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  • Last Online: 2 hours ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Completed
The Honest Realtor
1 people found this review helpful
Sep 25, 2022
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Vendeur, menteur

Le mensonge et la mauvaise foi semblent être devenu aujourd'hui l'outil indispensable pour gagner tous les combats. Jusque dans la réalité la plus horrible, quand un dirigeant ment en regardant le monde dans les yeux, il arrive à convaincre, même ses plus féroces opposants, qu'il a peut-être raison. Dans cette ambiance détestable dans lequel l'être humain vie aujourd'hui, il reste des médias qui cherchent encore à mettre des principes de vie, qui paraissent probablement désuets, en avant, par des dramas sans prétention, pourtant tellement indispensables actuellement. La NHK fait ce qu'on attend d'elle pour une télévision publique. Elle nous fait vibrer et réfléchir sur les valeurs d'honnêteté, de compassion et d'engagement avec ce Shoujiki Fudosan, où tout est déjà dit dans le titre.

En effet, le pitch tient sur un timbre-poste (il y en a encore au Japon, heureusement). Un agent immobilier, obsédé par l'argent, ment à ses clients, ses conquêtes et tout son entourage pour faire du chiffre et vivre la belle vie de riche célibataire. Un jour, il se voit dans l'incapacité de mentir. Si bien que, les 10 épisodes de ce drama vont se transformer en leçon de vie, quasi bouddhique. L'honnêteté paye toujours, on le dit bien. Mais cela va mettre du temps à venir. Loin d'être une sinécure, la NHK nous montre bien à quel point le monde des agences immobilières ressemble à celui des Yakuzas. On découvre un système mafieux incarné par le grand méchant de l'histoire. Celui-ci, voulant conquérir les autres agences immobilières. Mais surtout, ses petites sociétés, sont chacune dépeintes comme des clans de Yakuzas, prêtes à foncer sur leurs victimes, les clients, en les embobinant. C'est là qu'est toute la force de ces dramas pédagogiques. Même si c'est une adaptation de manga, pleine de clichés et de "what's the fuck", très clairement, le but principal de la série est d'alerter tous ceux qui doivent passer par une agence pour vendre, acheter ou louer. Les coups fourrés sont nombreux, mais des panneaux informatifs apparaissent à chaque scène en face à face client x agent pour expliquer tous les termes techniques. On connait le procédé, mais on apprécie toujours.

Bien sûr, on est en face d'un énième feel good drama. Tout fini toujours bien ou presque. Cependant, on en a vraiment besoin ses derniers temps. Car les situations dépeintes, de personnes réellement dans la merde, après des mauvais conseils ou de la malhonnêteté, on en connait tous. Les émissions françaises où l'on fait semblant de régler les problèmes des gents dans le besoin, à coup de grande gueule, n'ont pas un 100e de classe de ses dramas. La vulgarité etn face de la finesse japonaise. Certains diront la japoniaiserie, pas moi. Bien qu'on pourra regretter la pauvreté du scénario renvoyant à Liar Liar un film qui a maintenant une trentaine d'années. Mais soyons honnêtes, les acteurs et leurs personnages touchent au cœur, bien plus que les simagrées et grimaces d'un Jim Carey.

Yamashita Tomohisa à la quarantaine bien cachée, a déjà une longue carrière derrière lui, de beaux gosses en tant que premiers rôles. Ce qui ne l'empêche de jouer dans ce drama qui n'a rien d'un blockbuster. Il oblige tout de même, un jeu d'acteur capable de passer du séducteur-prédateur, à celui qui a tout perdu et suscite la sympathie, voir l'empathie. Et il y arrive parfaitement. À part, peut-être, ces moments "jogging" où la production essaye de l'enlaidir. Mais rien à faire quand on est bô, on est bô.

Fukuhara Haruka qui va certainement exploser en popularité avec son rôle principal dans le nouveau Asadora de la NHK: le bien nommé Maiagare ! est ici, déjà parfaite dans son personnage de candide idéaliste. Sorte de conscience pour l'horrible menteur qu'est le héros, elle sublime ce drama, par sa présence. Tellement naturelle et fraiche, elle apporte cette touche d'humanité et de candeur dans un milieu de requin, que dis-je dans ce monde réel pourri jusqu'à l'os.

Les autres acteurs sont bien sûr à la hauteur, notamment le sombre Ichihara Hayato ou les personnages féminins pas si secondaires que ça, qui qui apportent tous leurs lots de mystère. Il y aura, très franchement, quelques rebondissements intéressants, jusqu'à la dernière minute, si bien qu'on en demandera davantage.

L'attachement aux personnages, l'ambiance feel good et l'envie de devenir agent immobilier est bien là. La NHK a encore réussi son pari. Et j'attends avec impatience d'autres catégories socio-professionnelles dépeintes de la même manière, en évitant une fois de plus s'il vous plait une énième adaptation de Toritsu Mizusho. Et cela en toute franchise.

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Completed
Hold Me Back
1 people found this review helpful
Jul 22, 2022
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 10
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Fake Plastic Ebifuraï

Voilà un sentiment étrange. Partagé entre mon envie de mettre en avant l'excellent travail d'Art House et de Hanabi, sur la distribution et la promotion des films japonais en général, et la déception d'une promesse non tenue pour ce film. Cette hype exagérée autour de cette comédie romantique qu'est Tempura. Un peu comme ses aliments de plastiques dans les vitrines des restaurants japonais. Vous assurant que le goût sera à la hauteur du visuel et pourtant… Malgré les promesses de nourriture et de franche rigolade qui allaient dans le sens d'un très bon moment passé dans nos salles obscures, ce catalogue des hésitations de notre héroïne avec en tête le fameux : " Je me mets en couple ou je reste célibataire ? ", pendant 2 h 15, ne m'a pas vraiment convaincu.

Pourtant, tout semblait partir du meilleur pied. L'actrice principale, Nounen Rena, est excellente en Kuroda Mitsuko. C'est évidement le pilier du film autour duquel est bâtie une histoire, on ne peut plus banale pour une comédie japonaise. [30 ans, il est tant de se mettre en couple, mais mon petit ami est "légèrement " moins âgé que moi et ne trouve pas les mots pour déclarer sa flamme. Moi-même, j'hésite, que dois-je faire ? Garder mon indépendance de célibataire ou former une famille. ] Le hic n'est pas tant l'ultra vu des situations, mais à force de vouloir souligner la banalité de celles-ci (employée moyenne dans un office lambda,...) la réalisatrice Ohku Akiko arrive à nous ennuyer assez rapidement. Bien sûr, le but étant de nous approprier l'histoire, il fallait mettre l'accent sur la simplicité de la vie de Mitsuko, mais là, quel gâchis. Son jeu d'actrice est pourtant bien au-dessus de beaucoup d'autres, avec des passages émotionnels forts et surtout ce petit accent tellement mignon. La voix intérieure, calme et posée, qui l'accompagne tranche tant avec ses mots et son attitude. Les larmes, les joies, les cris imaginaires ou réels sont joués et transmis au spectateur sans accros. On souffre, on partage ses émotions. De son côté, Il n'y a vraiment rien à redire sur elle, si ce n'est pourquoi Non-Chan ne fait pas plus d'apparitions dans les dramas. OK, elle a performé en 2013 dans l'Asadora NHK Amachan, mais depuis elle manque assurément au petit écran. Gardant tout son talent d'actrice pour le cinéma jusqu'à réaliser elle-même ses derniers films, ce qui pose vraisemblablement problème pour le temps qu'il reste à consacrer aux autres productions et donc à ses fans qui l'apprécient tellement en tant qu'actrice.

