Details

  • Last Online: 1 day ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Completed
The Man from the Sea
1 people found this review helpful
Aug 10, 2021
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Face à la mer

Fukada Koji est un grand réalisateur de cinéma qui peine encore à percer au delà du Japon, alors même qu'il fait régulièrement l'affiche des festivals européens depuis 10 ans. Certains diront "si, si, son succès est incontestable au-delà de ses frontières", mais même l'ultra surcotée Kawase Naomie n'est peu connu du grand publique, malgré le succès, là aussi relatif, des Délices de Tokyo (An) ("à oui, c'est elle !!!"). La faute à une distribution et un mépris heureusement de moins en moins catastrophiques, mais qui a encore du chemin à faire. Effectivement, ce "Soupir des Vagues" (jolie titre français d'ailleurs) Umi o kakeru en original, date de 2018 et sort en juillet 2021 dans les cinémas français. Fort du succès, toujours relatif, d'Harmonium et en attendant d'autres œuvres, Hanabi et ArtHouse essayent d'effacer l'insulte faite à ce grand réalisateur, passionné de cinéma. Le Covid n'excuse pas tout et il serait tant que les mégacomplexes s'emparent aussi de ses productions encore cantonnées, en province tout du moins, aux salles de cinéma indépendantes.

Car le cinéma de Fukuda a ce ne je sais quoi qui fait le sel des productions comme Parasite pourtant largement encensées en 2019. L'image est belle et l'ouverture de cette histoire, se passant sur les plages indonésiennes est un plan fixe d'une minute sur les vagues qui vous envouteront à souhait. Pas spécialiste du cinéma, en général, je sais pourtant apprécier, son cadrage, son montage, la couleur et sa lumière, loin de donner la nausée et comme Kawase c'est justement trop bien le faire.

Difficile de décrire un film de Fukuda sans spolier l'intrigue et je pense que c'est justement ce qui justifie, parfois, la mauvaise note que peuvent obtenir ses films sur toutes plateformes de critique du net, celle-ci y comprit. En effet, souvent pépère durant la première moitié du film, anesthésiant le spectateur par des tranches de vie parfois sans intérêt, surgit plus au moins à un moment inattendu un switch qui vous fait crier au génie. Mais qui malheureusement, et c'est là sa faiblesse, rend le film insipide si on vous l'a divulgâché. Alors 3 ans après sa sortie au cinéma et déjà vue par bon nombre de passionnés, grâce aux bouches à oreilles, ce film, comme d'autres du réalisateur peut perdre clairement de son intérêt si on vous gâche la fin. Comme ce n'est pas mon cas, il faudra courir voir ce film au cinéma pour son image, donc des paysages des plages indonésiennes, lieu même où c'est déroulé le tsunami qui à fait tant de ravage et de morts.

L'autre intérêt par rapport à d'autres de ses films, c'est l'entrée du fantastique, certes léger, mais surtout la diversité des cultures qui se mêlent et le rappel constant à l'histoire de ce pays. Si vous cherchiez beaucoup de lignes de texte en japonnais vous serez sans doute déçus, car c'est la langue indonésienne qui est mise en avant. L'histoire se passant dans une famille binationale, qui reçoit la venue d'une cousine du Japon en visite. Mais c'est l'arrivée de Dean Fujioka qui va bouleverser la vie de cette famille plutôt aisée, vivant dans un pays encore très pauvre. On découvre donc l'Indonésie et sa langue mise en avant par le réalisateur et ça fait du bien. Un réalisme saisissant qui tranche avec l'entrée du fantastique. Un quotidien presque ennuyeux qui se révèle fort de symboles pour ceux qui savent les déceler. La présence du Japon durant la 2de guerre mondiale, la disparition des proches, la fatalité face aux éléments naturelle, les castes, le système patriarcal, etc...

Bien sûr, certains seront attirés par les acteurs japonnais, Dean Fujioka en premier. Mais son rôle nécessite, très peu de dialogue et encore moins de présence et pourtant quel charisme ici aussi. Les groupies seront sans doute déçues. Un peu moins, peut-être pour la jolie et talentueuse Abe Junko qui se spécialise dans les rôles arti et internationaux au cinéma et c'est un peu dommage, car elle pourrait illuminer de sa présence un peu plus le petit écran. Mais tout ce qui est rare est précieux, non ? Comme sa parole d'ailleurs, car les dialogues sont finalement assez absents de ce film.

L'image est forte et belle. Le contenu est aussi fort de sens. Les effets spéciaux pourront faire un peu rire et sont presque superflus, mais comme pour tous ses films, Fujikoda arrive à renverser la vapeur à un moment ou à un autre et nous fait ressortir moins bête et le sourire aux lèvres, en se disant je ne l'avais pas vu venir celle-là, une fois de plus. Comme cette vague qui a ravagé tant de famille en 2004.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
At the Moment
0 people found this review helpful
10 days ago
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 9.5

Tout pour CE moment.

On attend tous ce moment, dans les dramas romantiques, où les personnages principaux vont enfin se déclarer leur flamme. Après avoir ingurgité des heures de « fuis-moi, je te suis », ce climax nous récompense de notre patience. Mais qu'en est-il lorsque les scénaristes décident de nous proposer une histoire d'amour différente à chaque épisode, au point que rien ne semble relier ces récits entre eux ? Une idée qui pourrait facilement transformer la série en simple soap réalité digne des matinées de TF1. Si les deux premiers épisodes renforcent cette impression, il y a bien un jour où tout a basculé, rendant ces trop courtes histoires d'amour véritablement passionnantes.

Dès le générique, on comprend que la série souhaite nous faire découvrir l'amour sous de multiples formes. En seulement dix épisodes, il est impossible d'en explorer toutes les facettes, mais le spectre abordé reste remarquablement large et mis en scène avec beaucoup de justesse. Ancrée dans la réalité des années Covid, l'histoire pourrait tout aussi bien ce situer en 2026. Télé-réalité, précarité, handicap, sexualité, bisexualité, homosexualité : At the Moment n'oublie pratiquement aucun sujet de réflexion propre aux années 20. La solitude engendrée par la pandémie, mais plus largement celle qui caractérise déjà nos sociétés modernes, constitue le fil conducteur de chaque épisode. Pourtant, loin d'être déprimante, la série déborde de joie de vivre et d'espoir. Même les spectateurs peu attirés par les histoires d'amour y trouveront leur compte, ne serait-ce que pour l'humour et l'attachement que l'on développe envers les différents protagonistes.

On peut alors regretter de les voir disparaître après chaque épisode, remplacés par un nouveau couple auquel on s'attache pourtant tout aussi rapidement. En réalité, ils ne disparaissent jamais complètement. Ils reviennent sous forme de caméos dans les épisodes suivants, jusqu'à ce que beaucoup d'entre eux finissent par se retrouver à l'approche du dénouement. C'est alors que l'on réalise à quel point on s'était attaché à eux, à leurs sentiments devenus les nôtres, à leurs doutes et parfois même aux choix que l'on aurait souhaité différents. Une pléiade d'acteurs taïwanais de premier plan se succède à l'écran et incarne ces personnages avec beaucoup de sincérité et de talent.

