Pourquoi pas un antagoniste extérieur, une véritable némésis qui viendrait perturber et donner du relief à l’histoire ? Malheureusement, les épisodes paraissent interchangeables. On les regarde dans n’importe quel ordre sans que cela ait d’impact, car il n’y a ni évolution des personnages, ni progression narrative digne de ce nom.

Un procès au temps perdu
En somme, une déception. Pourtant, les premiers épisodes laissaient espérer un développement intéressant des personnages et des intrigues. Il n’en est rien. Le seul point réellement notable – hormis un titre sympathique de Chanmina – est de souligner, pour ceux qui l’ignoraient encore, à quel point les Japonais sont prêts à endosser la responsabilité d’un événement, juste pour préserver l’harmonie sociale. Heureusement, Shuri est là pour rétablir la vérité, même contre la volonté des prévenus. Elle parviendrait même à innocenter son propre coiffeur, malgré les preuves accablantes de son "crime" capillaire.

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