Il ne faut en conséquence pas bouder son plaisir de la voir dans ce rôle fort et Hanabi ne s'est pas trompé en mettant en avant l'actrice dans sa promotion. Je n'en dirais, malheureusement, pas autant de la partie Tempura X Cuisine. On touche presque à l'escroquerie tant la promesse d'une passionnée de cuisine et de ce fait d'un film retraçant cette passion n'est pas tenue. Des dramas de bouffe, j'en ai vu des dizaines et pour cause, il n'y a quasiment que ça à la TV nippone. On y présente des restos ou des chaines de restos. Des spécialités comme les ramen ou les gyozas sont les stars parfois d'un seul drama déroulé sur 10 épisodes de 20 min. Sans compter les histoires se passant dans les cuisines d'un resto, dans la salle ou même sur des podcasts de critique de resto. Et là, mis à part les 20 premières minutes (le film dure 140 min quand même) les tempuras et la passion de la cuisine sont vite diluées dans la vie de notre héroïne. Pas de passion exacerbée, donc pour la cuisine. Un simple passe-temps du week-end, parmi tant d'autres. On a ce goût amer, cette impression d'avoir été floué par ses faux aliments qui ressemblaient tellement aux vrais.

Reste alors l'intrigue principale, qui retrace en gros une année dans la vie de Mitsuko. Montée de manière aléatoire afin de casser le rythme linaire de sa vie, énormément de flashbacks, amenés de façon assez fine, ponctus cette longue tranche de vie. On y côtoie une série d'acteurs tous très bons, plutôt habitués au cinéma, même si l'on croise le petit ami idéal et timide, Hayashi Kento dans énormément de dramas. Cette histoire, trop diluée sur la longueur, perd de sa saveur rapidement. Quelques incartades en Italie, par exemple, aurait pu permettre de redonner du sel à un plat fade, mais elles arrivent comme un cheveu sur la soupe. Le pouvoir comique des situations est mal géré, je pense en particulier dans l'avion ou certes, Non Chan est à son maximum en tant actrice, mais impossible de décocher un rire tant la mise en scène est lourde.

Mais ce qui m'a le plus gêné, c'est le support "film" et non "drama". Car on est bien ici face à une histoire au long cours, devant s'étaler sur une saison et non 2 h. De la comédie, des sentiments qui doivent prendre leur temps pour se développer. On sent bien que le montage en flashback est fait pour nous donner l'impression du temps qui passe, mais ça ne fonctionne pas sur moi. Encore la tête pleine de séries, comme Tokyo Tarareba Musume (2017), dont le pitch ressemble étrangement. Celui-ci va beaucoup plus loin dans le scénario et le développement des personnages. La comparaison n'est pas flatteuse et seul le jeu de Non est un poil au-dessus de celui de Yoshitaka Yuriko. Et encore. Même les sashimis de morue parlants, de cette série, sont bien plus fun que cette voie intérieure, certes classe ou rigolote... C'est en cela que j'en veux au distributeur français. J'ai l'habitude de regarder des films indépendants donneur de leçons ou montrant le "Vrai Japon" et je ne m'en plains pas d'habitude. Artistiquement parlant, il y a du bon dans le "mal nommé" Tempura (Retenez-moi, m'aurait plus, à moi). Mis là, j'étais mal engagé psychologiquement pour l'apprécier. Un peu comme si je m'attendais à ce qu'on vienne chez moi pour faire connaissance et qu'on reparte juste avec mon repas préparé par mes soins dans un Tupp. Une promesse non tenue, mais d'autres découvertes. Surtout une actrice majeure, et peut-être les interrogations de toute une génération pour ceux qui n'ont pas encore vu un drama sur les trentenaires metro-urbains japonais. Quel crime !

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Itoshii Uso: Yasashii Yami
1 people found this review helpful
Mar 7, 2022
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

Ce n'est pas beau de mentir

Le mensonge est souvent au cœur des mystery dramas. Avec toute la subtilité qui caractérise le jeu des acteurs japonais, on ne se lasse pas de décrypter les expressions du visage distillées de manière si subtile, afin de déceler la (non-)culpabilité du personnage. Vous l'avez compris à mon introduction, elle-même d'une grande subtilité, je ne vais pas être tendre avec Itoshi Uso: Yasashi Yami, énième adaptation de manga relatant un terrible secret d'une bande d'anciens copains d'école et évidement rattrapée par celui-ci.

Du vu et du revu au niveau du scénario donc, même si le(s) secret(s) met du temps à émerger vraiment au long des épisodes, comblant un peu l'ennui de cette série qui se veut pourtant adulte. Le problème, c'est qu'avec tant de clichés, on a du mal à accrocher. Je sais, je regarde un drama qui plus est adapté d'un manga. Je devrais, par conséquent, être habitué et indulgent, mais là.... Passe la réunion d'anciens élèves, où on retrouve ses amis et ancien béguin du collège dans une ville campagnarde. Passe les personnalités toutes plus stéréotypées comme la mangaka ratée introvertie, toujours fleur bleue et tellement célibataire à 29,99 ans. Non, le vrai problème, c'est le combo scénario/mise en scène. Aucune fantaisie, le peu de surprise possible est cassé pas ses œillades d'acteurs forcées du fait d'une direction maladroite ou par ses scènettes vues mille fois. Le gars capuchonné qui pousse au passage piéton, par exemple. On veut nous choquer, un peu, mais surtout pas nous surprendre ou nous perdre dans des méandres de réflexion. En tout cas dans les premiers épisodes...

En effet, malgré la déception du début, on peut se prendre au jeu à partir de la fin du 3e épisode et bizarrement, moins il y a de personnages à l'écran, plus cela devient intéressant, mieux dirigé et scénarisé, jusqu'à terminer la série à l'opposé du ressenti initial. La maladresse et le lourd, laisse place à des moments forts et touchant dans les sentiments. Je réserverai donc ce mystery drama à ceux qui les dévorent et qui ne sont jamais rassasiés, plus qu'à ceux qui les découvrent. Car je le redis, l'ennui ou la moquerie peu vite faire son apparition. Des chefs-d'œuvre de mystery dramas où le cerveau est retourné du début à la fin, il y en a la pelle, si ce n'est que Shin Hannin Flag qui est diffusé en même temps sur un autre Chanel.