C'est cette variété de situations, dans un Taipei sous cloche durant la pandémie, qui nous fait vibrer jusqu'à souhaiter que la série ne s'arrête jamais. Loin d'être mièvre, elle nous fait réfléchir tout en nous divertissant, comme peu d'œuvres savent le faire. Un véritable moment de bonheur, qui restera longtemps gravé dans nos mémoires.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
The Dogs of Karma Season 2
0 people found this review helpful
11 days ago
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 7.5

La fin de la vengeance chère !

Deux ans d'attente interminable pour la suite de Gedou no Uta en drama. Ce manga en 15 volumes, dont DMM TV voulait faire l'une de ses séries phares en 2024, a pris son temps pour nous offrir une conclusion aux événements de l'épisode 6 de la première saison. Au moins, les plus impatients auront pu feuilleter l'œuvre de Watanabe Daisuke, parue en 2016.

Pour fêter les dix ans du manga, DMM TV nous livre donc une nouvelle fournée de six épisodes, à regarder avec le plus grand esprit critique possible. L'ultra-violence et les scènes insoutenables sont bien de retour, mais le propos sur la vengeance et la justice prend une nouvelle dimension avec l'omniprésente Congrégation du Petit-Déjeuner.

Alors que Kamo et Tora rendaient leur justice de manière presque artisanale, voilà qu'apparaît une sombre organisation de rang mondial, décidant en son sommet qui mérite ou non de mourir. La saison relègue alors Sonoda et la vengeance qui l'accompagne au second plan. Après la question « Peut-on se substituer à la justice ? », la série nous demande désormais : « Peut-on déléguer sa vengeance à une multinationale? »

Cette loi du talion vendue au Prisunic pousse Kamo à s'interroger sur ses propres actes et lui confère une humanité qui contraste avec les agissements sans âme de cette pieuvre tentaculaire. Si tous ses membres sont devenus des exécutants par désespoir, victimes inconsolables d'un drame, chacun semble avoir perdu l'idéal qui a présidé à sa création. Argent, pouvoir, influence : plus rien ne semble réellement différencier cette organisation d'une mafia.

Le personnage magistralement interprété par Baba Fumika prend alors une toute nouvelle dimension et s'impose comme la véritable star de la saison. Minami Sara, pourtant présentée un temps comme le troisième membre de la librairie, est finalement très peu présente à l'écran. Des personnages hauts en couleur lui volent constamment la vedette.

Mizobata Junpei est glaçant de froideur, mais également touchant face à une Ano qui cache particulièrement bien son jeu. La plupart des épisodes sont consacrés à expliquer les liens entre les différents protagonistes. À travers flashbacks et révélations, l'aide apportée aux victimes se réduit comme peau de chagrin dans cette saison 2. Il semble bien loin le temps où chaque épisode était consacré à une victime avant de se conclure par une mise à mort des plus sordides.
Cette deuxième saison répond à de nombreuses questions, mais son format nous laisse une nouvelle fois sur notre faim. Si de nouveaux grands antagonistes apparaissent, laissant la porte ouverte à une suite, elle tente également de conclure certains arcs narratifs de manière trop expéditive.

On attendait davantage de mystère autour de Sonoda, dévoilé jusque-là à doses homéopathiques et nous invitant sans cesse à réfléchir sur sa personnalité. Malheureusement, quelques maladresses dans sa conclusion viennent gâcher une partie de notre plaisir malsain de voyeurs.

La série reste déconseillée aux moins de 16 ans. Toujours dérangeante, elle continue d'interroger notre rapport à la justice et à la violence. Elle s'autorise également quelques tranches de vie réjouissantes entre nos deux justiciers et leur fille adoptive.

On oublie souvent de le rappeler, mais Gedou no Uta est aussi une série sur la famille. Kamo retrouve une certaine stabilité auprès de Tora et de Nanako, qu'il considère comme sa propre famille. D'autres cellules familles sont abordées, souvent dysfonctionnelles, parfois mafieuses. Mais au bout du compte, la famille reste la famille.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Forget You Not
0 people found this review helpful
May 3, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 7.5
Rewatch Value 9.0

N'oubliez jamais, j'ai entendu mon père dire...

Voilà une série prenant le thème de l’abandon comme fil directeur de ses huit épisodes, et pourtant elle arrive à se réinventer à chacun d’eux. Il faut dire qu’avec Ying Shiuan Hsieh, l’histoire de son personnage devient tout simplement passionnante, et révèle une nouvelle fois une justesse, un réalisme et une transmission d’émotions que peu d’actrices, sont capables d’offrir. Même si mes connaissances sur les actrices taïwanaises sont encore embryonnaires, j’ai vite compris qu’elle faisait partie du haut du panier des brioches vapeur.

OK, j’entends le silence gêné dans la salle laissé par cette blague de mauvais goût, et pourtant Dieu sait que j’aime la nourriture chinoise. Mais j’aime également le stand-up, et c’est justement l’activité principale de notre héroïne du quotidien dans la série.

Cet autre fil rouge, loin d’être invisible, permet à la série de passer du rire aux larmes sans temps mort. Comme les prestations sur scène d’une comique confirmée, chaque épisode est une véritable montagne russe d’émotions. Je ne peux évidemment que saluer les choix des académies pour les nombreuses récompenses attribuées à Ying Shiuan Hsieh, mais dans ce rôle de quadragénaire, elle crève littéralement l’écran. Elle nous fait rire avec son show et nous entraîne dans sa dépression lors de longues séquences larmoyantes dans sa vie.

Il faut dire que l’histoire est profondément universelle. La gestion du grand âge est certainement le défi majeur de toutes les sociétés actuelles, de l’Asie à l’Amérique, en passant par l’Afrique et l’Europe. Si élever des enfants était l’aventure moderne du XXe siècle, bien vieillir pour nos aïeux, et les accompagner pour nous, lorsque l’on a 40–50 ans et que l’on est accaparé par son travail, sa progéniture, son conjoint ou son absence de conjoint, résonne comme l’aventure moderne de ce siècle. À travers le miroir de la démence, c’est l’oubli, la solitude et le vide de nos vies qui se reflètent. Cette série est alors ressentie comme un manuel de survie pour la quadra moderne. La solitude est bien présente pour toutes ces femmes encore plus que pour les hommes, en général, et le père en particulier. Malgré la bande de copines et même pour la mère de famille, tant le mari est une caricature de mari absent.