Reste, quand même, une certain malaise créé par une ambiance crasseuse assez bien mené. Une cruauté dans les propos, voir une certaine violence distillée par des acteurs vraiment flippants. C'est en réalité ses rôles là qui donnent du sel à la série. La mangaka jalouse ou le marie violant sont assez justes. Mais dans un certains sens, c'est l'ensemble du cast qui a du mérite. Ils rattrapent tous une histoire éculée de vengeance, en mettant l'accent sur la jalousie et la frustration d'adultes ayant mis de côté leurs rêves d'ados. Haru est légèrement irritante en candide de 30 ans, trop bien élevée pour se rebeller et on rêverait qu'elle reprenne son caractère exécrable et pourtant si adorable de chef des tests PCR de #Remolove. Dans le cast, il semblerait qu'il y ait une prime au joli grain de beauté, puisque vous vous amuserez à déceler ceux des autres jusqu'à ne plus voir que cela. Ok je dois être un peu fétichiste, mais ce dernier détaille montre bien à quel point on peut parfois chercher de l'intérêt dans l'histoire. Certes, il reste la musique, qui essaye d'être moderne dans la composition, mais pas de thème fort qui reste dans la tête. Plutôt une copie de ce qui ce qui marche ailleurs. Un peu comme ces cassettes de cover qu'on achetait l'été sur les marchés dans les années 80-90. Efficace sur le moment, mais vite oubliés.

Un casting intéressant. Avec des jeunes trentenaires plutôt bien choisis, pour leur physique et leur jeu. Mais un mystère qui manque d'originalité et surtout une production largement pas à la hauteur qui gâche les efforts de ses acteurs et peut être même une histoire originale que je ne connais pas, mais qui aurait largement mérité mieux. À moins que toute cette chronique ne soit qu'un gentil mensonge...

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The Man from the Sea
1 people found this review helpful
Aug 10, 2021
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Face à la mer

Fukada Koji est un grand réalisateur de cinéma qui peine encore à percer au delà du Japon, alors même qu'il fait régulièrement l'affiche des festivals européens depuis 10 ans. Certains diront "si, si, son succès est incontestable au-delà de ses frontières", mais même l'ultra surcotée Kawase Naomie n'est peu connu du grand publique, malgré le succès, là aussi relatif, des Délices de Tokyo (An) ("à oui, c'est elle !!!"). La faute à une distribution et un mépris heureusement de moins en moins catastrophiques, mais qui a encore du chemin à faire. Effectivement, ce "Soupir des Vagues" (jolie titre français d'ailleurs) Umi o kakeru en original, date de 2018 et sort en juillet 2021 dans les cinémas français. Fort du succès, toujours relatif, d'Harmonium et en attendant d'autres œuvres, Hanabi et ArtHouse essayent d'effacer l'insulte faite à ce grand réalisateur, passionné de cinéma. Le Covid n'excuse pas tout et il serait tant que les mégacomplexes s'emparent aussi de ses productions encore cantonnées, en province tout du moins, aux salles de cinéma indépendantes.

Car le cinéma de Fukuda a ce ne je sais quoi qui fait le sel des productions comme Parasite pourtant largement encensées en 2019. L'image est belle et l'ouverture de cette histoire, se passant sur les plages indonésiennes est un plan fixe d'une minute sur les vagues qui vous envouteront à souhait. Pas spécialiste du cinéma, en général, je sais pourtant apprécier, son cadrage, son montage, la couleur et sa lumière, loin de donner la nausée et comme Kawase c'est justement trop bien le faire.

Difficile de décrire un film de Fukuda sans spolier l'intrigue et je pense que c'est justement ce qui justifie, parfois, la mauvaise note que peuvent obtenir ses films sur toutes plateformes de critique du net, celle-ci y comprit. En effet, souvent pépère durant la première moitié du film, anesthésiant le spectateur par des tranches de vie parfois sans intérêt, surgit plus au moins à un moment inattendu un switch qui vous fait crier au génie. Mais qui malheureusement, et c'est là sa faiblesse, rend le film insipide si on vous l'a divulgâché. Alors 3 ans après sa sortie au cinéma et déjà vue par bon nombre de passionnés, grâce aux bouches à oreilles, ce film, comme d'autres du réalisateur peut perdre clairement de son intérêt si on vous gâche la fin. Comme ce n'est pas mon cas, il faudra courir voir ce film au cinéma pour son image, donc des paysages des plages indonésiennes, lieu même où c'est déroulé le tsunami qui à fait tant de ravage et de morts.

L'autre intérêt par rapport à d'autres de ses films, c'est l'entrée du fantastique, certes léger, mais surtout la diversité des cultures qui se mêlent et le rappel constant à l'histoire de ce pays. Si vous cherchiez beaucoup de lignes de texte en japonnais vous serez sans doute déçus, car c'est la langue indonésienne qui est mise en avant. L'histoire se passant dans une famille binationale, qui reçoit la venue d'une cousine du Japon en visite. Mais c'est l'arrivée de Dean Fujioka qui va bouleverser la vie de cette famille plutôt aisée, vivant dans un pays encore très pauvre. On découvre donc l'Indonésie et sa langue mise en avant par le réalisateur et ça fait du bien. Un réalisme saisissant qui tranche avec l'entrée du fantastique. Un quotidien presque ennuyeux qui se révèle fort de symboles pour ceux qui savent les déceler. La présence du Japon durant la 2de guerre mondiale, la disparition des proches, la fatalité face aux éléments naturelle, les castes, le système patriarcal, etc...

Bien sûr, certains seront attirés par les acteurs japonnais, Dean Fujioka en premier. Mais son rôle nécessite, très peu de dialogue et encore moins de présence et pourtant quel charisme ici aussi. Les groupies seront sans doute déçues. Un peu moins, peut-être pour la jolie et talentueuse Abe Junko qui se spécialise dans les rôles arti et internationaux au cinéma et c'est un peu dommage, car elle pourrait illuminer de sa présence un peu plus le petit écran. Mais tout ce qui est rare est précieux, non ? Comme sa parole d'ailleurs, car les dialogues sont finalement assez absents de ce film.

L'image est forte et belle. Le contenu est aussi fort de sens. Les effets spéciaux pourront faire un peu rire et sont presque superflus, mais comme pour tous ses films, Fujikoda arrive à renverser la vapeur à un moment ou à un autre et nous fait ressortir moins bête et le sourire aux lèvres, en se disant je ne l'avais pas vu venir celle-là, une fois de plus. Comme cette vague qui a ravagé tant de famille en 2004.

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She Taught Me Serendipity
0 people found this review helpful
9 days ago
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 6.5

Un petit coin de parapluie

Les équipes marketing des distributeurs français me laissent parfois pantois. Alors que l'on pourrait traduire le titre original de ce énième film indépendant distribué par Arthouse par le titre « Je ne peux toujours pas dire que le ciel d'aujourd'hui soit mon préféré », empreint de poésie et d'autoréférence, on a plutôt droit à un nom accrocheur pour retraités de la fonction publique ne pouvant plus voyager. Ils rêvent alors de découvrir des lieux emblématiques de l'ancienne capitale, saupoudrés de romance et de geishas en kimono. Ils seront certainement déçus par ce énième triangle amoureux, révélé dès les premières minutes, mais qui s'étire pendant deux heures et comme seuls les Japonais (et les Français) en ont le secret.

Nulle contemplation des lieux célèbres de Kyoto ici. Nous suivons plutôt une slice of life dans une université, mettant en scène trois étudiants solitaires, mais qui ont tout de même des amis. Oui, cette information est importante et rappelée durant l'ensemble du film. On peut être ultra-renfermé, beau gosse, jouer dans un groupe de rock, guitare à la main, ou servir des cafés à des clients bien plus âgés avec le sourire, être pleine de vie et pourtant n'avoir ni amourette ni véritable cercle d'amis. Si, pour la centième fois dans une œuvre japonaise, vous passez une nouvelle fois ce cap psychologique, vous apprécierez les moments de contemplation, la parabole du parapluie, omniprésente, ainsi que les conversations parfois lunaires de trois étudiants découvrant leurs premiers émois amoureux.

Bien sûr, c'est plein de tendresse, notamment grâce à un chien beaucoup trop chou, même si tous les dermatologues du monde seront outrés par la quantité de poils dégagée au mètre cube. À priori, les poils humains semblent poser plus de problèmes aux Japonais que ceux des animaux, mais ce sont surtout les sentiments envers les êtres à deux pattes qui ont du mal à s'exprimer, alors que, pour nos amis à quatre pattes, ils débordent littéralement de la pellicule.

Mais c'est surtout, une fois de plus, le talent de Kawai Yuumi qui dégouline de ce trop-plein de kawaii attitude. La blague est toujours trop facile avec son nom, mais il faudrait aussi qu'elle arrête d'être, à chacune de ses apparitions, la petite amie idéale. Elle prend ce petit accent du Kansai que tous les acteurs semblent essayer d'adopter dans le film avec plus ou moins de réussite, et bien sûr, elle fait succomber chaque spectateur. Lunaire mais radieuse, elle étudie peut-être la philosophie ou la psychologie, mais elle aurait tout aussi bien pu être étudiante en art, recouverte de peinture. Le film rappelle au passage que le chignon est le summum de l'extravagance au Japon et la cause apparente de son incapacité à s'intégrer à un groupe d'amis.

Hagiwara Riku est transparent, comme son rôle l'exige, tandis que Ito Aoi incarne l'amoureuse transie, repérable dès les premières minutes. Bien sûr, Riku-kun est le seul dans la salle de cinéma à ne pas s'en rendre compte. Sous ce principe de shōjo qui agace le quinquagénaire que je suis, j'allais finir par écrire une critique acerbe, alors même que les critiques était plutôt bonnes pour ceux qui ont eu la chance de voir le film sur Netflix Japon, où il est disponible depuis un bon moment.

Mais, évidemment, toutes les longueurs, les effets de style, comme le rétrécissement progressif du cadre pour illustrer le rapprochement des personnages, ou encore tous les ralentis sous la pluie ou de la course du clebs, ne sont là que pour poser les bases de la seconde partie. Commencent alors une recherche, une enquête et un questionnement qui emmènent le public bien loin des considérations adolescentes de la première heure, trop ennuyeuse avec ses déclarations d'amour et ses monologues convenus.

Il faudra suivre le questionnement de notre héros, même si le spectateur se doute rapidement de bien des choses, tant la mise en scène et les allusion aux personnes disparues ne laisse guère de place quant au dénouement. Tout juste sera-t-il surpris par les dernières minutes, mais c'est bien peu connaître le rapport à la vie, à la mort et à la famille qu'entretient souvent le cinéma japonais. N'est-ce pas justement le but des distributeurs indépendants que de faire découvrir la sensibilité de ce pays ? Un film à voir et à apprécier, donc, pour ce qu'il est, mais surtout à ne pas résumer, car il perdrait alors tout son intérêt.

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Golden Kamuy: The Abashiri Prison Raid
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12 days ago
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Overall 8.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

La soif de l'or, encore et encore

C'est avec une légère goutte de sueur sur le front que je lance ce nouvel opus d'une série que j'ai découverte en manga, adorée en animé (pour The Sixth Lie, en vrai) et à laquelle j'ai surtout voué un véritable culte en live action. Et cela, tout en connaissant déjà l'histoire des premiers épisodes, puis des films dont je n'ai toujours pas encore lu la suite du récit en manga. Mais, douze ans après la sortie du premier chapitre, est-ce que j'arrive encore à me passionner pour ce One Piece plus seinen que shonen et encore sous estimé aujourd'hui face à son grand frère.

Le pré-générique me rassure immédiatement avec une scène d'anthologie qui, à elle seule, m'a rappelé pourquoi j'aimais tant cette série. C'est évidemment son humour si typiquement japonais, une nouvelle fois centré sur la nourriture. Retrouvant toute la troupe formée au fil des premiers épisodes, on entre immédiatement dans un film qui sonne rapidement comme le point final de l'aventure. Voir toute la bande réunie à la veille de ce qui devrait être la bataille finale fait chaud au cœur, et chacun a droit à son petit clin d'œil, tendre ou humoristique. Une véritable prouesse vu le nombre de protagonistes.

Réunis autour de la bouffe, le fil rouge de toute la série depuis le début, on ne voit pas passer la première moitié du film, alors qu'elle se résume pourtant à une simple veillée. La qualité d'écriture de l'œuvre originale comme celle des scénaristes reste intacte malgré les années. Les amourettes gagnent en intensité, alors que le rapport à la famille devient central dans cet opus.

Mais le film n'est pas avare en action non plus, avec des dernières minutes épiques, marquées avant tout par leur lot de trahisons. Impossible, évidemment, sans avoir lu l'œuvre originale, de faire le bon pronostic. Les protagonistes sont nombreux et, plus encore que la soif de l'or, chacun a ses propres raisons d'en vouloir aux autres. Cette profusion de personnages est peut-être la seule faiblesse d'un format qui ne permet plus de développer l'histoire de chacun comme à l'époque de la série télévisée. Ashirpa et Sugimoto n'avancent guère dans leur relation. Surtout lui, d'ailleurs, qui voit son temps d'écran toujours plus réduit, à devoir le partager avec une multitude d'autres personnages. D'autres liens entre protagonistes semblent également se nouer ou se renforcer , mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.

Avec cet opus, qui n'est évidement pas le dernier, le retour des grands mangas est célébré de la plus belle des manières, en parallèle d'une autre sortie, celle de GTO, vingt-huit ans après le premier live action. On imagine alors un opus de Golden Kamuy dans 28 ans avec nos deux héros entourés d'enfants. Les grands mangas sont éternels, mais ces mises à jour amènent aussi à se demander si l'âge d'or du seinen potache mais profond n'est finalement pas derrière nous.

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Let’s Talk about Chu
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Jul 6, 2026
8 of 8 episodes seen
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Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

Ils ne pensent qu'à ça !

Multiplier les scènes racoleuses pour multiplier les vues semble être une particularité des plateformes de streaming, et cela quel que soit le pays de production des séries. Dans ce contexte, il est souvent dommage de passer à côté de belles histoires sous prétexte qu'elles sont classées 18+. Let's Talk About Chu est clairement dans la veine de The Naked Director ou de Raise de wa Chanto Shimasu, avec son approche très directe de la sexualité, aussi bien dans sa mise en scène que dans des conversations qui tournent presque exclusivement autour du sujet. Pourtant, elle mérite qu'on lui accorde bien plus d'importance que cette tête de gondole, qui n'est finalement qu'un prétexte aux belles histoires.