Pourtant, on est rarement dans le pathos. Le père, conscient de son état et de son âge, perdant ses amis les uns après les autres, continue de donner de l’énergie positive en faisant son show, jusqu’à l’épuisement. Pierrot lunaire, il remplit de poésie certaines scènes, tranchant avec le réalisme de la vie de sa fille. On découvre avec tendresse la relation qui lie père et fille, dans le présent comme dans les nombreux flashbacks, joués par des acteurs plus jeunes mais pas moins talentueux, où celui-ci s’efforçait de faire bonne figure lorsqu’il élevait sa fille seule tout en montrant de l'égoisme. Forgeant ainsi le caractère de sa fille, idéalisant une mère plus contactée depuis 30 ans

On vibre avec Ying Shiuan Hsieh dans ses réussites professionnelles, amoureuses et sa quête de retrouver sa mère et on espère que tout se finira bien pour ces personnages si attachants et parfois si drôles. Mais le réalisme de la série nous rattrape, certainement comme nos problèmes dans la vraie vie. Forget you not est une vraie réussite d'une toute débutante réalisatrice Rene Liu connue pour ses 30 ans de carrière d'actrice. Ce manuel de vie universel et poétique est ma série préférée de 2025, et vous ne l'oublierez jamais.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Born for the Spotlight
0 people found this review helpful
Apr 5, 2026
12 of 12 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.0

Les 90% manquants

Dans ma quête des meilleurs dramas taïwanais, je lorgne évidemment du côté des productions Netflix, le pognon dégoulinant souvent à l'écran, si ce n'est que pour le casting, la musique ou le scénario/production. Born for the Spotlight regroupe ces trois sommets de la triforce d'un drama d'exception, alors même avec trois ans de retard sur sa sortie et seulement 6 mois d'apprentissage du mandarin, j'ai pris un plaisir de dingue à suivre l'ascension et la chute de ce qui se fait de mieux en termes d'actrices taïwanaises.

En effet, la frontière entre la fiction et la réalité n'a jamais été aussi mince que dans cette série. Bien sûr, dans le monde et jusqu'en France, comme avec Dix pour cent, il y a bien des séries qui dépeignent la vie des acteurs et du showbiz. Mais pour me passionner à ce point, c'est bien que celle-ci coche toutes les cases d'une série parfaite.

Je connais encore très peu les acteurs taïwanais, 20 ans de dramas japonais ne se remplaçant pas si vite, mais si je devais désigner des prix, l'ensemble serait raflé par le cast :
- Prix de la révélation féminine pour Lin Ting Yi
- Prix du meilleur second rôle ex aequo pour Annie Chen, Isa Hsieh ou Gui Mei Yang
- Prix de la meilleure actrice pour Ying Shiuan Hsieh et bien sûr prix spécial pour l'ensemble de sa carrière, du fait qu'elle n'en a jamais reçu, pour Cheryl Yang.

Si on ne devait d'ailleurs retenir qu'un personnage, c'est elle qui l'incarne le mieux. Dans le rôle de Chou Fan, elle semble si réelle et nous rappelle tellement d'actrices, même françaises, qu'il en est flippant de vérité. Mais encore une fois, tous les rôles le sont.

Chaque personnage représente une période de la vie d'une actrice, comme on pouvait s'y attendre. Mais loin d'être pathétiques, elles montrent chacune force et faiblesse en se montrant tellement humaines. Même quand elles sont exécrables, elles sont aimables. Cet hymne à l'amour envers le cinéma et la TV est une déclaration sans faille mais non sans humour. Si l'amour et l'amitié, notamment entre femmes, sont au cœur du scénario, l'humour est omniprésent et quelle que soit la période de notre vie, notre genre ou notre statut marital, nous trouverons dans ce drama de quoi nous fendre le coquillard. Il respire la bonne humeur autant que les bons sentiments et les coups bas. On vibre pour la jeune première, on espère un happy end entre la bande de copines ou une réconciliation entre la mère et la fille… et tout ça avec une production réaliste, sans chichi, mais surtout sans fausse note. La musique et les insert songs pop rajoutent de la l'énergie, déjà bien présente grâce au cadrage, au rythme moderne et au savoir-faire de Netflix et des réalisateurs taïwanais.

Un must de la production locale, qui montre toutes les facettes du travail cinématographique, sans temps mort un humour ravageur et surtout avec une sincérité sans faille. À regarder avec ses amis perdus de vue depuis si longtemps.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
SPEC: Life
0 people found this review helpful
Apr 5, 2026
1 of 1 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 9.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

Le repos éternel... pour le moment.

Si la première saison de Spec se terminait sur un « what the fuck » de dingue, laissant le fan dans une détresse inconsolable durant plus d’un an, le film Spec: Life, sorti en 2012, comptait bien le ramener à la vie, zombifié qu’il était par le climax du dernier épisode.
Ce film regroupe en 1h30 le meilleur de la série, avec un côté plus sombre, pour ne pas dire plus mature.
La maturité, en effet, se révèle surtout dans le personnage de Erika Toda, qui, si elle avait bien caché son SPEC durant 10 épisodes, montre ici une utilisation outrancière de son pouvoir. « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » n’a jamais été aussi vrai que dans cet épisode. Tout est décuplé par rapport à la série, du fait que les événements ont maintenant un retentissement mondial, et surtout par la présence de quasiment tous les acteurs de la première saison. Sans en dire plus sur le scénario, une nouvelle fois complètement barré, c’est un vrai bonheur de revoir Ken Yasuda, Ryunosuke Kamiki ou encore Tetsushi Tanaka, évidemment dans des flashbacks…

La longue liste d’acteurs éclipse de fait Erika Toda et Ryo Kase, d’autant plus que Kazuki Kitamura, dans un rôle de yankee/yakuza/flic, occupe parfois tout l’écran… mais pas toujours dans le bon sens. Il forme alors avec Kase Ryō un sacré duo de flics : le chien fou et le mec posé, comme dans tout bon buddy movie et rappelant le duo du début, séparé pour les besoins du scénario.

S’entrechoquent alors des conflits d’intérêt entre les ex-partenaires, rendant cet épisode particulièrement prenant. Si l’humour s’est déporté sur Kitamura Kazuki, l’ambiance est bien plus sombre.

Cet épisode, devant servir de conclusion à la saga, pose des questions éthiques et morales sans fin. Sebumi-san, étant droit et intègre comme jamais, cherche de bout en bout à sauver Saya-chan de la malédiction du pouvoir.
L’heure et demie passe sans temps mort. On aurait tout juste souhaité que ce soit plus long. Mais cette conclusion n’en était, en 2012, évidemment pas une, tant nos personnages avaient encore à donner.
Ceci dit, un amateur d’occulte et de SF doit avoir vu la première saison et cet épisode pour pouvoir mourir tranquille… à condition que Tōma veuille bien nous laisser reposer en paix.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
SPEC: Birth
0 people found this review helpful
Mar 23, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

La Spec-tialité du Drama Japonais

Si un drama a marqué la décennie précédente, c'est bien Spec. Sortie à une époque où le Japon exportait encore peu ces Dramas, Big N permet aujourd'hui à toute une génération de découvrir la folie qui frappe souvent les scénaristes japonais, matière de super-héros, ou de Buddy Movie.

Et pourtant, à l'écran comme sur le papier, rien ne prédestinait cette série à devenir culte. Deux acteurs à la renommée encore balbutiante en les personnes de Kase Ryo et la jeune Erika Toda avaient encore tout à prouver à l’époque. Des sidekicks bedonnants, voire ridicules, et surtout une ambiance et une mise en scène à la Derrick. Je prends volontiers un exemple occidental m’adressant non pas aux fans de la série ou même de séries policières japonaises du début des années 2000, mais bien aux néophytes, ayant quand même les séries soporifiques de papy et mamie en référence. Démarrant et prenant en bonne partie place dans ce bureau austère de la section Mushou, la mise en scène, les « bon sang, mais c’est bien sûr », les « Hercule Poirot » ou les explications de notre enquêtrice à l’oreille du coupable dans les cinq dernières minutes rappellent tellement tout ce qui s’est fait ces cinquante dernières années, d’Agatha Christie à Detective Conan en passant par Columbo. Si bien qu’on était prêts, pour beaucoup de jeunes de 2010, à passer notre chemin.

Mais il a été évoqué dans cette trop longue introduction qui semble figé le temps, peut-être, les uniques points négatifs. Car tout le reste n’est que bonheur, faisant de cette œuvre une masterpiece du drama japonais, toutes catégorie confondues.
Le thème encore peu exploré à l’époque des pouvoirs surnaturels et de la section d’enquête rappelle évidemment X-Files, mais avec un humour décalé et une écriture loufoque, que permettent toutes les dingueries du thème. Un mélange de buddy movie et de X-Files dans une ambiance à la Derrick, mêlant humour, suspense et émotion avec un minimum de moyens.

Le côté cheap de la série (tout du moins dans les premiers épisodes) est largement compensé par la prestation de nos deux acteurs. Sebumi froid, strict mais tellement touchant au fur et à mesure de sa progression dans ce monde irrationnel. Tout le talent d'une futur star de cinéma qu'est devenu Kase Ryo après cette série était déjà là. Se baladant avec son petit sac en papier, il fait autant de peine qu’il impose le respect, mais toujours avec classe. Il incarne à la perfection le Japon de l’ordre, des traditions et de la hiérarchie. Mais les temps changent, preuve en est le rappel permanent à la construction de la Skytree, symbole de l’ouverture du pays à la modernité et au reste du monde.

Symbole incarné également par la pièce maîtresse de l’œuvre, celle qui porte sur ses épaules toute la perfection de celle-ci, c’est bien sûr Toda Erika. Alors qu’elle servait surtout de faire-valoir à des partenaires masculins comme dans Liar Game encore deux ans plus tôt, elle crève littéralement l’écran dans son rôle de Toma. Cassant par la même tous les codes attribués au genre féminin dans les dramas, y compris d’enquête. Fini l’ingénue sexy en admiration devant l’enquêteur. Fini également l’intellectuelle, rat de bibliothèque… mais sexy. Non, Toma est crasseuse, lourde, vulgaire, autoritaire, maladroite, et passe les dix épisodes avec un bras dans le plâtre, sa valise dans lautre main. Toma n’a rien d’une Cendrillon, les cheveux sont sales, elle sent l’ail et ingurgite des gyoza à longueur de journée, et tout ça la rend pourtant tellement fascinante. Elle incarne la série, mettant à genoux tous ses partenaires, qui semblent alors jouer leur rôle comme des enfants.

Il y a bien d’autres personnages emblématiques, comme le chef trop vieux pour sortir avec la toute jeune Arimura Kasumi (16 ans à l’époque), mais vous vous en doutez, ils sont tous d’un pathétisme absolu, dénonçant il y a 16 ans déjà le patriarcat maladif d’un Japon toujours dans une mouvance paternaliste. Mais tout n’est pas parfait dans la série, comme la tendance de Sebumi, dans les premiers épisodes, à facilement donner un coup à sa partenaire, rappelant qu’en 2010, le machisme, c’était aussi ça.

Erika met clairement un coup de pied dans la formule et est propulsée, grâce à ce rôle entre autres, dans la cour des grandes actrices, mais aussi des influenceuses de l’époque. Et tout ça avec un humour ravageur, des situations plus loufoques les unes que les autres. Les Specs permettent tous les délires, mais même sans cela, avec un duo aussi en iconique, une musique et même une ambiance sonore aussi prenantes, Spec reste LA série de l’ère Heisei, cette période qu’on essaye d’oublier par un grand lavage de cerveau. Mais impossible d'effacer un souvenir si odorant.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Miss King
0 people found this review helpful
Mar 11, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Kishi drama

2025 a été le retour du shogi dans les dramas. Le sport cérébral numéro 1 au Japon s'est fendu de deux dramas le mettant à l'honneur dans des contextes en manque, malheureusement, d'originalité. D'abord Hotei no Dragon remettait sur le devant de la scène Mone Kamishiraishi sans vraiment me convaincre, puisqu'il n'était rien d'autre qu'un énième lawyer drama. Puis Miss King et sa promesse d'épisodes courts (38 minutes), peu nombreux (8), mais efficaces pour renouveler le genre du revenge drama, grâce à des stratégies issues du shogi. Tient-il plus la route ? Il serait de bon ton d'analyser la feuille des déplacements d'après-match pour le savoir.

Je suis donc arrivé sans trop de difficultés jusqu'à la finale (des épisodes) et voté pour la promulgation en kishi de ce revenge drama. Mais je dois avouer être encore perplexe. Si voir Non dans un premier rôle enchante par sa fraîcheur, sa simplicité et son franc-parler, l'histoire reste plutôt creuse. Vue mille fois dans d'autres contextes, on est loin de la psychologie et des émotions de March Comes in Like a Lion, le maître étalon du genre, celui du "petit génie du ... ".

Bien sûr, Miss King est une excellente entrée en matière pour découvrir le monde du shogi. J'ai bien dit le monde, et pas les règles, car le néophyte sera tout simplement incapable de suivre un tant soit peu une partie. Heureusement, les scènes courtes consistent surtout en des plans sur les visages des concurrents et un rapide survol du plateau afin d'apprécier les différentes manières de déplacer les pièces. Du glissement hésitant au claquement de celles-ci sur le plateau, toute la subtilité de l'attaque psychologique envers l'adversaire réside dans le simple bruit de la pièce posée sur le bois.

Si la trame principale n'est pas très passionnante, classant la série dans le genre shonen avec des sensei à gogo, fusionnant maître Miyagi avec maître Yoda et transformant la « miss padawan kid » fougueuse en génie du calme et de la réflexion, la production essaye quand même d'envoyer des messages au spectateur. Mais là aussi, sans réelle finesse. Miss King interroge la parentalité, en reprenant de la manière la plus maladroite possible la vieille rengaine du « Papa outé ». Elle dépeint également la condition féminine dans le monde du shogi, parabole de la société japonaise actuelle (ou presque). Ce manuel du féminisme pour les nuls hérite lui aussi de clichés grotesques (mais en cours encore dans ce milieu), femmes méprisées par des hommes se croyant encore à l'ère Edo. Mais qui n'arrivent à convaincre qu'eux-mêmes.

Reste la prestation de Non, qui aurait mérité une réalisation plus ambitieuse, des sidekicks et des histoires parallèles d'opposants détestables devenant des alliés essentiels sur plusieurs épisodes, par exemple. Les personnages secondaires sont aussi transparents que l'a été son père durant son enfance. AbemaTV a clairement décidé de ne pas ennuyer le public avec des longues side story, et le choix est plutôt discutable, sachant la réussite de March Comes in Like a Lion dans ce domaine.