Les personnages sont touchants et l'histoire de cette famille de la classe moyenne taïwanaise est vraiment prenante. En voulant mettre le sexe au centre de la vie de chacun, les scénaristes parlent finalement davantage de la famille, de la solitude, des regrets et, bien sûr, de l'amour, dans un monde hyperconnecté où tout doit avoir une valeur, y compris les relations de couple. La série n'a pas peur d'aborder des thèmes plus profonds, autour du classique « fuis-moi, je te suis », qui touche ici toutes les tranches d'âge. C'est cette universalité des thèmes qui résonne avant tout en nous, portée par d'excellents acteurs, tous parfaitement dans leur rôle.

Comme toute bonne comédie, certains traits de personnalité sont, comme il ce doit, un peu trop appuyés, en pensant à la maman extrêmement protectrice envers ses trois enfants pourtant bien trop libres dans leur vie comme dans leurs amours. Celle-ci a épousé les codes de l'épouse du siècle dernier, s'occupant de la maison et des enfants en ne laissant aucune place dans l'éducation au père qui, de toute façon, n'avait pas vraiment l'intention d'en prendre. Idem pour la génération des millennials où, malgré une vie de couple confortable, le mari n'est toujours pas prêt à devenir papa. Ai Chu, la plus jeune sœur, prône la liberté sexuelle sur les réseaux sociaux, mais ce n'est évidemment qu'un prétexte pour s'évader de sa petite vie ordinaire d'esthéticienne, rêvant de gloire et de reconnaissance à grand coup de followers.. L'histoire de son grand frère est également une grande réussite, naviguant d'homme en homme, il est en réalité à la recherche de lui même et d'un véritable amour.

Finalement comme l'ensemble des membres de cette famille, même si personne n'ose vraiment se l'avouer. Et malgré ce que martèle Chu à la fin de chaque épisode, c'est bien d'amour que parle cette série, avec tout l'humour qui caractérise les excellentes séries taïwanaises.

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At the Moment
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Jun 3, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 9.5

Tout pour CE moment.

On attend tous ce moment, dans les dramas romantiques, où les personnages principaux vont enfin se déclarer leur flamme. Après avoir ingurgité des heures de « fuis-moi, je te suis », ce climax nous récompense de notre patience. Mais qu'en est-il lorsque les scénaristes décident de nous proposer une histoire d'amour différente à chaque épisode, au point que rien ne semble relier ces récits entre eux ? Une idée qui pourrait facilement transformer la série en simple soap réalité digne des matinées de TF1. Si les deux premiers épisodes renforcent cette impression, il y a bien un jour où tout a basculé, rendant ces trop courtes histoires d'amour véritablement passionnantes.

Dès le générique, on comprend que la série souhaite nous faire découvrir l'amour sous de multiples formes. En seulement dix épisodes, il est impossible d'en explorer toutes les facettes, mais le spectre abordé reste remarquablement large et mis en scène avec beaucoup de justesse. Ancrée dans la réalité des années Covid, l'histoire pourrait tout aussi bien ce situer en 2026. Télé-réalité, précarité, handicap, sexualité, bisexualité, homosexualité : At the Moment n'oublie pratiquement aucun sujet de réflexion propre aux années 20. La solitude engendrée par la pandémie, mais plus largement celle qui caractérise déjà nos sociétés modernes, constitue le fil conducteur de chaque épisode. Pourtant, loin d'être déprimante, la série déborde de joie de vivre et d'espoir. Même les spectateurs peu attirés par les histoires d'amour y trouveront leur compte, ne serait-ce que pour l'humour et l'attachement que l'on développe envers les différents protagonistes.

On peut alors regretter de les voir disparaître après chaque épisode, remplacés par un nouveau couple auquel on s'attache pourtant tout aussi rapidement. En réalité, ils ne disparaissent jamais complètement. Ils reviennent sous forme de caméos dans les épisodes suivants, jusqu'à ce que beaucoup d'entre eux finissent par se retrouver à l'approche du dénouement. C'est alors que l'on réalise à quel point on s'était attaché à eux, à leurs sentiments devenus les nôtres, à leurs doutes et parfois même aux choix que l'on aurait souhaité différents. Une pléiade d'acteurs taïwanais de premier plan se succède à l'écran et incarne ces personnages avec beaucoup de sincérité et de talent.

C'est cette variété de situations, dans un Taipei sous cloche durant la pandémie, qui nous fait vibrer jusqu'à souhaiter que la série ne s'arrête jamais. Loin d'être mièvre, elle nous fait réfléchir tout en nous divertissant, comme peu d'œuvres savent le faire. Un véritable moment de bonheur, qui restera longtemps gravé dans nos mémoires.

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Completed
The Dogs of Karma Season 2
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Jun 2, 2026
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 7.5

La fin de la vengeance chère !

Deux ans d'attente interminable pour la suite de Gedou no Uta en drama. Ce manga en 15 volumes, dont DMM TV voulait faire l'une de ses séries phares en 2024, a pris son temps pour nous offrir une conclusion aux événements de l'épisode 6 de la première saison. Au moins, les plus impatients auront pu feuilleter l'œuvre de Watanabe Daisuke, parue en 2016.

Pour fêter les dix ans du manga, DMM TV nous livre donc une nouvelle fournée de six épisodes, à regarder avec le plus grand esprit critique possible. L'ultra-violence et les scènes insoutenables sont bien de retour, mais le propos sur la vengeance et la justice prend une nouvelle dimension avec l'omniprésente Congrégation du Petit-Déjeuner.

Alors que Kamo et Tora rendaient leur justice de manière presque artisanale, voilà qu'apparaît une sombre organisation de rang mondial, décidant en son sommet qui mérite ou non de mourir. La saison relègue alors Sonoda et la vengeance qui l'accompagne au second plan. Après la question « Peut-on se substituer à la justice ? », la série nous demande désormais : « Peut-on déléguer sa vengeance à une multinationale? »

Cette loi du talion vendue au Prisunic pousse Kamo à s'interroger sur ses propres actes et lui confère une humanité qui contraste avec les agissements sans âme de cette pieuvre tentaculaire. Si tous ses membres sont devenus des exécutants par désespoir, victimes inconsolables d'un drame, chacun semble avoir perdu l'idéal qui a présidé à sa création. Argent, pouvoir, influence : plus rien ne semble réellement différencier cette organisation d'une mafia.

Le personnage magistralement interprété par Baba Fumika prend alors une toute nouvelle dimension et s'impose comme la véritable star de la saison. Minami Sara, pourtant présentée un temps comme le troisième membre de la librairie, est finalement très peu présente à l'écran. Des personnages hauts en couleur lui volent constamment la vedette.

Mizobata Junpei est glaçant de froideur, mais également touchant face à une Ano qui cache particulièrement bien son jeu. La plupart des épisodes sont consacrés à expliquer les liens entre les différents protagonistes. À travers flashbacks et révélations, l'aide apportée aux victimes se réduit comme peau de chagrin dans cette saison 2. Il semble bien loin le temps où chaque épisode était consacré à une victime avant de se conclure par une mise à mort des plus sordides.
Cette deuxième saison répond à de nombreuses questions, mais son format nous laisse une nouvelle fois sur notre faim. Si de nouveaux grands antagonistes apparaissent, laissant la porte ouverte à une suite, elle tente également de conclure certains arcs narratifs de manière trop expéditive.