Peu de profondeur de toute part, cette série ne laissera donc que peu de traces dans le monde des shonens sportifs, rendant contre-productif son message. Comme si la première kishi femme n'était pas un événement en soi. Comme si les femmes n'étaient pas capables de tout abandonner pour leur passion comme un homme, esclaves de leurs émotions qu'elles sont. Pour ce monde moderne qui souhaite tant revenir au système patriarcal de l'ère Edo, la part de féminité est un poison à combattre, ramenant la gent masculiniste à sa propre faiblesse. Ce drama révèle toute la bassesse de l'homme avec un petit h et c'est déjà ça !

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Setsuen Chase
0 people found this review helpful
Feb 6, 2026
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Le colonel Moutarde, avec le snowboard, dans la bibliothèque

Voilà le drama idéal pour faire honneur aux sportifs japonais participants aux JO de Cortina. Un détective un peu pataud, accompagné de sa jeune recrue dynamique, cherchent le suspect d’un meurtre au beau milieu d’une station de ski. C’est le pitch d’un "Spécial" de Noël, spécialité japonaise comblant le trou des programmes entre la fin des séries d’automne et le début de celles d’hiver. Si, en plus, ces spécialités saisonnières et télévisuelles peuvent rassembler les familles devant le poste, durant le shōgatsu, moi, diffuseur, je dis "j'achète !" pour les recettes publicitaires.

La recette du pactole ? Une série consensuelle et familiale. Une réunion d'acteurs identifiables et appréciés des familles comme Muro Tsuyoshi et Nakama Yukie et un petit beau gosse maladroit en la personne du gendre idéal Hosoda Kanata. Un cadre paradisiaque, c’est fait aussi : les montagnes sont magnifiques en toute saison et une entrée d’argent supplémentaire avec la promotion éhontée de la station complétera les frais engendrés par les cachets des acteurs. Un scénario simple, voire simpliste, achève la recette, même si Higashino Keigo, grand auteur de roman de gare, est cité dans le titre.

Artistiquement et scénaristiquement, cette série en deux épisodes n’a pas d’autre intérêt que de nous faire passer un moment tranquille au coin du feu un dimanche d’hiver durant ces Jeux olympiques où les Japonais vont certainement briller en snowboard, vu le niveau dans la série. Nous, on assénera des « yokatta » chaque fois que les protagonistes se les pèleront dehors. Les paysages de montagne sont magnifiques, sublimés par la HD, et vont clairement faire augmenter la clientèle de cette station dès les prochaines vacances d’hiver.

Le but de cette série est donc atteint. Mais la déception de ne pas avoir vu plus de folie dans ce Spécial, aussi. Hosoda Kanata et Nakama Yukie sont quand même connus pour ça. Le personnage du détective a une retenue et une soumission à ses supérieurs décevantes. Seules quelques grimaces le sauvent.

Bref, faites votre opinion vous-mêmes : les Tantei Drama se passant dans des décors extérieurs sont assez rares pour piquer votre curiosité. Mais attention, le froid, ça pique vraiment.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Bento Harassment
0 people found this review helpful
Jan 18, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

La boîte aux sentiments

Shinohara Ryoko fait partie du paysage médiatique depuis tant d’années qu’elle donne l’impression de faire un peu partie de la famille. C’est donc tout naturellement qu’elle prend le rôle de cette mère courage, un peu cinglée mais tellement aimante envers ses deux filles.

Une single mother des années 2000, mise à l’écran en 2019, et révélant le potentiel comique de cette touche-à-tout du PAJ, paysage audiovisuel japonais. Pendant presque deux heures, elle accompagne le difficile passage de l’âge bête à l’âge un peu moins bête de sa seconde fille.
Rien de bien nouveau dans ce film qui reprend les codes du teenage movie : mère oppressive, fille rebelle… Chacun trouve cela normal, mais quand on vit sur une île à 300 km de Tokyo, en plein milieu du Pacifique, cela prend une ampleur cinématographique.

Alors que Yoshine Kyoko avait déjà une longue carrière derrière elle, du haut de ses 21 ans, elle incarne, grâce à sa morphologie, le rôle d’une lycéenne de 16 ans, et ça passe dans la quasi-totalité des scènes.

Le film pourrait détendre un moment, mais il s’éternise sur des banalités, le conflit générationnel (mais avec beaucoup d’amour), la quête de soi, les envies futures, le poids de la société. Ce teenage movie, vu du point de vue de la maman et un peu de la fille, n’apporte finalement pas grand-chose à part un déversement de bons sentiments. Il résonne comme une parabole de l’envol de l’oisillon du nid, thème tellement abordé dans les médias depuis que la dernière aventure moderne semble être de fonder une famille.

Les bentos auraient pu être la véritable star du film, mais ils restent drôles sans être vraiment fun. On sourit un peu avec Sadako, mais quel adolescent n’a jamais traité sa maman chérie de démon ?

Les paysages sont beaux, les sentiments le sont aussi, alors ne vous privez pas, mais ne le regardez pas si vos enfants viennent ou vont quitter le nid, des larmes risquent de couler jusqu’à l’océan. Pour les autres, ce sera plutôt : « Ma mère est aussi comme ça ! », mais au fond, on rêve tous d’en avoir une ainsi.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Fake Mommy
0 people found this review helpful
Jan 4, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

Mamans Poules

Une histoire de cachotteries réunit deux des actrices les plus douées de leur génération : Haru en super nanny coincée et Kawaei Rina en maman fantasque aux préoccupations légères. Si le ton peut paraître léger, rappelant une certaine Anya Forger découvrant l’élégance de l’académie Eden, la série n’en est pas moins profonde et touchante. Elle contribue, comme d’autres ces dernières années, à interroger la notion de famille au XXIᵉ siècle, face à des mœurs japonaises figées à l'ère Edo.

Le parallèle avec Spy×Family s’arrête toutefois assez vite. C’est même presque l’inverse : la sympathique Ikemura Aoi est un génie né, prête à tout pour intégrer l’école réservée aux enfants surdoués du pays. Pas de chance, comme dans la célèbre série d’espionnage à la fake family, il faut être issu d'une famille "équilibrée" de la haute bourgeoisie pour intégrer l'académie. Sa mère, auto-entrepreneuse dans la vente de jus de fruits, n’a ni le pedigree ni le temps à consacrer à la scolarité de sa fille, qui rêve de devenir astronaute, ou tout du moins astronome. Face à un tel rêve et à un tel potentiel, elle commet l’impensable pour faire plaisir à sa fille : une mère de substitution. Haru Poppins elle même surdiplômée, mais au chômage, prend alors sa place pour parvenir à l’inscrire dans cette école d'élites

On pourrait alors espérer une multitude de quiproquos, de moments gênants et hilarants pour préserver le secret, mais Fake Mummy n’est pas un gag manga comme SXF. Pleine de bons sentiments, elle pourrait laisser présager de longs moments pathos. Pourtant, des mystères et des moments angoissant viennent parsemer la série et ils sont plutôt bien menés. La réalisation comme l’écriture évitent l’ennui et tiennent en haleine, notamment grâce au soutien de très bons acteurs. Les trois acteurs masculins principaux forme d'ailleurs un trio d'élégance, chacun dans leur genre.

Se croisent alors une guerre entre deux start up, dont la rivale de Kawaei est dirigée par un salaud toujours aussi magistral dans ce rôle qu'est Kasamatsu Sho, des cachotteries faites à d’anciens camarades de classe, et des mensonges omniprésents envers ses amis les plus chers. Les histoires d’amour qui naissent entre les protagonistes sont de ce fait rudement menées. À cela s’ajoutent des seconds rôles certes vus mille fois, comme les parents délégués au pouvoir surdimensionné dans l’école et au profil aussi inquiétant que drôle.

Mais l’essentiel est ailleurs. On retrouve dans cette série ce qui fait le charme d’une présence d'enfant. On ne peut qu’être touché par la maturité d’Aoi-chan face aux déboires des adultes et à l’énergie qu’ils déploient pour son bonheur. Le trio qu’elle forme avec Haru et Kawaei Rina touche à coup sûr. Des moments de vie traversent ces dix épisodes, critique une fois de plus d’une société sclérosée, mais sans temps mort, et l’émotion est régulièrement au rendez-vous. La série est moderne : elle dépeint des familles de 2025, et vous vous reconnaîtrez forcément dans l’un ou l’autre des personnages.

La beauté de cette série n’a d’égale que le nombre de "grains" visibles à l’écran, et pas seulement celui d'Haru. Et comme si être le grain de beauté le plus célèbres du Japon ne suffisait pas, Haru termine la diffusion de celle-ci en même temps qu'elle célèbre son mariage avec Takasugi Mahiro, marquant l’année 2025 de son empreinte. Une autre figure marquante de l’année participe à la messe : la talentueuse Chamina, qui signe un ending de très haut niveau.

Après tous ces mystères et ces émotions, il est temps pour moi d’aller prendre une claque de romantisme avec Watashi no Oyome-kun. Sûr qu’il aura désormais une autre saveur.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Cube
0 people found this review helpful
Jan 2, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

La boucle est bouclée, encore et encore...

C’est en me faisant une rétrospective Masaki Suda que j’ai eu comme une impression de « déjà-vu » avec ce film de 2021. Mon présentiment ressemblait à un passage d’une pièce à une autre, tout en rentrant toujours dans la même, et cela sans jamais trouver la sortie. Et c’est en voulant chercher le lien sur « le dieu Internet » entre As the Gods Will et Cube (ceux qui ont vu les deux comprendront) que je me suis rendu compte que j’avais déjà vu ce film il y a bientôt… 30 ans.
Et oui. Dans une autre vie, avant d’être passionné par le drama japonais, je faisais un cursus mathématique et découvrais par la même occasion, en 1997, Cube sur les écrans. Presque dix ans avant Numbers, la série américaine, le Canadien Vincenzo Natali réalisa cet hommage aux mathématiques et inventa du coup le concept d’escape room « en live » (avant, c’était du point & click, mais ça, c'est de la préhistoire). Bien sûr, depuis Running Man (1982) de Stephen King, rien de nouveau dans le survival game. Chacun dévoilait déjà sa personnalité dans un jeu de la mort, et en 2021 comme en 1997, ce n’est pas l’ultraviolence des scènes gore qui devrait attirer le spectateur. D’autant plus que même un évidage de tronc ne provoque pas des litres de sang à l’écran dans cette version de 2021, la rendant presque aseptisée.

L’avantage d’avoir complètement oublié l’original, et n’étant pas un cinéphile, je me contenterai, comme 99,9 % des spectateurs de 2025, de regarder Cube avec l’œil des années 2020, et seulement celui-ci. Donc pas de déversement de haine de ma part pour un massacre de l’œuvre originale, la note moyenne sur ce site en est surement déjà la conséquence.

Pas de déversement non plus de haine pour un massacre des mathématiques. La (ou les) cellule(s) est/sont décorée(s) par l’éponge de Menger, et le design est donc tout à fait dans le thème, voire classieux. En se concentrant bien, on comprendra les allusions aux nombres premiers, aux coordonnées cartésiennes, au Rubik’s Cube et bien sûr aux nombres fractals, hyper à la mode dans les années 90. Entre vulgarisation et concepts quand même perchés, vous ne serez toutefois pas trop perdus. Surtout pour additionner 3 chiffres avec Masaki Suda. Car si Cube (2021) n’apporte rien au niveau du scénario, il permet tout de même de voir réunis cinq acteurs de haut rang dans la même pièce durant deux heures, même si c’est toujours la même. Alors qu’on serait prêts à payer une fortune pour les voir sur une même scène dans une pièce kafkaïenne ou d’Albert Camus, on a ici la chance de les voir jouer sans autre artifice qu’eux-mêmes, la comédie humaine. Certes, on comprend rapidement que ce film et leurs rôles sont purement alimentaires, ou peut-être un hommage, mais il faut bien nourrir les enfants et les plateformes de streaming. Leur cachet a dû être inversement proportionnel au budget décors, réutilisé à l’infini, mais ça valait le coup de les réunir.

Bien sûr, les révélations de leur passé sont complètement bidon, voire spoilées dès les dix premières minutes, tant la mise en scène à la japonaise sait trop bien le faire. Le rôle de Watanabe Anne est assez vite compris, tant elle est absente des événements. Les sous-entendus du jeune garçon face au grand-père, ou à son onii-chan de circonstance en la personne de Masaki Suda, et les flash-back sans aucune subtilité de ce dernier nous font assez vite comprendre les enjeux sociétaux de l’œuvre. Bien sûr, ils n’ont rien à voir avec les maths, mais en tant que professeur, et malgré tout le manque de finesse dont fait preuve l’œuvre, ils sont tout aussi importants, si ce n’est fondamentaux, dans le métier. Cette fractalisation de la vie d'un homme adulte, qui se répercute sur le futur adulte qu'est l'enfant, à l’infini, fait écho à l’infinité des concepts abordés. Si vous passez à côté en ne voyant qu’une énième « jeu de la mort » dans ce film, forcément l’œuvre vous paraîtra aussi creuse que le cube de Menger, qui, par son infinité de trous, ne pèse rien.
Ce paradoxe fait écho à un film bourré d’acteurs talentueux, mais tellement plein de trous qu’il en devient vide de talent. La boucle est bouclée.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
As the Gods Will
0 people found this review helpful
Jan 1, 2026
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

1, 2, 3 Kagome

Alors que je m’étais juré de ne plus chroniquer un battle royale après Samurai Standing, de peur de tous les trouver fades, me voilà pourtant à critiquer l’un des fondateurs du genre « jeux d’enfants/massacres sanglants ».
Si certains pensent encore à Squid Game, c’est peut-être parce qu’il aura fallu attendre presque dix ans pour pouvoir enfin profiter de As the Gods Will de Takashi Miike sur un écran européen. Bien sûr, les plus chanceux avaient pu le découvrir dès 2014 dans plusieurs festivals, notamment spécialisés dans le cinéma d’horreur. Mais le curseur de ce qui est « supportable » pour un public occidental s’étant largement déplacé avec Squid Game il y a déjà cinq ans, on peut enfin rendre hommage à ce précurseur d’un genre déjà galvaudé par les mangas en 2014, en le visionnant aujourd’hui sur Prime Video.