On attendait davantage de mystère autour de Sonoda, dévoilé jusque-là à doses homéopathiques et nous invitant sans cesse à réfléchir sur sa personnalité. Malheureusement, quelques maladresses dans sa conclusion viennent gâcher une partie de notre plaisir malsain de voyeurs.

La série reste déconseillée aux moins de 16 ans. Toujours dérangeante, elle continue d'interroger notre rapport à la justice et à la violence. Elle s'autorise également quelques tranches de vie réjouissantes entre nos deux justiciers et leur fille adoptive.

On oublie souvent de le rappeler, mais Gedou no Uta est aussi une série sur la famille. Kamo retrouve une certaine stabilité auprès de Tora et de Nanako, qu'il considère comme sa propre famille. D'autres cellules familles sont abordées, souvent dysfonctionnelles, parfois mafieuses. Mais au bout du compte, la famille reste la famille.

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Completed
Forget You Not
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May 3, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 7.5
Rewatch Value 9.0

N'oubliez jamais, j'ai entendu mon père dire...

Voilà une série prenant le thème de l’abandon comme fil directeur de ses huit épisodes, et pourtant elle arrive à se réinventer à chacun d’eux. Il faut dire qu’avec Ying Shiuan Hsieh, l’histoire de son personnage devient tout simplement passionnante, et révèle une nouvelle fois une justesse, un réalisme et une transmission d’émotions que peu d’actrices, sont capables d’offrir. Même si mes connaissances sur les actrices taïwanaises sont encore embryonnaires, j’ai vite compris qu’elle faisait partie du haut du panier des brioches vapeur.

OK, j’entends le silence gêné dans la salle laissé par cette blague de mauvais goût, et pourtant Dieu sait que j’aime la nourriture chinoise. Mais j’aime également le stand-up, et c’est justement l’activité principale de notre héroïne du quotidien dans la série.

Cet autre fil rouge, loin d’être invisible, permet à la série de passer du rire aux larmes sans temps mort. Comme les prestations sur scène d’une comique confirmée, chaque épisode est une véritable montagne russe d’émotions. Je ne peux évidemment que saluer les choix des académies pour les nombreuses récompenses attribuées à Ying Shiuan Hsieh, mais dans ce rôle de quadragénaire, elle crève littéralement l’écran. Elle nous fait rire avec son show et nous entraîne dans sa dépression lors de longues séquences larmoyantes dans sa vie.

Il faut dire que l’histoire est profondément universelle. La gestion du grand âge est certainement le défi majeur de toutes les sociétés actuelles, de l’Asie à l’Amérique, en passant par l’Afrique et l’Europe. Si élever des enfants était l’aventure moderne du XXe siècle, bien vieillir pour nos aïeux, et les accompagner pour nous, lorsque l’on a 40–50 ans et que l’on est accaparé par son travail, sa progéniture, son conjoint ou son absence de conjoint, résonne comme l’aventure moderne de ce siècle. À travers le miroir de la démence, c’est l’oubli, la solitude et le vide de nos vies qui se reflètent. Cette série est alors ressentie comme un manuel de survie pour la quadra moderne. La solitude est bien présente pour toutes ces femmes encore plus que pour les hommes, en général, et le père en particulier. Malgré la bande de copines et même pour la mère de famille, tant le mari est une caricature de mari absent.

Pourtant, on est rarement dans le pathos. Le père, conscient de son état et de son âge, perdant ses amis les uns après les autres, continue de donner de l’énergie positive en faisant son show, jusqu’à l’épuisement. Pierrot lunaire, il remplit de poésie certaines scènes, tranchant avec le réalisme de la vie de sa fille. On découvre avec tendresse la relation qui lie père et fille, dans le présent comme dans les nombreux flashbacks, joués par des acteurs plus jeunes mais pas moins talentueux, où celui-ci s’efforçait de faire bonne figure lorsqu’il élevait sa fille seule tout en montrant de l'égoisme. Forgeant ainsi le caractère de sa fille, idéalisant une mère plus contactée depuis 30 ans

On vibre avec Ying Shiuan Hsieh dans ses réussites professionnelles, amoureuses et sa quête de retrouver sa mère et on espère que tout se finira bien pour ces personnages si attachants et parfois si drôles. Mais le réalisme de la série nous rattrape, certainement comme nos problèmes dans la vraie vie. Forget you not est une vraie réussite d'une toute débutante réalisatrice Rene Liu connue pour ses 30 ans de carrière d'actrice. Ce manuel de vie universel et poétique est ma série préférée de 2025, et vous ne l'oublierez jamais.

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Completed
Born for the Spotlight
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Apr 5, 2026
12 of 12 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.0

Les 90% manquants

Dans ma quête des meilleurs dramas taïwanais, je lorgne évidemment du côté des productions Netflix, le pognon dégoulinant souvent à l'écran, si ce n'est que pour le casting, la musique ou le scénario/production. Born for the Spotlight regroupe ces trois sommets de la triforce d'un drama d'exception, alors même avec trois ans de retard sur sa sortie et seulement 6 mois d'apprentissage du mandarin, j'ai pris un plaisir de dingue à suivre l'ascension et la chute de ce qui se fait de mieux en termes d'actrices taïwanaises.

En effet, la frontière entre la fiction et la réalité n'a jamais été aussi mince que dans cette série. Bien sûr, dans le monde et jusqu'en France, comme avec Dix pour cent, il y a bien des séries qui dépeignent la vie des acteurs et du showbiz. Mais pour me passionner à ce point, c'est bien que celle-ci coche toutes les cases d'une série parfaite.

Je connais encore très peu les acteurs taïwanais, 20 ans de dramas japonais ne se remplaçant pas si vite, mais si je devais désigner des prix, l'ensemble serait raflé par le cast :
- Prix de la révélation féminine pour Lin Ting Yi
- Prix du meilleur second rôle ex aequo pour Annie Chen, Isa Hsieh ou Gui Mei Yang
- Prix de la meilleure actrice pour Ying Shiuan Hsieh et bien sûr prix spécial pour l'ensemble de sa carrière, du fait qu'elle n'en a jamais reçu, pour Cheryl Yang.

Si on ne devait d'ailleurs retenir qu'un personnage, c'est elle qui l'incarne le mieux. Dans le rôle de Chou Fan, elle semble si réelle et nous rappelle tellement d'actrices, même françaises, qu'il en est flippant de vérité. Mais encore une fois, tous les rôles le sont.