En réalité, les fans de manga connaissaient déjà bien la série achevée en 2017, connue en France sous le bien nommé "Jeux d'enfants". Et après Mirai Nikki, Doubt et bien sûr Battle Royale, ce n’est pas en 2014 que le fan allait être scotché par un énième jeu de massacre entre lycéens. Heureusement, dans le film en tout cas, Takashi Miike va droit à l’essentiel. Dès les premières images, les têtes explosent, le sang gicle, avec des effets spéciaux encore non pollués par l’IA. C’est cru, c’est violent, c'est dérangeant...

La seule justification de ce jeu de massacre, c’est que le héros, incarné par sa muse, Sôta Fukushi, s’ennuie dans sa vie de lycéen. Pas d’enfance misérable, pas de harcèlement scolaire qui pourrait évoquer une vengeance méritée envers ses camarades. Non : il s’ennuie. Et ce premier Daruma Game l’amuse presque tant il le sort de sa torpeur. Ce jeu de type « 1, 2, 3 soleil » frappe directement l’esprit du fan d'une certaine série coréenne, et évidemment les similitudes ne cesseront de parasiter, ou d’alimenter, le plaisir sadique que l’on peut trouver à suivre les mésaventures de ces lycéens, sans aucune justification morale.

Mais si, comme moi, vous avez été frustré il y a 5 ans par le succès de Squid Game au détriment des anciens et nombreux survival games japonais, As the Gods Will disponible partout est une revanche jouissive. Les jeux traditionnels sont bien là, sanguinaires et non dénués d’humour noir. Les effets visuels sont bluffants, notamment avec les poupées Kokeshi ou le Manekineko, et l’on se plaît à entendre des références populaires comme le kagome kagome ou le shiritori.

Mais tout n’est pas parfait. Si les costumes et les décors oscillent entre un collège tout droit sorti des années 80 et Le Monde de Narnia, donnant un côté kitsch clairement assumé, voire revendiqué comme un hommage, c’est surtout la vacuité du scénario qui pose problème. D’accord, le film se veut un brûlot dénonçant la violence gratuite de la société, notamment chez les jeunes, la santé mentale, tout ça… mais clairement, les scènes en dehors de l’arène scolaire sont d’un non-sens et d’une inutilité pathétique.

Le problème vient surtout du fait que, dix ans après, la suite, c’est-à-dire l’adaptation des autres tomes, n’est toujours pas en chantier. Ce premier opus reste donc orphelin des explications nécessaires à cette introduction et à la venue d'autres personnages.
Nul doute que si le film était sorti initialement à l’international via Netflix, dans la lignée de Squid Game, le succès aurait été au rendez-vous et une suite aurait sans doute répondu à toutes les questions laissées en suspens. Les personnages secondaires introduits resteront donc un mystère, même s’ils sont ultra clichés, renforçant encore l’hommage au cinéma de genre : l’hikikomori qui se découvre super-héros, l’attaque extraterrestre, ou encore le vieil homme sans-abri, déchu mais sans doute surpuissant.
Bien sûr, il faudra lire le manga pour aller plus loin… mais après la folie meurtrière de Takashi Miike, il risque de me paraitre bien pâle.
Tout comme un certain Squid Game.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Frontline
0 people found this review helpful
Dec 28, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Alors là , elle ne s'amuse plus du tout !

Replonger dans la période du coronavirus, ça vous dit ?
J’ai eu la même réaction que vous en lisant le pitch de Yokohama: Frontline. Mais une fois passée la remontée des mauvais souvenirs de l’époque (déjà cinq ans), je me suis demandé : qu’est-ce que je sais vraiment de l'histoire du Diamond Princess ?
Cette croisière destinée à une clientèle étrangère ultra riche, qui a viré au cauchemar, est un épisode que le Japon tente d’oublier, tant la gestion de la situation a été jugée inhumaine. Sans chercher à faire croire que la croisière s’est transformée en partie de plaisir, le film remet les choses en perspective et s’impose comme une pièce d’histoire qui ne cherche pas à la réécrire. Mais se taper deux heures anxiogènes vaut-il le prix de l’information ?

Deux avertissements posent clairement le cadre : le film se présente comme une docufiction dès le début du générique, et pour celui de fin, les producteurs s’excusent des libertés prises, notamment concernant le port du masque, afin de mettre en avant les acteurs et le drame humain. Les précautions sont évidentes, presque excessives, sans doute pour prévenir de nouvelles critiques et mets en lumière à quel point le sujet et délicat à aborder.
Car ce qui interroge le plus, et fait écho à d’autres catastrophes de l’histoire du pays, c’est bien l’opinion publique. On a du mal à s’en souvenir, surtout quand on entend parlé de l’hospitalité japonaise envers les étrangers, mais une véritable cabal s’est emparée de l’opinion lors de la mise à quai du bateau. Fallait-il débarquer les malades ? Les médecins pouvaient-ils rentrer chez eux ? Mais comme le dit un directeur d’hôpital acceptant de recevoir des patients : « Nous avons beaucoup à apprendre de vous ». Et nous avons donc beaucoup à apprendre de ce film.
Mais ce moment touchant reste une version Bisounours de l’histoire. En réalité, les refus des hôpitaux étaient légion, alors qu’aucun cas positif n’avait encore été détecté sur l’archipel. Et, portés par des médias en quête de sensationnalisme, ce sont les soignants eux-mêmes, ainsi que leurs familles, qui ont subi le rejet de la société tout entière. Le syndrome d’Hiroshima n’est jamais bien loin. Et au-delà des belles paroles de solidarité, qui se souvient encore des déplacés de Fukushima ?
Cela dit, tous ces faits sont relatés avec beaucoup de délicatesse et d'humilité. On suit le quotidien de la cellule de gestion des catastrophes, épaulée par un membre du ministère de la Santé résilient. Tout le monde apprend sur le tas, commet des erreurs, et la présence de Sakurai Yuki en reporter se découvrant peu à peu une conscience professionnelle, ainsi que Mori Nana, qui ne finit plus de me surprendre depuis Hirayasumi , donne un véritable intérêt au récit, au-delà du simple film catastrophe à visée informative.

On découvre certainement bien des choses sur la gestion du moment, notamment ce fameux transfert nocturne, à cinq heures de route du bateau. Mais l’essentiel du film réside dans la bienveillance qui s’en dégage. En cela, il se présente comme un hommage à tous ces soignants et à tous ceux qui étaient en première ligne en février 2020, alors que le monde oscillait entre indifférence et rejet.
Mais le monde a-t-il vraiment changé ?

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Last Samurai Standing
0 people found this review helpful
Dec 20, 2025
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.0
Rewatch Value 9.0

Demo-Slayer, mais pas que...