Chaque personnage représente une période de la vie d'une actrice, comme on pouvait s'y attendre. Mais loin d'être pathétiques, elles montrent chacune force et faiblesse en se montrant tellement humaines. Même quand elles sont exécrables, elles sont aimables. Cet hymne à l'amour envers le cinéma et la TV est une déclaration sans faille mais non sans humour. Si l'amour et l'amitié, notamment entre femmes, sont au cœur du scénario, l'humour est omniprésent et quelle que soit la période de notre vie, notre genre ou notre statut marital, nous trouverons dans ce drama de quoi nous fendre le coquillard. Il respire la bonne humeur autant que les bons sentiments et les coups bas. On vibre pour la jeune première, on espère un happy end entre la bande de copines ou une réconciliation entre la mère et la fille… et tout ça avec une production réaliste, sans chichi, mais surtout sans fausse note. La musique et les insert songs pop rajoutent de la l'énergie, déjà bien présente grâce au cadrage, au rythme moderne et au savoir-faire de Netflix et des réalisateurs taïwanais.

Un must de la production locale, qui montre toutes les facettes du travail cinématographique, sans temps mort un humour ravageur et surtout avec une sincérité sans faille. À regarder avec ses amis perdus de vue depuis si longtemps.

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Completed
SPEC: Life
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Apr 5, 2026
1 of 1 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 9.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

Le repos éternel... pour le moment.

Si la première saison de Spec se terminait sur un « what the fuck » de dingue, laissant le fan dans une détresse inconsolable durant plus d’un an, le film Spec: Life, sorti en 2012, comptait bien le ramener à la vie, zombifié qu’il était par le climax du dernier épisode.
Ce film regroupe en 1h30 le meilleur de la série, avec un côté plus sombre, pour ne pas dire plus mature.
La maturité, en effet, se révèle surtout dans le personnage de Erika Toda, qui, si elle avait bien caché son SPEC durant 10 épisodes, montre ici une utilisation outrancière de son pouvoir. « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » n’a jamais été aussi vrai que dans cet épisode. Tout est décuplé par rapport à la série, du fait que les événements ont maintenant un retentissement mondial, et surtout par la présence de quasiment tous les acteurs de la première saison. Sans en dire plus sur le scénario, une nouvelle fois complètement barré, c’est un vrai bonheur de revoir Ken Yasuda, Ryunosuke Kamiki ou encore Tetsushi Tanaka, évidemment dans des flashbacks…

La longue liste d’acteurs éclipse de fait Erika Toda et Ryo Kase, d’autant plus que Kazuki Kitamura, dans un rôle de yankee/yakuza/flic, occupe parfois tout l’écran… mais pas toujours dans le bon sens. Il forme alors avec Kase Ryō un sacré duo de flics : le chien fou et le mec posé, comme dans tout bon buddy movie et rappelant le duo du début, séparé pour les besoins du scénario.

S’entrechoquent alors des conflits d’intérêt entre les ex-partenaires, rendant cet épisode particulièrement prenant. Si l’humour s’est déporté sur Kitamura Kazuki, l’ambiance est bien plus sombre.

Cet épisode, devant servir de conclusion à la saga, pose des questions éthiques et morales sans fin. Sebumi-san, étant droit et intègre comme jamais, cherche de bout en bout à sauver Saya-chan de la malédiction du pouvoir.
L’heure et demie passe sans temps mort. On aurait tout juste souhaité que ce soit plus long. Mais cette conclusion n’en était, en 2012, évidemment pas une, tant nos personnages avaient encore à donner.
Ceci dit, un amateur d’occulte et de SF doit avoir vu la première saison et cet épisode pour pouvoir mourir tranquille… à condition que Tōma veuille bien nous laisser reposer en paix.

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Completed
SPEC: Birth
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Mar 23, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

La Spec-tialité du Drama Japonais

Si un drama a marqué la décennie précédente, c'est bien Spec. Sortie à une époque où le Japon exportait encore peu ces Dramas, Big N permet aujourd'hui à toute une génération de découvrir la folie qui frappe souvent les scénaristes japonais, matière de super-héros, ou de Buddy Movie.

Et pourtant, à l'écran comme sur le papier, rien ne prédestinait cette série à devenir culte. Deux acteurs à la renommée encore balbutiante en les personnes de Kase Ryo et la jeune Erika Toda avaient encore tout à prouver à l’époque. Des sidekicks bedonnants, voire ridicules, et surtout une ambiance et une mise en scène à la Derrick. Je prends volontiers un exemple occidental m’adressant non pas aux fans de la série ou même de séries policières japonaises du début des années 2000, mais bien aux néophytes, ayant quand même les séries soporifiques de papy et mamie en référence. Démarrant et prenant en bonne partie place dans ce bureau austère de la section Mushou, la mise en scène, les « bon sang, mais c’est bien sûr », les « Hercule Poirot » ou les explications de notre enquêtrice à l’oreille du coupable dans les cinq dernières minutes rappellent tellement tout ce qui s’est fait ces cinquante dernières années, d’Agatha Christie à Detective Conan en passant par Columbo. Si bien qu’on était prêts, pour beaucoup de jeunes de 2010, à passer notre chemin.

Mais il a été évoqué dans cette trop longue introduction qui semble figé le temps, peut-être, les uniques points négatifs. Car tout le reste n’est que bonheur, faisant de cette œuvre une masterpiece du drama japonais, toutes catégorie confondues.
Le thème encore peu exploré à l’époque des pouvoirs surnaturels et de la section d’enquête rappelle évidemment X-Files, mais avec un humour décalé et une écriture loufoque, que permettent toutes les dingueries du thème. Un mélange de buddy movie et de X-Files dans une ambiance à la Derrick, mêlant humour, suspense et émotion avec un minimum de moyens.

Le côté cheap de la série (tout du moins dans les premiers épisodes) est largement compensé par la prestation de nos deux acteurs. Sebumi froid, strict mais tellement touchant au fur et à mesure de sa progression dans ce monde irrationnel. Tout le talent d'une futur star de cinéma qu'est devenu Kase Ryo après cette série était déjà là. Se baladant avec son petit sac en papier, il fait autant de peine qu’il impose le respect, mais toujours avec classe. Il incarne à la perfection le Japon de l’ordre, des traditions et de la hiérarchie. Mais les temps changent, preuve en est le rappel permanent à la construction de la Skytree, symbole de l’ouverture du pays à la modernité et au reste du monde.

Symbole incarné également par la pièce maîtresse de l’œuvre, celle qui porte sur ses épaules toute la perfection de celle-ci, c’est bien sûr Toda Erika. Alors qu’elle servait surtout de faire-valoir à des partenaires masculins comme dans Liar Game encore deux ans plus tôt, elle crève littéralement l’écran dans son rôle de Toma. Cassant par la même tous les codes attribués au genre féminin dans les dramas, y compris d’enquête. Fini l’ingénue sexy en admiration devant l’enquêteur. Fini également l’intellectuelle, rat de bibliothèque… mais sexy. Non, Toma est crasseuse, lourde, vulgaire, autoritaire, maladroite, et passe les dix épisodes avec un bras dans le plâtre, sa valise dans lautre main. Toma n’a rien d’une Cendrillon, les cheveux sont sales, elle sent l’ail et ingurgite des gyoza à longueur de journée, et tout ça la rend pourtant tellement fascinante. Elle incarne la série, mettant à genoux tous ses partenaires, qui semblent alors jouer leur rôle comme des enfants.

Il y a bien d’autres personnages emblématiques, comme le chef trop vieux pour sortir avec la toute jeune Arimura Kasumi (16 ans à l’époque), mais vous vous en doutez, ils sont tous d’un pathétisme absolu, dénonçant il y a 16 ans déjà le patriarcat maladif d’un Japon toujours dans une mouvance paternaliste. Mais tout n’est pas parfait dans la série, comme la tendance de Sebumi, dans les premiers épisodes, à facilement donner un coup à sa partenaire, rappelant qu’en 2010, le machisme, c’était aussi ça.

Erika met clairement un coup de pied dans la formule et est propulsée, grâce à ce rôle entre autres, dans la cour des grandes actrices, mais aussi des influenceuses de l’époque. Et tout ça avec un humour ravageur, des situations plus loufoques les unes que les autres. Les Specs permettent tous les délires, mais même sans cela, avec un duo aussi en iconique, une musique et même une ambiance sonore aussi prenantes, Spec reste LA série de l’ère Heisei, cette période qu’on essaye d’oublier par un grand lavage de cerveau. Mais impossible d'effacer un souvenir si odorant.

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Completed
Miss King
0 people found this review helpful
Mar 11, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Kishi drama

2025 a été le retour du shogi dans les dramas. Le sport cérébral numéro 1 au Japon s'est fendu de deux dramas le mettant à l'honneur dans des contextes en manque, malheureusement, d'originalité. D'abord Hotei no Dragon remettait sur le devant de la scène Mone Kamishiraishi sans vraiment me convaincre, puisqu'il n'était rien d'autre qu'un énième lawyer drama. Puis Miss King et sa promesse d'épisodes courts (38 minutes), peu nombreux (8), mais efficaces pour renouveler le genre du revenge drama, grâce à des stratégies issues du shogi. Tient-il plus la route ? Il serait de bon ton d'analyser la feuille des déplacements d'après-match pour le savoir.

Je suis donc arrivé sans trop de difficultés jusqu'à la finale (des épisodes) et voté pour la promulgation en kishi de ce revenge drama. Mais je dois avouer être encore perplexe. Si voir Non dans un premier rôle enchante par sa fraîcheur, sa simplicité et son franc-parler, l'histoire reste plutôt creuse. Vue mille fois dans d'autres contextes, on est loin de la psychologie et des émotions de March Comes in Like a Lion, le maître étalon du genre, celui du "petit génie du ... ".

Bien sûr, Miss King est une excellente entrée en matière pour découvrir le monde du shogi. J'ai bien dit le monde, et pas les règles, car le néophyte sera tout simplement incapable de suivre un tant soit peu une partie. Heureusement, les scènes courtes consistent surtout en des plans sur les visages des concurrents et un rapide survol du plateau afin d'apprécier les différentes manières de déplacer les pièces. Du glissement hésitant au claquement de celles-ci sur le plateau, toute la subtilité de l'attaque psychologique envers l'adversaire réside dans le simple bruit de la pièce posée sur le bois.

Si la trame principale n'est pas très passionnante, classant la série dans le genre shonen avec des sensei à gogo, fusionnant maître Miyagi avec maître Yoda et transformant la « miss padawan kid » fougueuse en génie du calme et de la réflexion, la production essaye quand même d'envoyer des messages au spectateur. Mais là aussi, sans réelle finesse. Miss King interroge la parentalité, en reprenant de la manière la plus maladroite possible la vieille rengaine du « Papa outé ». Elle dépeint également la condition féminine dans le monde du shogi, parabole de la société japonaise actuelle (ou presque). Ce manuel du féminisme pour les nuls hérite lui aussi de clichés grotesques (mais en cours encore dans ce milieu), femmes méprisées par des hommes se croyant encore à l'ère Edo. Mais qui n'arrivent à convaincre qu'eux-mêmes.

Reste la prestation de Non, qui aurait mérité une réalisation plus ambitieuse, des sidekicks et des histoires parallèles d'opposants détestables devenant des alliés essentiels sur plusieurs épisodes, par exemple. Les personnages secondaires sont aussi transparents que l'a été son père durant son enfance. AbemaTV a clairement décidé de ne pas ennuyer le public avec des longues side story, et le choix est plutôt discutable, sachant la réussite de March Comes in Like a Lion dans ce domaine.

Peu de profondeur de toute part, cette série ne laissera donc que peu de traces dans le monde des shonens sportifs, rendant contre-productif son message. Comme si la première kishi femme n'était pas un événement en soi. Comme si les femmes n'étaient pas capables de tout abandonner pour leur passion comme un homme, esclaves de leurs émotions qu'elles sont. Pour ce monde moderne qui souhaite tant revenir au système patriarcal de l'ère Edo, la part de féminité est un poison à combattre, ramenant la gent masculiniste à sa propre faiblesse. Ce drama révèle toute la bassesse de l'homme avec un petit h et c'est déjà ça !

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Completed
Setsuen Chase
0 people found this review helpful
Feb 6, 2026
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Le colonel Moutarde, avec le snowboard, dans la bibliothèque

Voilà le drama idéal pour faire honneur aux sportifs japonais participants aux JO de Cortina. Un détective un peu pataud, accompagné de sa jeune recrue dynamique, cherchent le suspect d’un meurtre au beau milieu d’une station de ski. C’est le pitch d’un "Spécial" de Noël, spécialité japonaise comblant le trou des programmes entre la fin des séries d’automne et le début de celles d’hiver. Si, en plus, ces spécialités saisonnières et télévisuelles peuvent rassembler les familles devant le poste, durant le shōgatsu, moi, diffuseur, je dis "j'achète !" pour les recettes publicitaires.

La recette du pactole ? Une série consensuelle et familiale. Une réunion d'acteurs identifiables et appréciés des familles comme Muro Tsuyoshi et Nakama Yukie et un petit beau gosse maladroit en la personne du gendre idéal Hosoda Kanata. Un cadre paradisiaque, c’est fait aussi : les montagnes sont magnifiques en toute saison et une entrée d’argent supplémentaire avec la promotion éhontée de la station complétera les frais engendrés par les cachets des acteurs. Un scénario simple, voire simpliste, achève la recette, même si Higashino Keigo, grand auteur de roman de gare, est cité dans le titre.

Artistiquement et scénaristiquement, cette série en deux épisodes n’a pas d’autre intérêt que de nous faire passer un moment tranquille au coin du feu un dimanche d’hiver durant ces Jeux olympiques où les Japonais vont certainement briller en snowboard, vu le niveau dans la série. Nous, on assénera des « yokatta » chaque fois que les protagonistes se les pèleront dehors. Les paysages de montagne sont magnifiques, sublimés par la HD, et vont clairement faire augmenter la clientèle de cette station dès les prochaines vacances d’hiver.

Le but de cette série est donc atteint. Mais la déception de ne pas avoir vu plus de folie dans ce Spécial, aussi. Hosoda Kanata et Nakama Yukie sont quand même connus pour ça. Le personnage du détective a une retenue et une soumission à ses supérieurs décevantes. Seules quelques grimaces le sauvent.

Bref, faites votre opinion vous-mêmes : les Tantei Drama se passant dans des décors extérieurs sont assez rares pour piquer votre curiosité. Mais attention, le froid, ça pique vraiment.

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