Une méfiance viscérale envers les productions Netflix m’a fait hésiter plusieurs semaines avant de visionner ce que beaucoup annonçaient comme un Squid Game féodal. Rien que cette étiquette suffisait à me repousser. Un énième battle royale, vingt-cinq ans après la sortie du premier film et prenant place de surcroît à une époque où trancher des têtes semblait aussi banal qu’un live TikTok, promettait surtout une avalanche de sang boostée aux effets IA, combinée à un scénario inexistant. La derniere saison d'Alice in Borderland à peine (mal) digéré, et d’autres séries certes esthétiquement irréprochables mais désespérément vides d’histoire, avaient encore refroidi mes ardeurs à l’idée de resigner un abonnement chez Big N. First Love ou le plus récent Glass Heart sont beaux, très beaux même, mais tellement creux. Or les émotions ont besoin de plus que du simple vernis visuel ou auditif pour être suciter.

C’est donc en prenant mon courage à deux mains que je me suis réinscrit sur la plateforme, prêt à rejoindre ces centaines de participants au grand jeu de l’ennui. Mais quelle erreur… ou plutôt, quelle surprise. Jamais je n’aurais imaginé être à ce point happé par la série. Moi qui pensais rester un simple spectateur, libre de quitter mon sofa à tout moment, je me suis retrouvé prisonnier du récit, incapable de décrocher avant la fin, ou la mort par ennui, ce qui, heureusement, n’est jamais arrivé.

Le premier épisode est d’un pathos assumé : à l’aube de l’ère Meiji, le Japon se modernise à marche forcée, laissant sur le bas-côté une population plus pauvre que jamais. Famine, choléra, chômage massif après l’éradication du métier de samouraï… N’en jetez plus, la misère est condensée en quelques minutes afin de justifier l'arrivée express au temple servant d’arène pour les premiers combats. Dans cette introduction, véritable tuto du desepoire humain, j’oubliais les dix premières minutes de boucherie et d’explosions, pré-introduction bien trop proche de celle de Golden Kamuy, pour apprécier toute la bestialité de la guerre.

Bref, tout le monde se tape dessus pour une poignée de yens. Les chorégraphies s’enchaînent comme dans un western spaghetti, ou plutôt dans les films de samouraïs qui les ont tant inspirés. Fist, Swords & Guns se mêlent dans un hommage appuyé au cinéma de kung-fu, à Kurosawa et à toute une cinématographie que l’on peut aussi bien adorer que détester. Mais c’est efficace, indéniablement. Imamura Keisuke, en charge de la photographie, n’en est pas à son premier coup d’éclat, et cela se voit immédiatement à l’écran. Visuellement comme auditivement, on assiste à ce qui se fait de mieux. Mais aussi artistiques soient-elles, des têtes tranchées et des gerbes de sang ne suffisent pas à faire une grande série.

Heureusement, celle-ci est adaptée d’un best-seller retraçant la transition entre le Japon féodal et le monde moderne. Une transition qui résonne fortement avec notre époque : disparition des agriculteurs, nouvelles guerres hybrides, IA omniprésente pour remplacer les emplois, appauvrissement généralisé de la population. Mais arretons d’accumuler les parallèles anxiogènes et concentrons-nous plutôt sur les acteurs, autre immense force de la série. Ils sont nombreux, tous remarquables, et méritent sans doute des salaires confortables aux frais des abonnés de la plateforme. Côté personnages « modernes », inutile de dresser une liste exhaustive, même si Iura Arata, Hamada Gaku et Tanaka Tetsushi impressionnent par leur justesse dans leurs costumes cintrés de fonctionaire, npuveau samouraï des temps modernes. Attardons-nous justement sur les vrais Ronins.

Évidemment, Okada Junichi, également producteur, s’octroie un rôle de choix, mais ses seconds couteaux sont loin d’être en reste. Abe Hiroshi et Ito Hideaki incarnent sans doute les plus belles pourritures jamais vues dans un anime... Oui, la faute est volontaire, tant le parallèle est frappant. Terrifiants, puissants, d’une brutalité fascinante, ces deux-là mériteraient presque un Oscar pour leurs apparitions pourtant sporadiques dans cette série. On sent le plaisir qu’ils prennent à incarner de tels rôles, et ce plaisir est contagieux.

Mais la véritable révélation de ce taiga moderne reste Kiyohara Kaya. Son nom peut surprendre si l’on connaît sa filmographie : beaucoup de romantisme, un peu de suspense, et surtout du sex-appeal. À seulement 24 ans, elle prend tout le monde à contre-pied avec un rôle de samouraï lanceuse de couteaux, s’investissant corps et âme dans les scènes d’action. Les mouvements sont naturels, sublimés par les kimonos, et chaque apparition est hypnotique. Sa présence, sa gestuelle, son jeu, jusqu’à ses répliques, font d’elle le véritable cœur du récit. Je me suis surpris à la contempler, comme ces gueux devant le théâtre au début du quatrième épisode.

Autre belle surprise : Sometani Shota, dans le rôle du bon samaritain mystérieux venu du Grand Nord. John Snow n'a qu'a bien ce tenir. Après de telles acrobaties, la prochaine saison de Golden Kamuy risque de paraître bien fade.

Mais tout n’est pas parfait au pays des cascades de sang. Le découpage reste très classique : les combats servent de prétexte à des flashbacks omniprésents révélant les liens entre les participants. Une mécanique bien connue depuis les shōnen des années 80 : Dragon Ball et Saint Seiya en tête. Malgré l’adaptation d’un roman qui se veut adulte, on se retrouve plongé dans un Demon Slayer permanent : némésis surpuissant, amitiés de circonstance constitutant un groupe hétérogène de caractères et compétences, éveil de celles-ci, quête d’un senpai et transmission avec le personnage de la jeune Fujisaki Yumia.

Difficile de savoir s’il s’agit de clins d’œil assumés au shōnen, ou si l’influence de l’esthétique anime est devenue si prégnante aujourd'hui que la production n’arrive plus à s’en détacher. Quoi qu’il en soit, on ne s’en plaindra pas. Les décors, les mouvements de caméra, parfois à la première personne, souvent en drone, surpassent ce que proposent même les meilleurs animes. Un vrai bonheur pour les amoureux des ères Edo et Meiji.

Malheureusement, malgré l’adaptation du roman de Shōgo Imamura, le manque d’ambition scénaristique finit par se faire sentir. Dès les premières minutes, on comprend l’objectif de ce jeu de massacre, si bien que la révélation du quatrième épisode tombe à plat. La seule question restante étant de savoir lequel des trois tire réellement les ficelles.

La décision de limiter la série à six épisodes de cinquante minutes, dont dix de générique, comme toujours chez Netflix et afin de tester la popularité avant une éventuelle suite donne, une fois encore, de l’urticaire. Elle nous pousse même à nous désabonner en attendant la suite. Suite qui, soyons honnêtes, sera probablement celle qui me fera ressortir la carte bancaire.

En attendant, Golden Kamuy fera très bien l’affaire.

Read More

Was this review helpful to you?